Teen Wolf RPG
Alpha, Beta ou Oméga, et vous que choisirez-vous ?


Forum fermé.
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Un architecte contrarié

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Un architecte contrarié   Sam 15 Nov - 14:55



Un architecte contrarié


Je m’étais levé tôt, cette fois-ci bien avant le remue-ménage causé par les voisins. Avant de rejoindre l’arrêt de bus, j’ajustai le col de mon pull car l’air du matin était froid. Le bus arriva à ma hauteur quelques minutes plus tard. Direction le campus de Beacon Hills. J’espérais que les formalités administratives prennent le moins de temps possible, histoire d’avoir le temps de m’installer avant les premiers cours de ce semestre. Le trajet dura plus d’une demi-heure. Récupérant les étudiants au passage, le véhicule arriva enfin face aux bâtiments de l’université.

J’aperçus l’entrée principale et entra dans le hall d’un bon pas. Il y faisait plus chaud. Et il y a avait du monde.  Mais beaucoup moins que si j’étais arrivé plus tard. Je cherchai des yeux l’endroit où procéder à mon inscription et remarqua la file d’attente qui s’allongeait derrière la pancarte sur laquelle on pouvait lire « Inscription ».

J’approchai pour ne pas perdre de temps. En passant près d’un pupitre, je saisis une feuille qui expliquait les différents cours proposés par cursus. J’avais déjà lu ces informations avant de confirmer Beacon Hills comme destination universitaire. J’étais venu ici pour essayer de trouver des réponses et des personnes qui pouvaient être comme moi, et j’avais été rassuré de voir que je pouvais poursuivre mes études sans faire des compromis sur la qualité des enseignements. En fait, pour le moment tout s’annonçait bien. Une fac plutôt pas mal dans une ville que j’avais « entendu » être qualifiée de refuge. Après ma rencontre avec Derek, j’étais sûr que Beacon Hills n’était pas un endroit commun.

La file d’attente diminua rapidement bien que certains restaient de longues minutes face au guichet. J’espérai qu’il n’y ait pas de problèmes pour retrouver mon dossier et faire l’inscription. Ces choses-là arrivaient très souvent à l’université.

Quand ça fut mon tour, la femme, pourtant chargée de travail, me salua avec un sourire. Je m’approchai du guichet.

- Bonjour, c’est pour une inscription.

- Vous vous êtes préenregistré sur notre site ?

- Oui.

- À quel nom, s’il vous plait ?

- Maxence Reagan.

- C’est une inscription pour quel cursus ?

- En droit.

- Et vous souhaitez une chambre sur le campus ?

- Oui, s’il vous plait.

La femme remplit les informations sur l’ordinateur et lança l’impression d’un document.

- Présentez cette fiche d’enregistrement au service des logements. C’est le bâtiment au fond à droite quand vous sortez du hall.

- Merci beaucoup, au revoir.

- Au revoir.

Je pliai la feuille pour la mettre dans ma poche et rejoignis le flot d’étudiants qui se dirigeait vers le bâtiment réservé à l’hébergement. Je retrouvai les mêmes personnes que dans le hall précédant. Les formalités prenaient un peu plus de temps, selon le logement souhaité, les modalités de paiement et ce genre de choses. Mais il y avait deux personnes, donc deux guichets, qui accueillaient les nouveaux arrivants ce qui pourrait accélérer le processus.

Un étudiant passa parmi les rangs de ceux qui attendaient pour nous donnait un flyer. Je lus qu’une soirée d’intégration était organisée le soir même. À chaque nouveau semestre c’était comme une tradition pour accueillir les nouveaux. Bon, je savais déjà ce que je faisais ce soir-là.

Lorsque l’étudiante devant moi s’avança vers la personne de droite, c’était également mon tour.

- Bonjour, je viens de m’inscrire, c’est pour prendre une chambre, s’il vous plait.

- Bien sûr, vous souhaitez une chambre pour un semestre.

- Non, pour finir l’année, s’il vous plait.

- Deux semestres, très bien. Vous réglez la totalité maintenant ou vous souhaitez payer tous les mois ?

- Je préfère régler mois par mois.

- Très bien. Pas de restriction sur la collocation ?

- Non, ça sera très bien.

- D’accord, alors… ça sera le bâtiment F, chambre 305.

Je saisis la feuille que la femme me tendait et la remercia.

Mon sac sur l’épaule, je ressortis pour trouver le bâtiment en question. C’était l’un des derniers sur l’avenue qui regroupait les différents logements. En y entrant, je cherchai la cage d’escalier car je supposais que la chambre se situait au 3e étage. Des étudiants traversaient dans un sens ou dans l’autre pour se rendre en cours ou pour rejoindre leur chambre. Certains sentaient l’alcool consommé la veille sans modération. C’était un campus tout ce qu’il y a de plus normal.

Arrivé devant la bonne chambre, je toquai à la porte, histoire de ne pas surprendre mon colocataire. S’il était présent. J’attendis ce qui me sembla être une longue minute mais personne n’ouvrit. J’utilisai donc la clé pour entrer. La chambre était effectivement vide. Je mis mon sac sur le bureau de gauche, l’autre étant du côté de mon colocataire. M’allongeant sur le lit, je le trouvai confortable.

Puis on toqua à la porte.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Dim 16 Nov - 15:22




Un architecte contrarié


Je reprenais peu à peu pied dans la vie. J’étais inquiet pour Derek. En venant me sortir de ma prison, il avait écopé d’un mauvais coup de poignard. La lame devait être empoisonnée, car il avait du mal à s’en remettre. Après quelques temps passés chez Ruby, j’avais réintégré mon appartement. Toutefois j’étais en proie à mille questions. Si l’autre conard de Rob avait « joué » avec moi pour atteindre Miya, Alfred en avait vraiment contre moi. Je lui avais servie de cobaye et certains résultats de ses analyses semblaient l’avoir surpris. Évidemment, il n’avait pas pipé mot sur ce qui l’interpelait.

Je garais la Toyota sur le parking du campus. Mon père ne m’avait pas rappelé au sujet de cet achat de voiture que je souhaitai faire. C’était idiot, après mon enlèvement, je devrais plutôt faire profil bas, au lieu de vouloir briller au volant d’une sportive. Cependant ma discussion avec Miya avant mon enlèvement avait remué des choses et pas forcément les meilleures. Il m’avait reproché mon égoïsme et un certain égo… Le problème était que je ne m’étais pas rendu compte de ce côté de ma personnalité certainement dû à mon changement à Boston. Me faire reprocher quelque chose dont je n’avais pas conscience m’avait vexé. Ma réaction avait été certes puérile, mais tant qu’à me reprocher quelque chose autant que je faute de manière consciente. Le soir même j’avais appelé mon père, lui demandant s’il pouvait me financer une nouvelle voiture. La portière de la Toyota claqua dans un bruit de tôle disgracieux. Cela ne m’avait jamais gêné, mais maintenant, si !

Je me dirigeais vers le secrétariat, à croire que tous les parrainages de nouveau m’échaient. Avec ça, je risquais de ne pas pouvoir échapper à la soirée d’intégration de ce soir. La secrétaire me dit que l’étudiant que je devais prendre sous mon aile était partie du côté des résidences universitaires pour prendre une chambre. Je soupirai en voyant la file devant moi. Je pris donc mon mal en patience, je n’avais pas envie de me prendre des remarques en doublant tout le monde. Après plusieurs minutes, je pus obtenir le renseignement voulu. Le bâtiment et la chambre de Maxence Reagan. En repartant vers les résidences étudiantes, je pensais que ce gars avait dû en baver avec un nom pareil.

Je me faufilais dans les escaliers, saluant ceux que je connaissais. Arrivé devant la porte 305, je pris un moment. J’avais une mine épouvantable, non pas que j‘étais malade. J’avais entièrement récupéré du charcutage d’Alfred.  Mais certaines blessures, celles qui ne laissent aucune cicatrice sont longues à guérir. Je me composais un visage affable. Mon éducation bourgeoise m’avait appris  à afficher un masque serein en toutes circonstances. Je le devais à mon père. A part venir fouiller dans mon esprit, personne ne pouvait se douter de mon désarroi, de ma crainte de ce qui pouvait se trouver dans mon dos.

Je frappais à la porte. Il ne fallut que quelques secondes pour qu’elle s’ouvre sur une tête plutôt bien faite. L’espace d’un moment furtif, l’image de Mick s’imposa devant mes yeux. Retrouverons-nous cette complicité et cette intimité que nous avions eues ? Comme j’aperçus deux lits, Le type pouvait ne pas être celui que je cherchais.

- Salut ! Chad Wilder, je cherche Maxence, dis-je avec un sourire.






© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Mar 18 Nov - 17:59



Un architecte contrarié

La personne qui toqua me sortit de ma torpeur. Allongé sur le lit, j’avais l’esprit plus alerte aux choses qui m’entouraient. La présence c’était imposée comme si le barrage mental de l’inconnu derrière la porte ne suffisait pas à contenir toutes ses pensées chaotiques. Je me levai tant pour aller ouvrir que pour chasser les images intimes qui ne m’appartenaient pas.
En ouvrant la porte, je fus troublé de ne pas voir le visage que j’avais aperçu en pensées. Je me demandai s’il pouvait s’agir de mon colocataire puis rapidement je me dis qu’il n’aurait pas toqué à la porte de sa propre chambre.

- Salut ! Chad Wilder, je cherche Maxence.

Le gars était souriant et paraissait agréable, je l’accueillis dans la pièce d’un geste de la main.

- C’est moi Maxence, mais tu peux m’appeler Max. Tu voulais quelque chose ?

Il se présenta comme étant mon parrain, facilitant mon intégration sur le campus. Je repensai au flyer sur la soirée étudiante qui aurait lieu ce soir. Je savais ne pas avoir de difficulté à faire de nouvelles rencontres si l’ambiance s’y prêtait.

Je mentionnai Derek tout en sortant les affaires de mon sac. Chad sembla acquiescer comme si le loup-garou – c’était encore étrange pour moi de repenser à ça – avait mis son ami au courant. D’ailleurs Chad aussi était-il différent ? Je commençai à penser que j’allais croiser des personnes étranges à chaque coin de rue et j’espérai que ce qui c’était passé avec Derek n’allait pas se reproduire. Ni rien de pire. Dans une université comme celle-ci, les probabilités étaient relativement élevées. Si un télépathe était dans les environs, nous allions rapidement tomber l’un sur l’autre. Il y a comme une attraction entre les parapsychiques. Rencontrer quelqu’un comme moi m’était arrivé une unique fois…

- Je n’ai pas cours avant cet après-midi, il y a des choses que je dois faire ou voir d’après toi ? Le campus a l’air pas mal.

Il me proposa d’aller faire un tour dans les différents bâtiments et me demanda si je n’avais pas eu de problèmes avec mon inscription.

- Non, je suis arrivé tôt c’est allé assez vite. Et j’ai trouvé la chambre dans la foulée. Tu vis ici toi ?

J’ouvris la porte en continuant de discuter puis nous nous sommes fondus dans la foule. Au bout du couloir, une fille un peu greluche bouscula Chad qui renversa son sac. La maladroite gloussa des excuses et s’éloigna avec ses amis sans daigner apporter son aide.

Chad tentait de garder son calme mais je le vis s’impatienter. J’avais senti sa confusion avant de croiser son regard. Je compris que cette fille était la goutte d’eau qui manquait de faire déborder le vase.

Je l’aidai à remettre de l’ordre dans ses affaires quand une question me vint.

- Des plans, des formulaires d’autorisation, des bouquins sur le droit…t’as des ennuis avec un permis de construire ou je me trompe ?

Derek m’en avait touché deux mots, c’était vrai je ne devinais rien. Et Chad semblait vraiment embarrassé. Si je pouvais l'aider, pourquoi pas.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Mer 19 Nov - 22:44










Un architecte contrarié


Je me ressaisi lorsque le gars, qui m’avait ouvert, se présenta comme celui que je cherchais. D’un geste il m’invita à entrer.  Je trouvais étonnant qu’il me fasse entrer sans même savoir qui j’étais. Ce gars était bien confiant, à moins qu’il se doute du but de ma visite, bien qu’il ne soit pas écrit « parrain » sur mon front.

- C’est moi Maxence, mais tu peux m’appeler Max. Tu voulais quelque chose ? Me dit-il.

- J’ai été désigné pour être ton parrain afin de t’aider à t’intégrer sur le campus. Ce n’est pas une obligation, mais je suis disponible pour cela.

L’idée sembla plutôt l’intéresser. Je vis un des flyer que Carla du bureau des étudiants distribuait à tous les arrivants. Le papier n’avait pas atterri à la poubelle, il devait donc être tenté. Puis soudainement Max mentionna Derek.  Je ne laissai rien paraitre, cherchant où Derek pouvait l’avoir rencontré. Puis je me souvins de ce que Derek m’avait raconté. Ce Noa qu’il avait trouvé en train de fouiner autour du manoir, la fléchette qui m’avait endormi, puis l’idée de clôturer la propriété. Mon cœur se glaça, car les souvenirs des paroles de Derek me firent l’effet d’une douche froide. Le gars qui l’avait aidé et pour faire les métrés qui semblaient poser un problème de voisinage et pour le secourir quand il s’était pris une balle près du cœur. Ce gars était doué de télépathie ! Et en ce moment, s’il y avait bien une chose que je ne voulais pas, c’était regarder ce que j’avais en tête. Si j’arrivais de nouveau à regarder les autres en face, j’étais toujours en proie de sentiments contradictoires. Je n’avais pas encore retrouvé une sérénité intérieure, celle que j’avais eue en revenant de Boston.

- Je n’ai pas cours avant cet après-midi, il y a des choses que je dois faire ou voir d’après toi ? Le campus a l’air pas mal.

Je redescendis sur terre. Il ne semblait pas avoir fouillé mes pensées, ou alors il le cachait bien. Comment savoir à quoi s’en tenir avec un gars avec de tels pouvoirs ?

- On peut faire le tour du campus et des bâtiments qui te seront utiles comme la bibliothèque, le centre sportif etc. Des difficultés pour tes inscriptions ?

Cette discussion informelle, effaçait peu à peu mon malaise initial.

- Non, je suis arrivé tôt c’est allé assez vite. Et j’ai trouvé la chambre dans la foulée. Tu vis ici toi ?

- J’ai un appart non loin. J’apprécie un certain confort, dis-je en désignant le deuxième lit.

On sortit donc de sa chambre pour commencer la tournée évoquée. Alors que j’expliquais à Max les habitudes du coin, je me sentis bousculé. Pas le temps de retenir pleinement mon sac, que mes documents s’éparpillèrent au sol. Déjà que je n’étais pas serein, le gloussement de la fille qui venait de me cogner me fit enrager. Il me fallut un immense effort pour ne pas lui sauter à la gorge. Max m’aida gentiment à rassembler mes feuilles. Ce foutu dossier me sortait par le nez, car si j’étais bon dessinateur, les tracasseries administratives liées à une construction m’horripilaient. Tout était fait pour compliquer les choses.

- Des plans, des formulaires d’autorisation, des bouquins sur le droit…t’as des ennuis avec un permis de construire ou je me trompe ?

- C’est le manoir de Derek. Je suis maudit, j’ai l’impression qu’ils changent les règles chaque fois que je vais poser un dossier. En effet, je galère avec ça. Je te construis toutes les maisons que tu veux, mais ça…

En me redressant, je regardais Max dans les yeux. Il me paraissait sincère. Son rythme cardiaque était stable. Et puisqu’il connaissait Derek dans toutes ses formes…

- Je suis comme Derek, nous faisons partie de la même meute.

Autant être honnête et clair. De cette manière, je lui indiquais que j’étais au courant pour son don. Je préférai qu’il sache, histoire qu’il ne tente pas trop de lorgner dans mes cauchemars.


© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Ven 21 Nov - 17:38



Un architecte contrarié


Le travail de Chad semblait précieux et son énervement à la hauteur du désagrément causé par une idiote maladroite. Il tria rapidement les documents pour ne pas les ranger à la va-vite dans son sac.

- C’est le manoir de Derek. Je suis maudit, j’ai l’impression qu’ils changent les règles chaque fois que je vais poser un dossier. En effet, je galère avec ça. Je te construis toutes les maisons que tu veux, mais ça…

Je souris intérieurement. Quand on savait y faire, c’était relativement simple de mettre des bâtons dans les roues pour ralentir un projet. S’appuyer sur des prérogatives du droit freinait en général bon nombre d’entrepreneurs. Mais Chad semblait buter sur plusieurs choses. La législation était bien compliquée à assimiler parfois, même pour moi qui avais choisi cette voie. Il faudrait que nous en discutions plus en détail. Ça devait pouvoir s’arranger et la construction pouvait être relancée rapidement.

Nous nous redressâmes tous les deux après avoir récupéré les dernières feuilles qui jonchaient le sol quelques secondes plus tôt. Chad me fixa intensément comme s’il voulait lire en moi.

- Je suis comme Derek, nous faisons partie de la même meute.

- Tu…

Je ravalai ma question. Faire partie de la même meute voulait dire qu’il était lui aussi un loup-garou. Où est-ce que j’étais tombé ? Je n’étais pas particulièrement inquiet puisque Derek c’était montré très sympathique et étant donné la situation il aurait pu être agressif. Chad, aussi, avait l’air d’un type bien. J’acceptai l’information sans rien dire de plus.

Nous sortîmes à l’extérieur du bâtiment et remontâmes l’avenue vers les installations du campus. Chad me pointa du doigt le centre sportif, son grand terrain et le gymnase. Cette université était vraiment pas mal. J’irais jeter un œil plus tard ; il y avait peut-être une équipe de handball à la recherche d’un joueur. La bibliothèque sembla aussi accueillante. C’était sûrement le lieu dans lequel les étudiants sérieux passaient le plus de temps, en dehors des salles de cours et des amphis. Pour ma part, lorsque j’étais concentré sur des recherches, je baissais la garde sur le contrôle que j’exerçais en permanence sur mon pouvoir télépathique. Être à proximité de plusieurs étudiants dont les pensées étaient toutes différentes, eux aussi en plein travail, rendait ma présence moins agréable. Toutefois, comme pour trouver un sommeil apaisé, le cuivre était une solution très utile. Mon casque audio sur les oreilles ne diffusait en général pas de musique, mais, puisqu’il était amélioré pour mon confort, je le portais lorsque j’avais besoin de travailler à la bibliothèque. Les contraintes du genre pouvaient paraitre pesantes à vivre au quotidien. J’avais dû m’y habituer.

Alors que nous nous étions dans le bâtiment qui abritait la cafétéria, une porte claqua et Chad se raidit. Il avait les yeux grands ouverts comme un animal affolé. Je le vis trembler.

À cet instant, je ne pus freiner ce pouvoir intrusif qui était le mien. Chad était bien trop sensible sur le moment, face à un télépathe, pour que son intimité ne soit pas clairement lisible.

Dans son esprit c’était un maelstrom de pensées toutes aussi confuses les unes que les autres. Et tapis derrière tout ça, il semblait avoir peur. Comme un grondement sourd qui réussit à m’effrayer moi-même.

Je secouai la tête pour rompre le contact désagréable. Il me dévisageait, son regard inquiet me força à murmurer des excuses. Si Derek et lui étaient amis, c’était sûr qu’il était lui aussi au courant pour mes capacités.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Sam 22 Nov - 16:53




Un architecte contrarié

- Je suis comme Derek, nous faisons partie de la même meute.

- Tu…

Son cœur m’indiqua que l’information le perturbait ou du moins l’interpelait. Toutefois, il se contenta de hocher la tête, me disant de manière sobre qu’il actait ce fait. J’étais encore chez Ruby quand Derek m’avait parlé de Maxence. Mon frère de meute était passé régulièrement me voir. Avec tact, il avait évité les sujets qui m’embarrassaient et venait simplement m’offrir sa présence amicale. Je ne sais plus comment nous en étions arrivés au télépathe. Derek m’avait expliqué qu’il avait dû faire confiance à Maxence sur les bases d’une simple intuition. J’aimais bien mes discussions avec Derek, on échangeait nos points de vue, et je devais reconnaitre que pour mon couple à trois, il avait vu juste.

Une fois dehors, je montrai à Maxence les principaux bâtiments et leur disposition. Lorsqu’on passa devant la bibliothèque, je lui expliquai que le système de réservation informatique des documents datait du déluge et que cela serait plus simple que je lui montre la première fois. Je me souvenais comme on avait galéré avec Nathan à qui j’avais fini par passer mes propres passes pour qu’il puisse commencer. On se dirigea vers la cafétéria, c’était bientôt midi.  

- Je te propose que l’on se restaure maintenant, on va éviter l’affluence qu’il va y avoir dans dix minutes avec la fin des derniers cours du matin.

A peine j’avais fini de parler qu’un grand « Bam » me fit sursauter. Je me retournai brusquement à l’affut. Ce n’étais qu’une porte dont le groume était cassé et qui venait de claquer. Mon cœur avait accéléré sous l’impulsion d’une terreur sans fond. Depuis que j’avais quitté la maison de Ruby et tenté de reprendre une vie normale, je n’arrivais pas à être serein. Je guettais constamment ce qui se passait autour de moi. Je serai resté collé aux fesses de Mick si cela était possible.

En me retournant vers Maxence, je vis son air troublé. Je compris que mes pensées avaient dû fuser dans son esprit ou qu’il avait mes pensées depuis le début. L’idée d’être à proximité d’un télépathe commençait à m’effrayer. Maxence dû comprendre mon angoisse et s’excusa.

On s’installa à une table dans un con tranquille de la cafétéria pour pouvoir discuter sans devoir hurler. Même si ses capacités de lire en moi comme dans un livre, je comprenais pourquoi Derek lui avait fait instinctivement confiance. Aucune méchanceté ne se dégageait de lui. De fil en aiguille, on en vint à parler de la soirée d’intégration qui avait lieu le soir même.

- Tu viens ? Me demanda Maxence.

- Euh…

Je me trouvais pris de court, j’étais plutôt en mode ermite en ce moment. Je n’avais pas la tête à m’amuser. Maxence attendait patiemment ma réponse. J’étais son parrain, il était nouveau et ne connaissait personne. Je ne pouvais pas le lâcher ainsi. J’essayai de me rassurer en me disant qu’avec le monde, je ne risquais rien. Et je pouvais toujours envoyer un message à Mick, peut-être voudrait-il bien venir aussi.

- Ok, on se retrouve donc ce soir. Dis-je en lui donnant mon numéro de portable pour le côté pratique.

Nous nous levâmes pour aller rejoindre nos cours respectifs. Je n’avais pas abordé le sujet, mais peut-être qu’il pouvait m’aider sur les dossiers de Derek.




© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Lun 24 Nov - 11:28


Un architecte contrarié

Chad était vraiment un gars sympa. Hormis cette tension que je sentais en lui, le déjeuner à la cafétéria fut agréable. Il sembla hésiter lorsque je lui demandai s’il serait présent à la soirée d’intégration puis accepta en me donnant son numéro de téléphone. Nous nous séparâmes rapidement parce que je ne voulais pas être en retard à mon premier cours.

« Procès et institutions juridictionnelles ». Une thématique qui aurait effrayé les novices mais j’étais sûr de prendre la bonne voie, celle de la justice et du droit, alors ce cours était très tentant. Les trois heures passèrent à grande vitesse tant le professeur avait su me captiver. J’étais néanmoins éreinté par le flot d’informations qu’il avait débité, quelques fois interrompu par des questions qui avaient enrichi la discussion. Le cours suivant fut beaucoup plus léger. Histoire du droit et divers rappels afin de confirmer les acquis des semestres précédant. Je n’avais pas de retard car l’université de Chicago avait déroulé le programme de la même manière qu’ils l’avaient fait à Beacon Hills. De quoi me remettre dans le bain rapidement. Le professeur nous laissa quitter l’amphithéâtre après avoir annoncé la date des prochains examens.

Il restait plusieurs heures avant que la soirée ne commence – lorsque la journée serait bien avancé et que tous les étudiants étaient disponibles, après leurs cours ou les diverses activités qui gravitaient sur le campus. Je décidai de prendre du temps pour aller me renseigner au sujet d’une équipe de handball. D’extérieur, lorsque Chad me l’avait montré, le complexe sportif avait l’air bien mais nous n’y étions pas entrés. Je déposai mes affaires de cours dans ma chambre, sans y croiser mon colocataire, et enfilai une tenue plus sportive. Au fond de mon sac, le tee-shirt des Red Storm me fit sourire.

Plusieurs étudiants se dirigeaient vers le gymnase, certains avec un ballon de basket d’autres avec leur équipement de lacrosse. J’entrai dans le bâtiment qui menait au complexe sportif et regardai autour de moi s’il y avait une quelconque liste des disciplines pratiquées sur le campus. Il y avait bien une équipe de handball et tout juste assez de membres pour que les entrainements soient efficaces. Je cherchais des yeux l’endroit où pouvait se réunir les joueurs et remarqua le petit groupe qui commençait à effectuer des tirs en appuis. Je m’approchai de l’un des joueurs qui s’échauffait.

- Salut, je m’appelle Maxence je faisais du hand à Chicago. Vous recrutez encore ?

Il me tendit la main pour me rendre la politesse. Un autre joueur approcha, sans doute le capitaine qui m’avait entendu évoquer un recrutement.

- Salut, moi c’est Dylan.

- Et moi Tyler, le capitaine. Si tu veux jouer ça m’intéresse. Tu en as déjà fait ?

- Oui, à Chicago. J’étais dans les Red.

Le gars remua la tête à l’évocation de la meilleure équipe universitaire de l’Illinois.

- Si tu veux te joindre à nous, même pour quelques entrainements, tu es le bienvenu.

Puis il se tourna vers les autres membres en m’offrant une accolade pour me pousser à leur rencontre.

- Les gars, y’a un nouveau. Il va vous mettre une raclée.

Nous improvisâmes un match. J’étais demi-centre dans l’une des deux équipes. C’était mon ancien poste et celui dans lequel j’étais le plus doué. Les autres joueurs étaient également très bons, plusieurs étaient vifs et le pivot adverse suffisamment trapus pour donner à son équipe une défense efficace. À la fin de cette confrontation amicale, j’étais encore plus rincé qu’après les cours mais faire du sport m’avait mis de très bonne humeur. N’ayant pas pris de quoi de doucher ni me changer, je saluai l’équipe avant l’entrée aux vestiaires et sortis pour rejoindre ma chambre.

En remontant l’allée des résidences universitaires, je me demandai où se situait la laverie. Je la trouvai dans le bâtiment central, à mi-chemin des différents blocs. Je n’avais rien à y laver pour le moment mais je devais m’organiser pour les jours prochains.

Dans ma chambre, je relisais les cours que j’avais prises en cours puis je redescendis commander quelque chose à manger au snack qui était devant le campus. Je n’avais toujours pas croisé mon colocataire. C’était bizarre. Ses affaires de son côté de la chambre ne semblaient pas bouger. Il devait sans doute être peu assidu et sécher les cours autant que possible. Du moment qu’il ne me gênait pas, il pouvait faire ce qu’il voulait.

À l’heure annoncée sur le flyer de la soirée, je me dirigeai vers la salle commune accommodée pour l’occasion. Il y avait déjà beaucoup de monde, quasiment tous avec un verre à la main. Pour ne pas paraitre à l’écart, je me m’approchai du buffet pour me servir un cocktail. Alcoolisé, évidemment. C’était presque une règle dans ce genre d’évènement.

J’attendis quelques minutes puis je reconnus le gars qui approchait après m’avoir fait un signe de la main.

- Ah, Chad, salut. Tu as passé une bonne journée ?

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Lun 24 Nov - 20:55




Un architecte contrarié

Après le repas, j’enquillai avec deux heures de mathématiques. J’aurais préféré avoir cette matière le matin plutôt que l’après midi pile au moment de la digestion. Je restai néanmoins concentré sur les démonstrations que nous faisait le professeur. Il était loin d’être pédagogue, mais une fois que l’on avait compris sa manière de fonctionner, ses cours étaient relativement clairs. Après suivaient trois heures de CAO, ma matière préférée de toutes.

C’est donc avec un bonheur non dissimulé que je m’installais devant la console graphique. J’appelais mon projet qui était hébergé sur le serveur de l’université. Un flot de plans se superposa sur mon écran. D’un clic, je passai en vue 3D. Ce n’était que des lignes et des perspectives, mais mon œil exercé visualisait parfaitement la construction dessinée. Je bossais sur ce projet depuis janvier. Je l’avais commencé, peu de temps après avoir rencontré Mick. Je m’étais inspiré de son immeuble si particulier qui faisait penser à un grand paquebot. Comme j’étais fan de constructions légères et aériennes j’avais gardé l’idée du bateau mais pour une maison individuelle. Et en place d’un paquebot mastoc, j’essayai de créer une construction qui pourrait faire penser à un voilier. Je verrais bien un tel bâtiment sur les collines de San Francisco. La terrasse qui s’avancerait tel un ponton, invitant les habitants à un voyage. Ces trois heures passèrent comme dans un rêve. Construire était une activité qui me sortait totalement de la réalité, je ressortais toujours apaisé et serein. C’est avec regret que j’entendis notre professeur nous demander de sauvegarder et de bien vouloir éteindre les unités centrales.

Le soleil commençait à décliner à l’horizon. Je repensai à ma rencontre avec Maxence, ma promesse d’être là ce soir. Ces trois heures d’immersion dans mon imaginaire personnel m’avaient fait le plus grand bien. Comme toujours, une palette graphique avait sur moi un effet canalisateur et relaxant. Avant de sortir, j’envoyais un message à Mick lui disant qu’il y avait une soirée au campus et que j’y allais pour ne pas laisser mon nouveau filleul tout seul dès son premier jour. Depuis mon retour du Mexique, Mick était présent mais il restait réservé. J’avais trahi sa confiance en le quittant sans discussion possible. Il faut des mois pour bâtir une confiance réciproque, j’avais tout brisé en deux secondes. Je soupirai et sortis du campus. Je m’arrêtai au chinois du coin, je n’avais pas refait les courses. Mick avait eu la gentillesse de me vider le frigo de sa nourriture périmée quand il était allé me chercher des vêtements quand je squattais chez Ruby.

Je levais les yeux sur le premier quartier de lune qui commençait à luire, laisser le temps au temps… Au fur et à mesure que je roulais en direction de mon appartement, ma sérénité s’effrita. La solitude me pesait. Comme le dit Derek, un loup n’est pas fait pour vivre seul. Avant Mick et Miya cela ne m’avait jamais affecté, maintenant… C’était comme si j’avais un grand vide dans le cœur. Ce néant me faisait peur.

Mes nouilles englouties devant la télévision, je passai sous la douche. J’essayai de mettre ma mélancolie de côté, surtout que Maxence semblait être sensible à mes humeurs massacrantes. Je sortis de la salle de bain qui s’était transformée en sauna, une serviette autour des reins, une autre en train de me frictionner les cheveux, je regardai rapidement mon téléphone… Nouveau soupir. Pas de réponse. Je choisis une tenue adaptée en évitant une chemise qui craigne les taches. Les soirées étudiantes sont souvent remuantes. J’optai donc pour une chemise bleue nuit sur un jean en denim beige. Je pris ma veste et les clés de la Toyota. Mon père non plus, ne m’avait pas recontacté pour la voiture.

En me garant sur le parking du campus je dus éviter deux étudiants qui semblaient avoir commencé très tôt la soirée. Ils étaient carrément ivres. Je saluai quelques connaissances puis entrai dans la salle où se passait la fête. Je mis un moment à m’adapter au niveau sonore de la musique. Je cherchai Maxence des yeux, où pouvait-il bien être ? On ne s’était pas vraiment donné de point de rendez-vous. Avec cette foule ça allait être difficile de le repérer. Je tentais vainement de trouver sa trace à l’odorat, mais il y avait bien trop de monde et les jeunes femmes avaient forcé sur la dose de parfum. « Où va-t-on quand on ne connait personne ? » Le bar ! Bingo, j’aperçus Maxence de loin. Il avait un verre à la main, mais semblait seul. Je lui fis un signe de la main en m’approchant. A son sourire je devinai qu’il était content de voir une tête connue. C’est toujours un peu fastidieux d’être nouveau.

- Ah, Chad, salut. Tu as passé une bonne journée ?

- Nickel, deux heures de math puis trois heures de pur bonheur ! CAO, ajoutai-je devant son air intrigué. Tu as pu lier quelques connaissances ? Je peux te présenter quelques amis. Par contre si tu aimes les noceurs, ce n’est pas trop mon groupe.

Les lumières s’assombrirent, la fête commençait vraiment. La musique, de la pop pour une fois, n’était pas mauvaise. Je lorgnais sur le bar, l’alcool ne me faisant aucun effet, je viendrai me servir lorsque j’aurais soif. Comme il devenait impossible de discuter sans hurler, je proposai à Maxence d’aller nous trémousser avec les autres au rythme de la musique. On se trouva un espace pas trop bondé sur la piste. Au milieu de cette foule, il ne pouvait rien m’arriver. J’essayai de me rassurer, lorsque les circonstances de mon premier enlèvement me revinrent à l’esprit… c’était lors du bal d’hiver et j’étais comme ce soir au milieu d’une foule… Mon rythme cardiaque s’accéléra au rythme de ma peur qui montait par vague. Je serrai les dents essayant de me raisonner. Comment peut-on se sentir seul au milieu d’une foule ? Derek m'avait parlé des crises de panique de Stiles. Était-ce cela? Ou autre chose ? A quoi se rattacher quand mon ancre...

© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Mar 25 Nov - 20:18


Un architecte contrarié

Chad était de meilleure forme et humeur que lorsque nous nous étions quittés. Sa réponse était enjouée, témoignant qu’il adorait ce qu’il faisait. C’était agréable de le sentir mieux. Et ses pensées sombres ne venaient plus m’envahir. J’avais découvert au fil du temps que certaines personnes m’étaient plus accessibles. En plus de ça, de manière générale, les esprits faibles ou tourmentés me donnaient accès facilement à leur intimité mentale.

Lorsque la lumière faiblit et que la musique augmenta d’intensité, Chad me proposa d’aller danser parmi la foule. Je bus mon verre d’une gorgée, le posa sur la table du buffet et le suivis, il remuait déjà les épaules. Nous nous amusions bien, j’appréciais le style musical ; souvent les dernières musiques à la mode dans les soirées étudiantes. Chad cessa petit à petit de danser, son regard focalisé sur le sol.

- Fatigué ?

Il ne répondit pas. Puis son visage se peignit de tristesse. Ses épaules s’affaissèrent comme si ses ennuis venaient de subitement peser à nouveau sur lui.

- Chad, ça va ? Tu veux qu’on sorte ?

Il hocha la tête vaguement. Je posais ma main doucement sur son épaule et le poussais vers la sortie. Nous traversâmes un nuage du fumée de cigarettes – certains se regroupaient près des portes – et nous nous éloignâmes. Le froid du début de la nuit faisait des nuages de buée lorsque nous expirions.

Chad sembla se calmer quand j’entendis dans mon dos deux mecs visiblement très alcoolisés. Ils eurent dû mal à articuler leurs insultes gratuites, laissant tomber sur les  graviers leur bouteille vide.

- Qu’est-ce que vous foutez là ?

Ils n’avaient vraiment pas la tête ni l’âge d’être des étudiants. Surement des accros à la défonce, cherchant de quoi oublier jusqu’à leur prénom en farfouillant dans les soirées du campus. L’attroupement de jeunes était parfois propice au deal de drogue. Ces deux-là n’avaient pas dû trouver ce qu’ils cherchaient parce qu’ils se montraient hargneux.

- Viens, Chad. On s’éloigne.

Il acquiesça. C’était un loup-garou et je n’avais pas du tout envie de le voir devenir agressif, ça devait être autre chose que ces deux loubards. Notre éloignement a dû leur déplaire car ils nous suivirent en haussant le ton. Comme avec Derek devant le centre commercial, ça aurait été facile pour moi de les forcer à partir. L’alcool leur libérait l’esprit, le rendant accessible. Mais en songeant à cette éventualité, je sentis cette tension intérieure qui m’alerta. Si je libérais mon pouvoir, je prenais le risque de perdre le contrôle.

Sous les vociférations des deux boulets, je demandai à Chad s’il se sentait d’attaque pour retourner à la soirée. Ce sont deux pupilles dorés qui me fixèrent. Un « non » rauque s’échappa de sa gorge. De même que deux crocs brillants dans la pénombre.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Mar 25 Nov - 22:31






Un architecte contrarié

L’obscurité prit de l’ampleur, j’avais la sensation d’étouffer. Mes oreilles bourdonnaient comme si j’étais pris par un rhume carabiné. Seulement je n’étais plus jamais tombé malade depuis ma morsure.

- Fatigué ?

Qui s’adressait à moi ? De l’air, il me fallait de l’air ou pas ? Qu’avait dit Derek ? J’avais du mal à rassembler mes pensées. Cela avait un rapport avec Lydia, que…

- Chad, ça va ? Tu veux qu’on sorte ?

Maxence ! J’avais l’impression de me réveiller. J’acquiesçai sans vraiment le vouloir. Je me sentais lourd. Une main me poussa doucement l’épaule, je suivis tel un automate. Qu’avait fait Lydia pour stopper la crise de Stiles ? J’avais des flashs dans les yeux et cela n’avait rien à voir avec les lumières stroboscopiques. Ne plus respirer ! Mais comment arrêter de respirer alors qu’on manque déjà d’air ? La fraicheur du soir me calma, mon cœur reprit un rythme plus normal. Maxence ne m’avait pas lâché l’épaule, je me focalisai sur ce contact pour reprendre pied.

- Qu’est-ce que vous foutez là ?

Le ton était agressif, je sentais la volonté de conflit, l’envie d’en découdre. L’animal que j'étais réagi instinctivement à l’agression. Si l’air du dehors m’avait fait du bien, j’avais toujours le sentiment d’être traqué. Je regardai le sol, pas besoin de tourner mon regard dans leur direction pour savoir combien ils étaient et à quelle distance ils se trouvaient.

- Viens, Chad. On s’éloigne.

La voix de Maxence me calma un peu. J’étais son parrain et voilà qu’il devait me gérer. J’en étais fortement honteux. Cela aurait pu bien se terminer, j’avais pratiquement repris la maitrise de moi-même. Ma respiration était de nouveau fluide et régulière. Tout bascula lorsqu’une canette vide atterrit sur le bas de mon dos. La peur, non une terreur sans fond lamina ma conscience. On m’attaquait de nouveau. Cette fois j’allais réagir, je ne les laisserai pas m’emmener de nouveau, jamais !

- Chad, tu es d’attaque pour qu’on retourne à l’intérieur ? Me demanda Maxence.

Jusqu’à présent, il se tenait entre moi et ceux qui nous suivaient. Lentement, je me retournai vers mon filleul.

- Non.

J’étais à moitié transformé. Plus jamais je ne serais une victime et la meilleure défense reste l’attaque. Je ne fis pas cas des yeux de Maxence qui s’écarquillèrent face à mon apparence. J’allais éradiquer la menace qui pesait sur moi. Plus question qu’on me touche, ou qu’on me fasse du mal. Un grognement sourd s’échappa de ma gueule, il semblait provenir du plus profond de mon être. Je fixais les deux types. Voici donc à quoi ressemblait mes proies.  Je me ramassai sur moi-même pour avoir un meilleur ressort et bondir plus efficacement. Je sentais l’odeur des deux loubards se charger de peur. L’effroi changeait de camp. Une odeur d’urine me fit plisser le nez, la vessie de l’un d’eux venait de lâcher. Je pris mon appui et…

Une main ferme me tint l’épaule. Tournant la tête, je vis Maxence qui pesait de tout son poids sur moi. Les deux autres profitèrent de cette distraction pour s’enfuir lâchement. J’eus un mouvement de colère vis-à-vis de Maxence qui m’avait retenu. Je devais supprimer cette menace. Éliminer les chass…

Je me laissai tomber dans l’herbe, qu’allais-je faire ? Cette peur me rongeait de l’intérieur. J’avais déjà été mainte fois en danger, alors pourquoi maintenant cela m’affectait-il autant ? D’où me venait cette faiblesse ? Je devais reconsolider mon point d’ancrage. Mais je m’en voulais tellement de ce que j’avais fait subir à Mick que je m’interdisais de prendre appui sur lui ou son image.

- Pardonne-moi. Dis-je penaud.

Je montrai vaguement l’entrée de la fête, signifiant qu’on pouvait y retourner. Il avait eut un certain cran pour oser s’interposer face à un loup en perte de contrôle. Je souris faiblement, je me sentais idiot. Ce n'est pas vraiment l'image que j'espérai donner à Maxence.


© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Ven 28 Nov - 12:48


Un architecte contrarié

Chad était plus désorienté que réellement animé de mauvaises intentions. J’étais entré dans sa tête sans vraiment le vouloir. Je sentis ce confiance se déliter, il n’avait plus d’appuis sur lequel se reposer ni d’ancrage pour lui permettre d’affronter la réalité. Je vis toutes ces choses en l’espace d’un court instant. Une fraction de seconde entre deux pensées. Sa peine entraina mon élan de compassion.

Je m’étais fait barrage pour l’empêcher de faire une bêtise. Il murmura des excuses qui n’avaient pas lieu d’être.

« On pardonne aisément à ceux qu’on a pas le pouvoir de punir ».

Il semblait vouloir rejoindre la fête mais je n’avais plus vraiment envie d’y participer. J’étais plongé dans cette empathie accentuée par ma télépathie. Je n’étais jamais insensible à la détresse de quelqu’un. Et Chad était presque un ami, sinon une personne fiable et dont la compagnie était agréable.  Je lui proposai de marcher un peu.

Nous discutâmes de choses et d’autres. Je ne voulais pas entrer dans le vif du sujet de ce qui le rongeait de l’intérieur. Je le laissais parler et déviais parfois la conversation pour ne pas me montrer indiscret. Puis je lui demandai si ma proposition de pratiquer le handball l’intéressait toujours. Il acquiesça, trouvant l’idée bonne pour lui occuper l’esprit. Ses cours avaient l’air assez chargés alors je lui précisai qu’il pouvait participer de temps à autre pour ne pas se sentir contraint par les exigences d’être un joueur permanent dans une équipe.

Il me dit apprécier notre discussion. Un semblant de normalité alors qu’aucun de nous deux ne l’était. C’était peut-être les prémisses d’une amitié sincère qui démarrait comme toute autre relation par des dialogues ordinaires pour se découvrir l’un et l’autre.

- Je ne m’autorise pas à fouiller dans la tête des gens, tu sais. J’apprends d’eux ce qu’ils veulent bien me dire.

Il sembla être satisfait de mon comportement vis-à-vis de ce pouvoir particulier. Je n’en abusai pas. Je le laissais en sommeil la plupart du temps. Il pouvait être contraignant. Parfois, je le percevais comme une malédiction.

- Mais je dois t’avouer que quelques fois ça m’échappe. Les images viennent sans que je le décide. Et j’ai la mauvaise impression que ça arrive davantage depuis que je suis ici. Tu sais, la première fois que je t’ai vu, j’ai senti ta détresse. C’était trop fort pour que je ne la perçoive pas. Tout à l’heure non plus je n’ai pas voulu…

C’était toujours délicat de dire à une personne qu’on avait percé à jour une partie de son intimité, découvrant des secrets personnels parfois troubles. Je m’excusai à nouveau. Chad finit par me demander quelle était la raison de ma venue à Beacon Hills. La vraie raison, avait-il précisé.

- On a tous des secrets, tu sais.

Le mien me torturait un peu tous les jours. Même si ça avait été un accident, je me sentais coupable. Les mots sortirent de ma bouche sans que j’en prenne conscience. Se confier avait peut-être du bon. Je ne l’avais dit à personne. Comment avouer une telle chose sans parler de ce que j’étais ? Chad connaissait ma nature mais rien ne me prouvait qu’il puisse comprendre. Mais trop tard, c’était dit.

- J’ai…j’ai tué quelqu’un.


Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Ven 28 Nov - 17:42







Normalité ?

Une vie normale ! Voilà ce à quoi j’aspirai. Une vie normale avec la personne que j’aime. J’étais épuisé de craindre pour ma vie et celle de mes proches. Dire que Mick avait toujours vécu ainsi depuis la mort de ses parents… Je me sentais pathétique de réagir ainsi, je me faisais figure d’un enfant gâté qui piquait sa crise. Assis dans l’herbe, sur la pelouse du campus, n’étais-je pas ce gosse de riche nombriliste que me reprochait Miya?

- On pardonne aisément à ceux qu’on a pas le pouvoir de punir.

La voix de Maxence se voulait apaisante et rassurante. Je souris à la citation de ce poète italien du dix-neuvième. Il avait réussi à couper net ma colère et mon emportement. Je pouvais le déchiqueter, il pouvait violer mon esprit. Cependant, d’une certaine manière en regardant Maxence, j’avais l’impression de regarder dans un miroir. L’un est l’autre n’avions pas souhaité ce que nous sommes devenus, mais on devait y faire face. Cela m’embêta un peu vis-à-vis de lui, mais je fus soulagé quand il me proposa de marcher plutôt que de retourner à la soirée. Je faisais un bien piètre parrain.

Une discussion informelle s’engagea. Depuis combien de temps n’avais-je pas discuté ainsi ? Sans arrière-pensées, sans devoir cacher ce que je suis ? Mes discussions au manoir avec Derek me manquaient. Sans rentrer dans les détails, je lui expliquai dans les grandes lignes ce qui m’était arrivé la semaine précédente, la blessure de Derek qui mettait du temps à guérir et mon angoisse que cela recommence. Je m’excusai encore d’avoir été un aussi mauvais compagnon de soirée. Le tempérament de Maxence s’approchait du mien, du moins lorsque j’étais dans mon état normal. Il me semblait soucieux des autres, peut-être à cause de son pouvoir si surprenant. Lorsqu’il me proposa de nouveau de rejoindre l’équipe de handball, j’acquiesçai. Une activité de sport-co pouvait m’être bénéfique. Pas que je manquais d’activité physique, car côtoyer Mick, Miya et Derek n’était pas de tout repos.

- Par contre, je suis plus doué au volley-ball, tu ne m’en voudras pas si je fais le boulet au début, dis-je en souriant. Je risque d’être un peu ridicule face aux autres joueurs.

Ma condition de loup devrait contrebalancer la technique que je n’avais pas. Mais force ou pas, je savais qu’il y avait de bons éléments dans l’équipe et j’avais un peu peur de décevoir ou de faire honte à Maxence. On avait fini par s’assoir sur un banc. La sono nous parvenait étouffée. J’étais heureux que mes oreilles soient loin de ce raffut. Je lui avouai que cette discussion normale entre deux étudiants me faisait plaisir. Car ma condition me mettait immanquablement à part. J’avais bien noué diverses amitiés ici et là, mais elles restaient fondamentalement superficielles, secret oblige. De son côté il me parla un peu de lui, de son pouvoir.

- Je ne m’autorise pas à fouiller dans la tête des gens, tu sais. J’apprends d’eux ce qu’ils veulent bien me dire. Mais je dois t’avouer que quelques fois ça m’échappe. Les images viennent sans que je le décide. Et j’ai la mauvaise impression que ça arrive davantage depuis que je suis ici. Tu sais, la première fois que je t’ai vu, j’ai senti ta détresse. C’était trop fort pour que je ne la perçoive pas. Tout à l’heure non plus je n’ai pas voulu…

Son cœur me disait qu’il était sincère. Je secouai la tête pour lui dire que je comprenais et que je ne lui en voulais pas. Je ne savais pas exactement quels détails il avait vu et partais donc du principe qu’il avait vu le pire. Allais-je le fuir pour autant ? Non, car je sais ce que je ressentirai si lui-même se mettait à m’éviter parce que j’étais un loup garou. Maxence fait au mieux avec son pouvoir. Puis de toute manière, s’il a déjà vu ce qui m’embarrasse le plus… Alors qu’il s’excusait encore de son intrusion, je le rassurai.

- C’est en partie ma faute, je dois mieux gérer mes émotions. Je suis potentiellement dangereux. Je… ne dois pas me laisser envahir par la peur et la colère.

- On a tous des secrets, tu sais.

Je regardai Maxence étonné. En fait, pendant que je parlais, il semblait lui aussi se confronter à de sombres pensées. Son visage était grave, voire inquiet. Quel secret cachait-il pour qu’il appréhende ma réaction ?

- J’ai…j’ai tué quelqu’un.

Je marquai un silence car je ne savais que lui opposer. Il y a une semaine j’avais tué pour me défendre, tué des berserkers qui finalement n'étaient que des marionnettes. Je regardai mes mains. Combien de vie avais-je déjà pris ? J'étais incapable d’en faire le compte. Mais grâce à Mick et Miya, j’avais pu faire la paix avec ma conscience de celui que j’avais été à Boston. Je serrai le poignet de Maxence pour donner du poids à mes mots.

- Je suis incapable de te donner le nombre de gens que j’ai tué. La couleur de mes yeux m’assure que je n’ai tué aucun innocent, mais c’est grâce à deux amis que j’ai vraiment pu mettre en paix ma conscience.

Je souris intérieurement. Pour la première fois depuis le Mexique, je pensai à Miya autrement qu’avec haine. Je lui devais beaucoup ainsi qu’à Mick sur la cicatrisation de mes blessures de mon passé de violence.

- Je ne sais pas ce qu’il en est des êtres comme toi, je peux toujours demander à ma druidesse, mais un loup a besoin des autres.

Ma propre remarque me fit rire. Comme Maxence s’en étonnait, je lui expliquais le comique de la situation.

- Je te donne un conseil que je n’applique pas moi-même en ce moment.

Mick était venu chaque jour me voir chez Ruby et cela malgré le ressenti qu’il avait. Et moi comme un idiot, je m’étais fait farouche ou au mieux neutre. C’est bien beau de faire des sermons, encore faut-il avoir le courage de les appliquer. Je me relevai et montrai la direction des résidences universitaires.

- Je te raccompagne jusqu’à ton immeuble ? On ne sait jamais si un loup mal léché te confonde avec un bifteck. En chemin tu me racontes... ou pas.

Je ne l’obligeais en rien à se dévoiler, même si lui en savait beaucoup trop sur moi. J’appréciai trop cette amitié naissante pour le brusquer. Puis Derek lui avait déjà fait confiance et depuis ma rupture avec Mick et Miya je m’étais décidé à suivre les instincts de mon frère de meute.


© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Lun 1 Déc - 15:29


Un architecte contrarié

Je ne m’étais pas attendu à la réaction qu’a eue Chad. Il était resté serein, presque comme si ce que je venais de dire n’avait aucune importance. Ça en avait pour moi. Ce secret me hantait tous les jours. Mais ce n’était pas par mépris ou froideur qu’il n’a pas paru choqué de cette révélation. Non, c’était par respect. Et surement par compassion car je devais avoir triste mine, comme à chaque fois que je me remémorais cette histoire.

- Je suis incapable de te donner le nombre de gens que j’ai tué. La couleur de mes yeux m’assure que je n’ai tué aucun innocent, mais c’est grâce à deux amis que j’ai vraiment pu mettre en paix ma conscience.

Comment j’avais pu croire qu’un loup garou était un parfait innocent. Ces créatures avaient sûrement elles aussi leurs moments de perte de contrôle. Des instants sans aucune maitrise où les choses arrivent plus vite qu’on ne le pense et qu’on commet des actes regrettables. Malgré ce qu’il venait de m’apprendre, je savais que Chad était quelqu’un de bien.

- Je ne sais pas ce qu’il en est des êtres comme toi, je peux toujours demander à ma druidesse, mais un loup a besoin des autres.

Était-ce une invitation à entrer dans son cercle intime ? Cette idée de druidesse me sembla fantaisiste, j’imaginai une vieille femme, serpe à la main, psalmodiant des incantations. Ce n’était pourtant pas comme ça que Derek m’avait expliqué le fonctionnement des meutes. Toutes ces personnes que j’avais qualifiées devant lui de «spéciales » vivaient en ville dans l’anonymat le plus total. Nous étions loin du folklore ancien.

Le rire de Chad me surprit alors que j’étais profondément troublé de lui avoir affirmé si subitement mon secret.

- Je te donne un conseil que je n’applique pas moi-même en ce moment.

Il a sûrement compris que ce pouvoir de télépathie était un barrage entre moi et les autres. Mon adolescence avait été terrible à cause de ça. Puis je m’étais forcé à m’ouvrir, j’avais commencé le handball et découvert comment brider mon esprit autant que possible. La vie m’avait paru alors un peu plus simple et agréable. Être comme tout le monde avait du bon. J’avais réussi mes études, j’étais fier d’avancer vers l’avenir.

- Je te raccompagne jusqu’à ton immeuble ? On ne sait jamais si un loup mal léché te confonde avec un bifteck. En chemin tu me racontes... ou pas.

Je ne voulus pas passer pour un meurtrier car, malgré la culpabilité, je savais que mon secret n’était rien d’autre qu’un accident. Je me levai à la suite de Chad et me dirigeai vers l’extrémité du campus où étaient situées les chambres étudiantes.

- C’est arrivé sans que je le veuille. Il y a plusieurs mois, je commençais à être pris de migraines ; le genre de maux de tête qui rendaient ma télépathie très sensible. La douleur m’empêchait parfois de la contrôler. À l’époque, j’avais déjà découvert le moyen de la brider mais parfois c’était inefficace. À Chicago, je rentrais tous les soirs chez mes parents parce que l’université était proche d’où ils habitent.  J’étais dans le bus quand ça a commencé à être insoutenable. Je suis sortis sans savoir où j’atterrissais en ville. Je me souviens d’avoir été pris de vertiges. Tout ce que les gens pensaient autour de moi résonnait dans ma tête. C’était incompréhensible tant il y avait d’images et de sensations. Je me suis arrêté en plein rue. Un homme s’est approché pour me demander si j’allais bien. Je n’avais pas pu répondre. J’étais plongé dans son esprit, ses problèmes personnels m’avaient pris de plein fouet. Et les autres passants hurlaient dans ma tête alors qu’ils passaient à côté de moi sans même me regarder. J’avais l’impression de me noyer…

Je fis une pause. Ce souvenir apparaissait si clairement. Les bruits de la circulation étaient camouflés par toutes ses voix. J’étais dans la confusion la plus totale.

Chad ne dit rien, attendant que je continue si je le souhaitais.

- Je voulais m’éloigner de la foule. Je me souviens avoir hurlé intérieurement que ça cesse. C’est là que c’est arrivé… Cet homme était toujours près de moi. Il m’a regardé dans les yeux comme s’il savait que j’avais le pouvoir de lire au travers. Il est devenu si neutre qu’on aurait dit une marionnette. Il a fait un pas sur la chaussée…un poids lourd est arrivé au même moment. Je crois qu’il est mort sur le coup…

J’avalai péniblement ma salive pour faire disparaitre la boule qui me serrait la gorge. Le bruit du choc m’avait forcé à fermer les yeux. J’avais mis quelques secondes à comprendre ce qui venait de se passer. Et j’étais parti en courant.

- J’ai causé sa mort. J’ai prié pour que ça cesse et il s’est tué. Je ne le voulais pas…

L’accolade de Chad peina à me remettre d’aplomb. Je n’avais parlé de ça à personne. J’avais préféré trouver une excuse pour quitter Chicago, disant à mes parents que le nouveau cursus de Beacon Hills était super. La vérité, c’est que je ne pouvais plus être là-bas sans y penser constamment. Dans un bar, j’avais croisé ce type qui évoquait en pensées cette ville comme étant un refuge. J’avais vu là une possibilité de quitter l’état et d’essayer d’oublier cette histoire.

Je finis par dire à Chad ce que j’avais vraiment sur le cœur.

- C’est ce qui me fait peur. Si je ne me contrôle pas, ou pire si j’en éprouve l’envie, je peux broyer l’esprit d’une personne. Faire taire ses émotions, ses désirs. Je peux faire de n’importe qui une coquille vide, un pantin dont je tirerais les ficelles et qui deviendrait inerte lorsque je déciderais de ne plus investir son esprit et de contrôler son corps. Je sais que j’en suis capable et ça me terrifie.

Chad me répondit sans paraître gêné ou peut-être qu’il cachait son embarras. J’espérai ne pas lui faire peur. Nous arrivâmes rapidement devant l’immeuble où se situait ma chambre. La main qu’il me tendit pour me saluer était aussi amicale qu’il l’avait lui-même été avant notre discussion.



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Lun 1 Déc - 21:00




Un architecte rassuré

J’essayais d’être rassurant, car le rythme cardiaque de Maxence trahissait son trouble et son anxiété. Ôter une vie, ou en ôter dix, le traumatisme est le même. S’attribuer cette responsabilité est terrible pour toute personne normale et sensée. Maxence se releva et emboita mon pas. Nous marchions doucement, je le laissais rassembler ses pensées. Il avait commencé un aveu terrible, je lui avais donné mes failles en échange. J’estimai qu’il était juste que l’on soit au même niveau d’information. Lui dire aussi qu’il n’était pas le seul à avoir du sang sur les mains, cela ne changerait certainement pas le passé, mais pouvait l’aider à le supporter. Je percevais son état de stress intense mais me tus. Je ne voulais pas l’oppresser par trop d’amitié. Dans ces moments, il fallait savoir se faire léger, être à l’écoute et se taire. Une trop forte compassion alourdissait souvent la peine plus qu’elle ne soulageait. Maxence dut sentir que je n’avais pas de curiosité morbide, et il semblait aussi avoir besoin de le dire, de sortir ce fardeau qui encombrait sa tête. Les soucis des autres sont plus faciles à porter que les siens. Il savait ce qui me minait en ce moment. Prendre part à son désarroi, allégeait le mien comme porter le sac de l’autre.

Maxence m’expliqua ses problèmes sur la maitrise de son pouvoir. Ce flot de pensées qui l’assourdissait au point de ne plus s’y retrouver soi-même. Il s’était retrouvé littéralement envahi par les pensées les autres, noyé sous le flot des soucis des autres. Je comprenais le côté traumatisant que cela devait avoir. Au fil de son récit, je compris l’ampleur de son pouvoir, c’était vertigineux. Ainsi que le problème d’y faire face. Cela ressemblait à une perte de contrôle pour un loup, un soir de pleine lune. L’attraction qui se fait forte, impérieuse et inévitable. On m’avait appris à me dominer par la force et la violence. Hugues, l’alpha qui m’avait mordu, ne faisait pas dans la dentelle. Soit son bêta se maitrisait, soit il prenait une dérouillée sévère. Hugues avait régné sur sa meute par la terreur. Si ma nature conciliante, m’avait aidé à me maitriser rapidement, la douleur d’avoir perdu ma sœur dans cette morsure qui nous avait été « offerte » à tout deux, avait développé en moi une soif de violence que je mis deux ans à enrayer.  J’étais rapidement devenu le bêta de tête, le plus efficace dans les combats entre meute. Si Nathan, le nouvel alpha de mon ancienne meute, pouvait se prévaloir de dominer Boston, s’était un peu grâce à moi. Je continuais à marcher aux côtés de Maxence, silencieux. Il n’y avait rien à dire.

- Je voulais m’éloigner de la foule. Je me souviens avoir hurlé intérieurement que ça cesse. C’est là que c’est arrivé… Cet homme était toujours près de moi. Il m’a regardé dans les yeux comme s’il savait que j’avais le pouvoir de lire au travers. Il est devenu si neutre qu’on aurait dit une marionnette. Il a fait un pas sur la chaussée…un poids lourd est arrivé au même moment. Je crois qu’il est mort sur le coup… J’ai causé sa mort. J’ai prié pour que ça cesse et il s’est tué. Je ne le voulais pas…

Son émotion était forte, il avait besoin d’un signe. Je l’attrapais donc par le cou et le serrai contre moi dans une pression amicale. Cependant je le sentais oppressé par le poids de la culpabilité et aussi par quelque chose de bien plus effrayant.

- C’est ce qui me fait peur. Si je ne me contrôle pas, ou pire si j’en éprouve l’envie, je peux broyer l’esprit d’une personne. Faire taire ses émotions, ses désirs. Je peux faire de n’importe qui une coquille vide, un pantin dont je tirerais les ficelles et qui deviendrait inerte lorsque je déciderais de ne plus investir son esprit et de contrôler son corps. Je sais que j’en suis capable et ça me terrifie.

- Le fait que cela te terrifie prouve que t’es loin de vouloir faire cela de manière volontaire. Mais c’est certain, tu dois travailler sur la maitrise de cette capacité. Ne la vois pas comme une malédiction, mais plus comme un outil potentiel, comme le sont ma force et mes sens accrus. Moi-même j’ai eu du mal avec mon ouïe si sensible. Entendre tous les gens qui parlent à deux cent mètres de toi, c’est comme ta capacité d’entendre les gens penser, c’est vite une cacophonie invivable. Mais je suis certain que tu arriveras à avoir une maitrise totale de ton pouvoir.

On poursuivit le chemin en silence, chacun plongé dans ses pensées. Je me disais que Maxence avait besoin d’être aidé. Mais autant je pouvais conseiller un jeune loup, autant son pouvoir me semblait insaisissable. Nous arrivâmes au pied de sa résidence. Je lui tendis la main pour le saluer.

- On se voit demain au Hand ?

Maxence sourit et acquiesça. Il semblait soulagé de ma réaction face à ses aveux. Il se retourna pour rentrer et j’esquissais quelques pas en direction du parking, puis je m’arrêtais.

- Max ?

Il se retourna l’air interrogatif, la main sur la poignée de la porte d’entrée.

- En fait, il faudrait que tu puisses t’entrainer. Tout à l’heure, tu as dit que j’étais facile à « lire » car je suis fragilisé en ce moment. Tu pourrais t’entrainer sur moi, à bloquer ton pouvoir ou au contraire à le pousser et le moduler.

Comme je voyais qu’il secouait la tête en signe de négation, je montrais vaguement ma tête de la main.

- De toute manière, tu as déjà vu le pire que j’aurai à cacher… Et si je te fais confiance pour ne pas me lobotomiser, cela te donnera peut-être confiance en toi.

Maxence se dit touché par ma proposition mais aussi effrayé de me faire du mal. Je lui réitérais ma confiance. Je n’étais pas fier de ce qu’il avait vu en moi, ces images sales. Mais rien ne changerait ce qui s’était passé. Et si ma souffrance, ma peur et ma colère actuelles pouvaient servir à construire quelque chose, sa maitrise par exemple, alors autant que ce que j’ai subi serve à quelque chose de positif.

C’est le cœur léger que je repartis en direction de ma voiture. Je sentis son odeur avant d’apercevoir sa silhouette. Mick semblait me chercher parmi les étudiants. Je lui envoyai un texto avec un smiley. « A cinquante mètres dans ton dos Wink ».




© Fiche par Mafdet
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Mer 3 Déc - 12:14


Un architecte contrarié

J’avais ce poids en moi depuis si longtemps que lorsque j’eus fini d’avouer ce terrible fardeau à Chad, je me sentis vide. La culpabilité s’était légèrement estompée. Je ne savais pas quoi ressentir à la place. Certainement du soulagement.

- On se voit demain au Hand ?

Son amitié était sincère et sa prévenance me touchait. Si peu de temps après nous être rencontrés nous avions déjà partagé quelques-uns de nos noirs secrets. Avoir brulé les étapes avait ça de bon que nous pouvions nous montrer honnêtes l’un envers l’autre. Je me tournai vers l’entrée du bâtiment songeant à m’étaler sur mon lit quand Chad m’interpella.

- Max ? En fait, il faudrait que tu puisses t’entrainer. Tout à l’heure, tu as dit que j’étais facile à « lire » car je suis fragilisé en ce moment. Tu pourrais t’entrainer sur moi, à bloquer ton pouvoir ou au contraire à le pousser et le moduler.

Je lui avais effectivement expliqué qu’un esprit fragilisé était plus facile à analyser mais je n’avais pas du tout envisagé continuer d’expérimenter cette faille. Surtout pas sur un ami.

- De toute manière, tu as déjà vu le pire que j’aurai à cacher… Et si je te fais confiance pour ne pas me lobotomiser, cela te donnera peut-être confiance en toi.

J’avais vu des périodes troubles de sa vie, des moments de honte et de profonde détresse – qui me firent éprouver de la compassion à son égard – mais ça n’était pas une raison pour recommencer. Et de manière consentie en plus.

- Je n’oserai pas faire ça. C’est trop risqué que ça dérape. C’est ton intimité Chad.

Il fronça les sourcils comme pour m’encourager à y réfléchir avec sérieux. Sa proposition était guidée par cette amitié naissante mais la peur faisait encore barrage. Contrôler mon pouvoir de manière intégrale pourrait être salvateur mais il y avait ce risque non négligeable que je sois attiré par le côté grisant de la télépathie. Ça n’était pas dans ma nature de vouloir dominer les autres mais le pouvoir appelle le pouvoir. Et les réactions en chaînes pouvaient être dévastatrices.

Je souris faiblement à Chad puis nous nous saluâmes et il s’éloigna sur le parking.

Dans le bâtiment résidentiel, les couloirs étaient déserts et calmes. Je devais être l’un des seuls à rentrer si tôt de la soirée d’intégration. J’y avais croisé des étudiants avec qui j'avais échangé quelques mots puis Chad avait fini par me rejoindre. C’était une agréable soirée avec son lot de banalités et de bizarreries.

Je m’étalai sur mon lit comme je l’avais imaginé en sentant la fatigue s’abattre sur moi après la discussion que Chad et moi avions eue. Je restai plusieurs minutes immobile et fut pris d’un élan de motivation. Je pris mes affaires et rejoignis la douche. Elle fut relaxante et engagea une nuit paisible et reposante.

Fin:
 



Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   Mar 9 Déc - 12:05

La suite Ici.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Un architecte contrarié   

Revenir en haut Aller en bas
 
Un architecte contrarié
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un architecte contrarié
» /Vilain/ L'Architecte
» Biographie de Desaix
» Les terribles affres de la semi-fraternité [O&J&A&T]
» LES NOTES DE L'ARCHITECTE

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Teen Wolf RPG :: Beacon Hills :: Lycée de Beacon Hills :: Université-
Sauter vers: