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 Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]

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James Reilly

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MessageSujet: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Jeu 9 Juil - 23:40






Combien de temps depuis ce soir ? Huit, peut-être dix ? James se souvenait que c'était un soir de semaine, qu'il était entrain de manger devant la télé, la tête pleine des souvenirs d'une journée de lycée plus agréable que tout ce qu'il avait connu avant Beacon Hills. Et puis tout avait basculé, encore. Sa mère était entrée en trombe dans le mobile-home, la panique répandant une odeur âcre autour d'elle. Peu de ce qu'elle disait n'était cohérent, mais il avait suffit qu'il entende les mots « problème » et « police » pour que James réagisse. En moins de dix minutes ils étaient sur la route, les phares rouges de la voiture teintant le panneau d'entrée de la ville tandis que le jeune loup regardait par le pare-brise arrière.
Et puis, avec le paysage, les semaines ont défilée. Toujours sur la route, en cavale, à passer de villes en villes, une, deux nuits, puis repartir. Si bien que Bacon Hills commençait a ressembler à un va songe dont le souvenir s'estompe.

Et puis, un beau jour, il s'était réveillé dans la chambre d'un motel miteux, le lit voisin du sien vide. Sur le meuble qui séparait les deux couches reposait les clés du pick up, et sous elles, une feuille blanche pliée en deux.
La note était brève, elle lui disait qu'elle avait tout prévu, qu'il serait tranquille et qu'il devait vivre sa vie sans s'inquiéter pour elle.

C'était deux semaines plus tôt. Depuis James avait conduit. Du nord est au sud ouest, vers là où il savait qu'ils enverraient sa mère, là où avait commencé la fuite. Les premiers jours il n'avait pensé qu'à elle, qu'à ce qui l'attendait en prison. Et puis il y avait eut la panne, et avec cette pause involontaire, le temps de penser. De penser à ce qu'il avait laissé derrière lui, ce vers quoi, vers qui, il retournait.
Dès lors il ne s'était plus arrêté que pour faire le plein et manger, dormir aussi, parfois, lorsqu'il n'arrivait plus à conduire droit.
L'impatience avait fait paraître ce voyage durer une éternité. Et pourtant, il s'en souvenait à peine. Les heures interminables semblait s'être évanouies lorsqu'il avait quitté le pick-up, dépliant douloureusement ses jambes engourdies pour se mettre à courir à travers bois, pieds nus comme il l'avait toujours fait. Dès cet instant la longue cavale devint le passé. Car jamais il n'avait put retrouver ces sensations durant tout ce temps. Jamais il n'était resté assez longtemps pour pouvoir trouver un endroit où être libre, où sentir le choc de la terre sous sa course, l'humidité des feuilles entre ses orteils, la fraîcheur du vent sur son visage.
Et pourtant, libre, il ne l'était pas, pas encore. Pas à ce moment là, car ses pas suivaient un chemin tout tracé, une route pavé de son plus gros regret, de sa plus grande crainte, mais aussi d'un besoin plus profond encore.

Il ne devait pas être plus de neuf heures lorsqu'il arriva devant l'arbre, devant ce souvenir qu'il avait lâchement abandonné. D'une branche épaisse pendait la corde qui menait vers la cabane, intacte, inachevée. Comme si le temps s'était arrêté, s'était mis en pause en attendant son retour.
Durant une seconde l'idée de ce raccrocher à cette pensée le tenta presque, et puis il réalisa que cette impression n'appartenait qu'à ce lieu, qu'elle était de son fait, de sa faute. C'était lui qui avait abandonné, qui avait laissé cette esquisse de cabane comme une cicatrice sur son passage.

Une prise de conscience qu'il changea en une décision. Une décision qui l'avait mené là, alors que le soleil commençait à décliner, perché dans son arbre, un marteau à la main, clouant la énième planche de ce qui serait bientôt un toit. Il savait que le geste était naif, très certainement futile et évidemment enfantin, à la limite du ridicule diraient certains. Et pourtant il n'avait jamais été aussi investit, concerné, comme si, d'une manière où d'une autre, finir ça réparerait tout le reste.
Une idée un peu stupide à laquelle, pourtant, il se raccrochait.





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Ven 10 Juil - 1:01


Shattered

Tout passe. Tout s’installe et tout s’en va, c’est comme une ronde de feuilles qui s’échappent sans relâche. Sheela ne vit plus vraiment. Ses sourires sont sans éclat. Elle souffre du regard des autres. Elle ne le montre pas. Pourtant elle lit dans leurs yeux toute la condescendance du monde. Elle se sent stupide. Alors Sheela est devenue personne. Elle s’est effacée tout doucement. Son renard lui a permis de devenir une ombre, un souffle d’air à peine perceptible. On ne la remarque pas Sheela. Elle est devenue transparente.

Ce jour-là est un jour comme les autres. Elle range ses affaires avant de rentrer chez elle, silencieuse. Ses camarades s’écartent à son passage sans même s’en rendre compte. Le renard leur souffle de dévier de leur trajectoire et ils s’exécutent. C’est tout. Elle est fatiguée. Pourtant, ce jour-là, quelque chose se produit. Ses doigts viennent effleurer le mur à sa droite pendant qu’elle marche, elle ressent toutes les aspérités de la roche. Ressentir. Ça fait bien longtemps qu’elle n’a plus rien ressenti. Ça fait bien longtemps qu’elle s’empêche de ressentir quoi que ce soit. Son cœur s’emballe légèrement alors qu’elle retrouve un peu d’elle-même, comme la visite impromptue d’une vieille amie. Elle ferme les yeux.

C’est vrai, l’ancienne Sheela aimait faire cela. Elle aimait ces petits gestes imprécis. Ces gestes incompréhensibles et illogiques. Faire des choses juste parce qu’on en a envie, sans réfléchir. Ses sourcils se froncent légèrement. Les regards se rappellent à elle. Ils la lacèrent, ils nouent sa gorge jusqu’à l’étouffer. Les regards font mal, beaucoup trop mal… Arrivée à son vélo, elle hésite. D’ordinaire, son chemin est tout tracé. Elle rentre chez elle, fait ses devoirs, et puis rien. Rien du tout. Elle attend quelque chose, peut-être. Sa main tremble un peu avant de s’empoigner de son guidon. A-t-elle encore le droit de rêver ?

Elle pédale lentement. Rien n’a changé, si ce n’est la direction. Elle se rend quelque part où rien ne l’attend. Alors elle y va lentement. L’espoir est parti il y a longtemps déjà. Les odeurs lui font mal. Les couleurs lui font mal. Les souvenirs ne sont que douleur. Ses pieds s’enfoncent dans le chemin de feuilles mortes alors qu’elle avance vers le point central, vers le poignard plongé au plus profond de son cœur. Pourquoi y va-t-elle aujourd’hui ? A quoi bon souffrir encore, Sheela… Tu préfères être blessée que de ne rien ressentir du tout.

Tout déraille. Tout bascule et tout s’écroule, c’est comme une avalanche de sentiments trop lourds qui roulent enfin en bas de la côte. Aucun son ne sort de ses lèvres. C’est impossible, impossible. C’est un mauvais tour de sa mémoire. Elle place ses mains devant ses yeux. Impossible. Elle se recroqueville, tentant de reconstruire sa carapace qui vient de voler en éclat. Impossible. Elle tombe à genoux. Impossible. Elle tente de retenir ses sanglots, mais rien n’y fait. C’est parfaitement impossible. Alors pourquoi tu pleures, Sheela, si tout cela n’est qu’un rêve ?
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James Reilly

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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Ven 10 Juil - 8:46






D'abord il y eut un craquement, le son d'un pied, une patte, brisant une brindille de bois sec. Un son si ténu que James n'aurait sut dire s'il était lointain ou bien provoqué par un tout petit animal, Si bien qu'il opta pour cette dernière solution, reprenant, sans même se retourner, les coups de marteau, Et puis, le temps de se pencher pour récupérer la prochaine planche, il y eut un bruit sourd, bien moins lointain que ce qu'il aurait imaginé.
Cette fois-ci, c'est instantanément qu'il lâcha tout, faisant retomber la planche à sa place en un bruit qui sembla soudain trop fort, trop,... hors de propos, et le marteau dans le vide, ne produisant qu'un bruit sourd en touchant le sol. Un bruit qui ne suffit pas à couvrir celui des sanglots qui suivirent.
Ce son là, ni trop ténu, ni trop fort, ni déplacé, provoqua comme une déchirure en James. Une brisure que la culpabilité s'empressait de faire craqueler un peu plus.

La fuite ! Faire demi-tour, grimper dans la voiture et rouler, rouler le plus loin possible de Beacon Hills, de cette jeune femme devant lui, qui pleurait par sa faute. C'était son premier réflexe, sa première urgence. Mais il ne bougea pas, pas tout de suite. Il ne pouvait pas détacher son regard d'elle. Et plus il la regardait plus sa culpabilité changeait cette douleur lancinante qui lui prenait les tripes et l'âme, en un dégoût de soi.
Il se remémorait leur rencontre, cette sensation d'avoir trouvé quelqu'un qui le comprenne, d'avoir trouvé un lien, une place, instantanément. Il se souvenait du temps passé ici, sous ce même arbre, des conversations, des promesses qu'il avait faites, et de celles qu'il n'avait jamais formulées. Toutes brisées.

Alors, seulement, il se mit en mouvement, sans réfléchir. D'un bond il fut au sol, atterrissant souplement sans même réaliser qu'il se trahissait sûrement. Alors il avança, marchant, puisque son corps refusait apparemment de courir. Et s'il l'avait put, c'est certainement à quatre pattes qu'il l'eut fait. Mais il marchait, lentement, le pas lourd, presque difficile. L'envie de fuite avait disparut, désormais il priait presque pour disparaître, ne plus être ni là ni ailleurs. Et pourtant il avançait, tant et si bien que déjà il arrivait devant cette silhouette recroquevillée, sanglotante.
Guère plus de quelques centimètres les séparaient lorsqu'il s'arrêta. Le long de son corps, ses mains se mirent à trembler, l'onde remontant jusqu'à ses épaules, avant qu'il ne s’effondre à genoux également. Les épaules basses, le regard fixé sur ce qu'il pouvait voir du visage de celle qui avait été un jour sa seule amie.

Les secondes qui s'en suivirent semblèrent durer des heures. Le temps qu'il lui fallut pour enfin esquisser un geste, levant une main hésitante vers celles de la jeune femme en pleurs. Mais il ne les atteint pas, retenant son bras à quelques millimètres d'un contact qu'il redoutait, qu'il anticipait trop douloureux.

« Sheela... je... »

Sa voix était faible, comme si le son rechignait à quitter le seuil de ses lèvres. Si bien qu'il aurait eut l'air de lutter pour parler s'il avait continuer ainsi. Mais bien vite son bras retomba le long de son corps, sa voix se changeant en un soupir d'abandon.

« Pardon... »





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Sam 11 Juil - 18:21


Shattered

Il y a des rivières sur ses joues. Toute la neige qui gelait ses sentiments est en train de fondre. Ça fait si longtemps, si longtemps qu’elle n’a pas pleuré comme ça. Elle se cache dans ses mains, elle se cache pour ne plus voir, mais rien n’y fait : l’image est gravé dans sa tête. Peut-être que si elle rouvrait les yeux elle se rendrait compte que ce n’était qu’une farce de son imagination. Mais elle a bien trop peur pour ça. Elle ferme les écoutilles, ne plus rien voir, ne plus rien entendre, ne plus rien dire. Un bourdonnement dans sa tête, c’est comme si elle était dans du coton.

Et s’il est vraiment là ? Et si ce n’est pas un rêve ? Que doit-elle faire, comment doit-elle réagir ? Est-il toujours le même ? Elle ne sait même plus à qui elle est censée en vouloir. Elle sent sa présence. Elle sent qu’il est près d’elle, c’est une pulsation qu’elle a du mal à reconnaître. C’est faux, elle la reconnaît très bien. C’est juste étrange. Elle pensait ne jamais plus le revoir. Elle s’était faite à cette idée. Elle entend son nom à travers le brouillard. Pense-t-il l’atteindre ainsi ?

« Pardon... »

Elle relève la tête. Comme ça, subitement. Il doit se dire que son visage a changé. Ce n’est pas entièrement faux, elle a l’impression de ne plus être la même. Elle se sent polluée, encrassée. Avant, il n’y avait pas de douleur sur ses traits, ou alors si peu. Avant, l’espoir l’illuminait. Et s’il n’aimait pas ce qu’il voyait ? Et s’il décidait que finalement elle avait trop changé, et si jamais le lien n’existait plus ?

« Pourquoi… Pourquoi tu t’excuses ? »

Elle ne comprend pas de quoi il se sent coupable. Elle est perdue, les mots tournent dans sa tête sans qu’elle parvienne à en attraper au vol. Si seulement tout pouvait être simple. Elle a l’impression de devoir reconstruire une maison écroulée. Une maison… Son regard se pose sur la cabane dans les arbres. Le toit est presque fini. Elle soupire, secouant la tête.

« Tu n’as rien compris. »

Prenant appui sur le sol, elle tente de se remettre sur ses jambes. Elle tremble de partout alors elle met du temps à retrouver un semblant d’équilibre. Son visage est dur comme le roc malgré ses joues humides. Elle pointe vaguement la cabane du doigt tout en essuyant ses larmes.

« L’important, ce n’est pas qu’elle soit terminée. L’important, c’est de la fabriquer ensemble. »

Elle disait pourtant ces mots pour exprimer sa pensée, rien de plus. Ça devait être une simple énonciation de son raisonnement, un concept,  une opinion. Mais le fait de les prononcer, le fait de les entendre sortir de sa bouche embue ses yeux de larmes nouvelles. Sa gorge se noue, l’empêchant de respirer. Non, elle doit être forte. Elle doit faire couler tous ces mots qui la font souffrir, sinon… Sinon…

« … Je… J’étais perdue… J’étais tellement triste, j’étais seule et… Je crois que j’ai fait n’importe quoi… Non, je n’ai rien fait du tout. Je me suis arrêtée et. Je me suis arrêtée de vivre. Je suis trop faible, je me sens tellement nulle… Je ne sais plus quoi faire, j’ai besoin… S’il te plaît, dis-moi que. Dis-moi que… »

Elle se transformera en pierre.
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James Reilly

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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Sam 11 Juil - 20:49







Elle releva le visage vers lui, et le tout s’arrêta. Comme si les deux Sheela, celle qu'il avait laissée et celle qu'il retrouvait, occupait le même espace au même moment, il voyait les deux visages, toutes leurs différences. Et de là tout les détails qui l'entouraient depuis qu'elle était apparut au milieu des bois devinrent une évidence. Même effondrée, il pouvait voir que le port de la jeune Japonaise n'était plus le même, la lumière avait quitté ses yeux, ses traits, pour laisser place à la teinte terne du chagrin. Son odeur, même, avait changée, s'était matée de nuances après, la solitude, la mélancolie. Pas cette douce mélancolie, cette suave mélopée, qui accompagne les souvenirs heureux. Celle qui paralyse, qui laisse à genoux quand on pense à une partie de soi perdue.  

« Pourquoi… Pourquoi tu t’excuses ? »

Pourquoi ? Pour tout ? Pour les promesses brisée, pour le goût amer laissé à des moments qu'ils avaient tout les deux aimés, pour les instant où il avait cessé de penser à elle, pour chacune des larmes sur ses joues.
En imagination il le faisait, il se levait, la prenait dans ses bras, et lui disait tout ça. En imagination seulement. Car la réalité ne voyait que son visage fixé sur le sol, ses épaules basses, ses cheveux qui cachaient ses yeux de plus en plus humides.

« Tu n’as rien compris. »

Et il ne comprit pas. Jusqu'à ce qu'il sente sa lutte pour se relever, qu'il perçoive l'air déplacé par le bras tendu vers leur arbre, vers leur...

« L’important, ce n’est pas qu’elle soit terminée. L’important, c’est de la fabriquer ensemble. »

Non, il n'avait rien compris. Enfin si, ça peut-être. Certainement, oui, il le savait, il l'avait toujours sut. C'est tout le reste qu'il n'avait pas compris.
Il relevait, et son regard se reposait sur elle, lentement. Les yeux de James étaient ternes eux aussi, tristes. Et ainsi, dans le silence qui séparait les mots de Sheela, il s’imprégnait de tout. Comment aurait-il put savoir ?

« Je… J’étais perdue… J’étais tellement triste, j’étais seule et… Je crois que j’ai fait n’importe quoi… »

Savoir que se lier à quelqu'un c'était détenir un pouvoir si grand, qu'un lien puisse à ce point tout ravager en se brisant.

« Non, je n’ai rien fait du tout. Je me suis arrêtée et. Je me suis arrêtée de vivre. Je suis trop faible, je me sens tellement nulle… »

Pourtant ne l'avait-il pas lui même subit une fois, plusieurs vies plus tôt semblait-il ? Un souvenir qui avait été, un jour, douloureux, mais dont la signifiance semblait désormais dérisoire.

«  Je ne sais plus quoi faire, j’ai besoin… S’il te plaît, dis-moi que. Dis-moi que… »

Quoi ? Lui dire quoi ? Tout ?

«  Je... »

Suis désolé... il retint les mots, juste à temps. Mais que faire si ce n'était demander pardon jusqu'à la fin des temps ?

«  Je voulais te faire une surprise... je voulais que... je pensais que... »

Tout en parlant, il s'était légèrement avancé vers Sheela, avant, une fois de plus, de se retenir.

«  C'était stupide... »

Un rictus étrange, absent, passa sur ses lèvres alors que son regard, lui, retrouvait le sol.





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Lun 13 Juil - 21:27


Shattered

Quelque chose dans la machine s’est cassé, elle le sait. Quelque chose qui bloque tout, qui fait d’eux deux pantins incapables de reprendre leur ronde. Elle aimerait tant que leur relation reste inchangée, comme si rien ne s’était passé. Mais elle sait aussi que c’est impossible. Elle l’a appris à présent, le sens de ce mot. « Impossible ». Pourtant une poussière d’espoir subsiste, un grain de sable dans une pièce vide.

«  Je... »

Il est là. Il est bien là. Alors pourquoi est-elle incapable de bouger ? Ensemble, ils pourraient créer une nouvelle machine, certes différente de la première, mais…

«  Je voulais te faire une surprise... je voulais que... je pensais que... »

Que veut-elle au fond ? Le regard vissé sur le sol, elle cherche une réponse parmi les feuilles mortes. Veut-elle rester telle qu’elle est à présent ? Se rendre invisible pour ne plus être blessée, arrêter de rêver et sentir le ciel gris juste au-dessus de sa tête… Lui, que peut-il lui apporter ? Peut-il la sortir de cette situation où elle s’est enterrée ? Peut-il lui être du moindre secours ?

«  C'était stupide... »

Non, ce n’était pas stupide. Ils n’avaient juste pas la même vision des choses. Elle est fatiguée, Sheela. Peut-être a-t-il raison. Peut-être vaut-il mieux terminer cette cabane une fois pour toute. Peut-être que ça lui retirera ce goût d’inachevé de la bouche. Ses yeux brûlés par les larmes se posent sur le visage du garçon de la forêt. Elle a un sourire amusé lorsqu’elle se souvient de leur première rencontre. De cette situation cocasse, de la manière dont ils se dévisageaient, comme deux bêtes curieuses. A présent, ils n’osent même plus se regarder. Tristesse. Il préfère peut-être garder l’image d’une Sheela douce et rêveuse.

Elle tente de retrouver cette Sheela, d’agir selon son instinct, mais sa main tremble un peu lorsqu’elle l’approche du visage de James. Elle la maintient quelques instants à distance avant d’oser poser le bout de ses doigts sur son front.

« Je voudrais… savoir ce que tu penses… »

Elle voudrait savoir, savoir pour ne plus avoir à supposer, savoir pour ne plus se torturer. Savoir pour se sentir libre. Mais le mécanisme est grippé et les mots comme les gestes survolent le problème sans jamais parvenir à s’en approcher.

Les yeux de Sheela ne reflètent que la peine et l’amertume.
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James Reilly

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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Lun 13 Juil - 22:30







Un sursaut. Non, quelque chose de plus petit, de plus infime, à peine perceptible, le parcourut lorsqu'il sentit le contacte de Sheela. Le loup voulait aller à sa rencontre, se faire docile, appuyer le contacte, le changer en une caresse. Le loup savait, le loup était sûr de lui. Le problème était, encore, l'humain, le jeune homme plus tout à fait adolescent mais pas encore véritablement adulte. Un môme perdu, effrayé par ce qu'il vivait, ce qu'il ressentait. Tout était trop intense, depuis des mois. Ceci n'en était que l'apogée.

« Je voudrais... savoir ce que tu penses... »

Lui aussi voulait savoir ce qu'il pensait... ce qu'ils pensaient.
Lentement, il releva le visage vers elle, faisant se croise leur regard pour la première fois, vraiment, depuis leur retrouvaille. Et à la tristesse et l'amertume qu'il voyait, ses yeux, répondait par de la détresse, de la crainte.
Et si, durant une seconde, ce choc le maintint silencieux, ce fut bientôt comme si un barrage se rompait. Mais ce n'est pas un flot de larmes qui se déversa.

« Je pense... je pense que tu es ce qu'il m'est arrivé de plus beau, de plus précieux, durant toute mon existence. Que le peu de temps que nous avons partagé a suffit à faire de toi ma meilleure amie, à défaut d'un terme plus vrai... Parce que tu es, seras toujours, plus que ça... »

Délicatement, il prit entre ses mains celle que la renarde avait posée sur son front, et l'amena à ses lèvres pour y déposer un baiser.

« Et je pense que le jour où j'ai suivit ma... non, le jour où je t'ai laissée derrière, j'ai commis la plus monumentale erreur de ma vie, Je pense que même si tu me le permettais, je n'aurai pas assez d'une vie pour réparer ce que j'ai brisé cette nuit là. Je pense que j'aimerai pouvoir remonter le temps pour tout effacer... »

À ces mots, tout aussi délicatement il relâcha la main qu'il tenait. Et, alors qu'il reprenait la parole, sa voix se fit plus basse, étranglée, comme si un nœud s'était formé à la simple idée des mots qu'il allait prononcé.

« Mais plus que tout, je te regarde et je pense que je t'ai fait plus de mal que je n'en ai jamais eut l'intention, ou la permission. Et je réalise que je t'ai perdue pour de bon... que je le mérite plus que je n'ai jamais mérité de faire partie de ta vie... »

Lentement il recula d'un pas, esquissa un sourire à la fois terriblement triste et pourtant apaisé.

« J'aurais dut t'offrir les étoiles... et je ne t'ai apporté que les ténèbres...Pardon. »





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Mer 15 Juil - 0:02


The Wolf and the Moon

Les mots. Les mots se déversent soudainement, en cascade, ils ricochent dans l’air. Elle sent son souffle sur son bras alors qu’il délie ses pensées. Elle le regarde avec cet étonnement qui la caractérisait autrefois. Elle pensait que son vœu ne serait jamais exaucé, elle pensait qu’ils resteraient emprisonnés dans leurs peurs pour toujours. Elle avait sous-estimé son courage.

« Je pense... je pense que tu es ce qu'il m'est arrivé de plus beau, de plus précieux, durant toute mon existence. Que le peu de temps que nous avons partagé a suffit à faire de toi ma meilleure amie, à défaut d'un terme plus vrai... Parce que tu es, seras toujours, plus que ça... »

La gorge nouée par l’émotion, elle le laisse attraper sa main pour la porter à ses lèvres. C’est comme s’il lui rendait toute la confiance qu’elle avait perdu. Elle en oublie ses doutes sur la nouvelle elle, si triste et désabusée. Elle oublie tous ces « peut-être » qui ternissaient les couleurs de son monde.

« Et je pense que le jour où j'ai suivit ma... non, le jour où je t'ai laissée derrière, j'ai commis la plus monumentale erreur de ma vie, Je pense que même si tu me le permettais, je n'aurai pas assez d'une vie pour réparer ce que j'ai brisé cette nuit là. Je pense que j'aimerai pouvoir remonter le temps pour tout effacer... »

Et c’est à ce moment-là qu’elle se rend compte que James se bat contre des « peut-être » lui aussi. Des « peut-être » qu’elle n’imaginait même pas. Elle rapatrie sa main libérée contre son cœur. Elle voudrait trouver les mots pour estomper ces « peut-être », mais elle n’y parvient pas encore. Ses lèvres entrouvertes ne laissent passer que du vent.

« Mais plus que tout, je te regarde et je pense que je t'ai fait plus de mal que je n'en ai jamais eut l'intention, ou la permission. Et je réalise que je t'ai perdue pour de bon... que je le mérite plus que je n'ai jamais mérité de faire partie de ta vie... »

Il recule, et l’horreur s’immisce sur les traits de l’indienne.

« J'aurais dut t'offrir les étoiles... et je ne t'ai apporté que les ténèbres...Pardon. »

« Ne pars pas. »

Surprise, elle masque ses lèvres de ses mains. La panique qui l’anime n’a trouvé que ce moyen pour refouler sa crainte. Elle a tellement peur de le voir disparaître en fumée, sans avoir eu la possibilité de lui dire… Vivre avec le remord de l’avoir laissé s’enfuir avec ses « peut-être » plus que jamais ancrés en lui. Elle prend une inspiration un peu hachée par l’appréhension, tentant de se calmer.

« Je… Tu n’as rien à réparer, James… Pour moi, ça n’a jamais été de ta faute… »

C’est tellement dur de trouver les mots justes.

« Si tu… C’est quand tu n’es plus là que je suis détruite… Le seul mal que m’a causé notre rencontre, c’est notre séparation… »

Un sourire blessé étire ses lèvres, un sourire plein de douleur. De grosses larmes coulent sur ses joues mais elle se met à rire, les yeux plongés dans ceux de James.

« Tu m’as offert bien plus d’étoiles que tu n’en as conscience… »
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James Reilly

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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Mer 15 Juil - 11:43







« Ne pars pas »

Même s'il l'avait voulut, il ne pouvait plus désormais. Mais James n'avait jamais désiré que rester. S'il avait reculé c'était pour échapper à cette proximité qu'il n'estimait pas mériter. Pas pour partir, ça, s'il le pouvait, il ne le ferait plus jamais. Peu importait que Sheela lui pardonne ou non, il resterait, même si cela signifiait ne devenir plus qu'une ombre la regardant vivre sa vie.

« Je...Tu n'as rien à réparer James...Pour moi, ça n'a jamais été de ta faute... »

Il releva les yeux vers elle, l'air perplexe, perdu. Comment tout ça pouvait-il ne pas être de sa faute ? C'était pourtant bien lui qui était partit sans dire un mot, lui qui n'avait jamais cherché à la recontacter. Oh bien sûr, il y avait cette excuse, la cavale, mais Sheela ignorait tout de ça, du moins c'est ce qu'il pensait. Alors pourquoi ne le blâmait-elle pas ? Pourquoi ne l'encourageait-elle pas à partir le plus loin possible d'elle ?

« Si tu… C’est quand tu n’es plus là que je suis détruite… Le seul mal que m’a causé notre rencontre, c’est notre séparation… »

Là était sa, ses réponses. Et en voyant ce sourire déchirant étirer les lèvres de la jeune femme, il ne put s'empêcher de franchir les quelques pas qui les séparaient, son regard incapable de quitter le sien.

« Tu m'as offert bien plus d'étoiles que tu n'en as conscience.. »

Jusqu'à ces mots. Ces paroles qui le troublent, le changent sans même qu'il ne s'en rende compte. Ces mots qui lui font poser les yeux sur les lèvres de Sheela, l'espace d'un instant court mais pourtant trop long pour être ignoré.
Alors, replongeant dans ses yeux, il esquissa un sourire, encadrant délicatement le visage de la jeune indienne de ses mains, pour en essuyer les larmes. Non, pour la toucher, pour sentir sa peau contre la sienne comme il aurait aimé sentir son corps se lover contre le sien. Mais la serrer dans ses bras voulait dire cesser de la regarder, et en cet instant, c'était ça qu'il désirait le plus. La regarder, inscrire chaque détail dans sa mémoire, pour ne plus jamais oublier ce qu'il ressentait, ressentirait certainement toujours, pour elle.

« Je...je ne partirais plus jamais... pas sans toi... »

Et en parlant, il retirait ses mains des joues humides de la renarde, les faisant glisser le long de ses bras jusqu'à prendre ses mains dans les siennes, entremêlant ses doigts aux siens.

« Tu... Je...Je t'... »

Mais les mots restèrent coincés dans sa gorge, encore. Ça, il ne pouvait se résoudre à le dire à voix haute, à l'avouer et se l'avouer. Ça il n'avait pas le courage de le formuler, comme s'il ne s'en sentait pas le droit, plus le droit. Alors, à la place, il ferma les yeux en venant doucement appuyer son front sur celui de Sheela, laissant échapper dans un souffle.

« Plus jamais sans toi... »





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Sam 25 Juil - 16:57


The Wolf and the Moon

Ses yeux. Elle se souvient l’avoir longuement regardé dans les yeux, la première fois qu’ils se sont rencontrés. Et aujourd’hui, c’est à la fois pareil et complètement différent. Elle sent ses mains se poser sur ses joues, c’est doux comme une caresse. Elle entend une drôle de musique dans sa tête, la musique qu’on peut entendre lorsqu’on place un coquillage contre son oreille. Son sourire irradie d’une douce chaleur, c’est un sourire contagieux.

« Je...je ne partirais plus jamais... pas sans toi... »

Les larmes lui montent de nouveau aux yeux. Mais est-ce si mal, au fond, de pleurer ? De laisser ses émotions remonter à la surface, plutôt que de les étouffer jusqu’à devenir roc fissuré. Des frissons parcourent ses bras alors que James les effleure de ses doigts, venant les lier aux siens. C’est comme une promesse, une promesse que le fil qui les réunit existe réellement et qu’il demeurera. « Pour toujours ».

« Tu... Je...Je t'... »

Elle y croit de nouveau, Sheela. Elle croit de nouveau que « pour toujours » n’est pas un mythe. Mais cette fois, elle est prête à défendre ce « pour toujours ». Elle ferme les yeux lorsque leurs deux fronts entrent en contact, les larmes qui bordaient ses cils se décidant à chuter vers le sol.

« Plus jamais sans toi... »

Elle se sent à l’abri, elle se sent invulnérable. C’est peut-être mal ce qu’ils font. Se couper du reste du monde, n’être plus que deux. S’ils se retrouvent séparés, que restera-t-il ? Plus rien, plus rien du tout. Pourquoi a-t-elle l’impression que rien n’avait d’importance avant James ? S’ils ne s’étaient pas rencontrés, aurait-elle poursuivi dans sa non-existence sans même s’en rendre compte ? Leurs doigts encore entrelacés, elle fait remonter leurs mains vers son cœur.

« Elle a disparu… la déchirure… »

On a réparé son cœur. On a pris un fil et une aiguille, et on l’a raccommodé. La douleur est partie, elle le sent. Elle est si légère à présent, après des mois de chagrin plus lourd qu’un bloc de béton. Un petit rire secoue sa cage thoracique. Le vent se met à tournoyer autour d’eux, sans même qu’elle s’en rende compte. Elle est aveuglée par son bonheur, aveuglée par l’espoir revenu. Elle s’éloigne un peu, juste assez pour pouvoir le regarder de nouveau dans les yeux.

« M-même si on est séparé encore une fois je… Je viendrai te chercher. »

Il n’y a plus d’hésitation, plus de doute ni d’amertume. Maintenant, elle sait.
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James Reilly

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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Dim 26 Juil - 16:19







Front contre front, James gardait les yeux fermer. Il s’imprégnait de l'odeur de Sheela, de ce parfum qui était le plus enivrant qu'il eut jamais sentit. En cet instant, il savait que plus un jour loin d'elle ne lui serait supportable. La toucher, la sentir, la voir, c'était et serait son unique façon de respirer librement. Plus rien ne pesait sur ses épaules, ni sa tante, ni son héritage, il n'y avait que la léger té de ce moment qui pourtant marquait sa vie à jamais.
Et puis il sentit le battement du cœur de Sheela sous leur main. Un battement solide émanant de cet organe si fragile qu'il avait trouvé le moyen de briser.

« Elle a disparu...la déchirure... »  

Puis leurs fronts se séparèrent, et ses yeux se rouvrirent pour se plonger dans le visage de la renarde. C'était comme s'il la voyait vraiment pour la première fois, avec ses yeux rougis par les larmes qui baignaient ses joues. Et il la trouvait belle. Oh certes, il l'avait toujours trouvée jolie, mignonne, mais là elle était belle. Il n'aurait pas sut dire pourquoi maintenant plus qu'avant, il n'aurait sut avouer, pas à ce moment, que c'était parce qu'il comprenait enfin ce qu'elle éveillait en lui qu'il pouvait enfin la voir pour tout ce qu'elle était, et que ce tout était d'un beauté qu'il n'avait encore jamais rencontré.

« M-même si on est séparé encore une fois je… Je viendrai te chercher. »

Ce fut à son tour d'être secoué par un léger rire, un sourire sonore qui illumina soudainement son visage. Avec ces mots, Sheela venait de réduire son monde, tout son univers, à une seule personne, elle. Et lui qui avait toujours été libre, toujours été assoiffé d'espace, s'en voyait étrangement comblé. Car à quoi pouvait bien rimer un monde infini s'il ne pouvait le partager avec elle et elle seule ?

Puis une odeur passa, légère, lointaine, une odeur familière, celle du sang. Loin d'eux, un kilomètre peut-être, un groupe de coyotes venait de tuer un faon. Alors une ombre passa sur son visage, car cette simple odeur le ramenait à une réalité sinistre. Toutes ces émotions, si intenses, si pures, lui en avait fait oublier un détail dont cette simple odeur avait suffit à lui rappeler l'importance.
Elle ne savait pas. Elle ignorait ce qu'il était, ce qu'il devenait inexorablement au fil du temps. Comment aurait-elle put savoir ? Leur temps ensemble avait été trop court, il n'avait jamais trouvé le temps, ou le courage, de lui avouer sa nature, de lui dire que ce qu'elle voyait de lui n'était que la moitié de lui même. De lui dire qu'il était non seulement un monstre pour le monde des Hommes, mais aussi un monstre au sein des monstres.
Pourtant, d'une façon ou d'une autre, il savait qu'elle l'accepterait, qu'elle ne le regarderait ni avec crainte ni avec dégoût. Ou du moins il l'espérait, le souhaitait si fort qu'il se persuadait que c'était une évidence. Une évidence qui ne retirait rien à la délicatesse de la situation.
Il lui fallait lui faire croire en l'impossible, lui faire accepter les légendes et les contes tout en la persuadant que ni lui, ni ses semblables n'étaient des monstres assoiffés de violence et sang. Et après cela, il devrait lui expliquer ce qu'il était lui en particulier, un genre à part, accompagné d'une horreur qui lui était propre, d'une fatalité qui parmi tout les loup n'était que la sienne.

Pas ce jour. Ils avaient déjà bien assez à surmonter, suffisamment de sentiments à assimiler, à comprendre. Mais il se fit la promesse de tout lui dire, bientôt, très bientôt. Et cette décision fit naître un nouveau sourire sur ses lèvres. Car il savait que ce n'était pas l'une de ces promesses que l'on se fait à soit même pour repousser l'inévitable un peu plus longtemps. Celle là il la tiendrait, simplement parce que l'idée de lui cacher quelque chose lui était bien plus insupportable que celle de devoir surmonter quelques difficultés pour qu'elle l'accepte.
Alors pour tout nouvelle réponse, il sépara ses mains de celle de Sheela afin de pouvoir en poser une sur sa hanche et l'autre sur sa joue, comblant d'un pas l'espace qui les séparait de nouveau, et lentement, religieusement, il pencha son visage vers le sien, pour poser sur ses lèvres un baiser qu'il, se rendait-il compte, retenait depuis le jour où il l'avait connut.





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Mar 28 Juil - 0:03


A Thousand Years

Ils rient, ils rient de ce malheur qui les accablait et qui semble n’être plus qu’un lointain souvenir. Ils rient des dangers qui les attendent, ils rient des obstacles à franchir, ils rient parce qu’en cet instant, deux devient infini. Deux permet l’impossible. Deux ailes pour s’envoler. Deux mains qui se lient pour affronter tous les orages.

Pourtant, quelque chose lui vient en tête. Quelque chose qui ébranle un peu cet écran de rire derrière lequel ils se sont cachés. Un secret. Son regard se perd dans l’incertitude alors qu’elle se demande… Comment le lui annoncer ? Elle n’a jamais été confrontée à cette situation. Ce n’est pas une question de confiance, non, elle sait que James l’acceptera toujours, quoi qu’elle soit. Mais comment faire ? Qu’est-il prêt à comprendre, qu’est-il prêt à entendre ? Le vent bruisse dans les feuilles tout autour d’eux. Et elle sent que le moment n’est pas encore venu.

C’est simple. Tout est si simple à présent. Maintenant qu’elle n’est plus seule. C’est une impression étrange, de pouvoir se laisser transporter à l’autre bout du monde sans crainte mais aussi avoir le cran d’aller à contre-courant, de se battre sans relâche pour le retrouver. Jusqu’à ne plus avoir de force, quoiqu’elle ne soit pas certaine que ce soit suffisant pour abandonner. C’est un lâcher prise et une guerre. C’est une aventure.

Leurs mains se séparent sans qu’elle comprenne vraiment pourquoi, peut-être pensait-elle qu’ils resteraient ainsi pour toujours. Et puis, comme s’il l’invitait à danser, le jeune loup pose une main sur sa hanche. Suivant le mouvement, elle agrippe doucement son épaule, c’est comme une réponse instinctive. Un écho, un accord. Une harmonie.

S’y attendait-elle ou non ? Elle ne saurait le dire. Le trouble qu’elle ressent est trop bref, il s’évanouit aussitôt. Elle ferme les yeux. Cette sensation est déconcertante, pourtant elle ne songe même pas un instant à rompre le contact. Pourquoi est-ce différent ? C’est comme une explosion. Lorsque leurs fronts étaient posés l’un contre l’autre, c’était doux aussi. Mais ce n’était pas pareil. D’irrépressibles frissons parcourent sa nuque alors qu’elle effleure ses lèvres, tantôt doucement, tantôt en appuyant un peu plus fort. Elle a l’impression d’être emplie d’un calme sourd et que le temps s’est arrêté. Elle a l’impression que son cœur est un papillon aux battements d’ailes désordonnés et que le temps va à une vitesse vertigineuse.

Elle ne sait plus qui a fini par rompre le baiser. Peut-être elle, peut-être lui, peut-être les deux. Peut-être s’est-il éteint naturellement, comme une flamme en manque d’oxygène, la laissant complètement désorientée. Son regard cherche une accroche quelque part. Pourquoi se sent-elle si atrocement gênée ? Une grimace, comme une moitié de sourire, étire ses lèvres. Elle est à la fois heureuse et perdue. Ses joues lui paraissent brûlantes, elle voudrait se cacher quelque part. C’est complètement ridicule.

Et puis il se met à pleuvoir. Elle lève les yeux vers le feuillage des arbres au-dessus d’eux alors que les premières gouttes se mettent à clapoter sur son visage. C’est comme une échappatoire. Une porte pour éviter quelques instants, non pas James, mais ces sentiments dont elle n’avait pas conscience.
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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Mer 29 Juil - 19:42







Des baisers, il en avait connut, pas beaucoup, mais juste assez pour savoir que celui-ci était comme aucun autre. Les lèvres qui se pressaient contre les siennes, répondant à son audace, étaient les dernières qu'il voudrait jamais sentir, goûter. Ce n'était pas une certitude, c'était une vérité, aussi absolue que le soleil se levant à l'Est, ou que la pleine lune réveillant la faim. Plus absolue, comme si ce moment, cet acte précis, avait renversé les fondements de l'univers pour en faire naitre un nouveau, pour créer un monde dont ils étaient les deux seuls êtres vivants, et qui n'existait que parce qu'ils le partageaient.
Et le baiser pris fin. Comme ça, naturellement, parce qu'il voulait la regarder, aussi fort qu'il voulait le prolonger. Mais ce qu'il vit, ce fut la confusion, et non pas la sérénité qui l'habitait lui. Le regard de Sheela semblait chercher une ancre, un point auquel se raccrocher, tandis que le sien ne pouvait plus se décrocher d'elle. Alors ce fut le doute. Avait-il été trop loin ? Avait-il présumé plus qu'il ne l'aurait dut ? Avait-il gâcher ce qu'ils venaient de retrouver en y projetant son propre désir ? Son désir propre ?

« Je... »

La pluie tomba, d'abord quelques gouttes, rares, parsemées, annonçant la venue précipitée de leurs sœurs. Et sans erreur elles arrivèrent, formant cette pluie lourde, torrentielle, que sont les pluies d'été. Les gouttes épaisses, tièdes, s'écrasant sur leurs visages, imprégnant leurs vêtements en moins de temps qu'il n'en fallut à James pour réagir. Mais réagir comment ?
Au fond il aimait ça, pas si au fond que ça d'ailleurs. Il avait toujours aimer rester sous la pluie, plus particulièrement dans la forêt. Avec elle s'éveillaient milles et unes odeurs qui lui donnaient l'impression d'être chez lui. Non pas comme un humain l'entendrait, mais comme l'homme-loup, le loup-homme qu'il était.
Il n'hésita que quelques secondes, avant de saisir la main de Sheela et de l’entraîner jusqu'à leur arbre, à l'abri sous un bout du sol de leur cabane, celle qu'il avait gâchée.
Ce ne fut qu'une fois abrité qu'il se rendit compte qu'il était trempé jusqu'à l'os. Pas une parcelle de ses vêtements n'étaient encore secs. Pas plus son jean aux genoux troués par l'usure que le débardeur blanc dont la transparence nouvelle ne cachait plus grand chose de son torse.
Et il se mit à rire, comme un enfant, le regard perdu vers la pluie. Il tendit une main sous un épais filet d'eau dégoulinant de leur cabane juste devant lui, avant de passer les deux dans ses cheveux pour les ramener en arrière.
Ce n'est qu'alors qu'il redirigea son regard vers Sheela, laissant échapper un léger soupir pour mettre fin à ses éclats de rire. Un instant, son cœur se serra, il avait des fourmis dans l'estomac. Elle était belle, encore, toujours. Il voulut la prendre dans ses bras, la serrer contre lui et picorer ses lèvres. Il s'abstint.

« Je suis désolé... Je n'aurais pas dut. »

Il esquissa un sourire, bref, mais reprit avant qu'elle n'ai le temps de l'interrompre.

« Enfin pas comme ça, pas maintenant. Je recommencerai... un jour, peut-être... si tu veux bien. Mais là... je... on se retrouve... c'est comme tricher. »

À ces mots il baissa les yeux, honteux. Même si elle le lui avait rendu, il savait que ce baiser avait été volé, qu'il leur avait volé leur premier baiser. Et ça, même s'il devait y en avoir d'autre, jamais il ne pourrait le lui rendre.  





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Ven 31 Juil - 18:06


Believe me

La pluie. La pluie tombe sur elle, tombe sur eux. Alors Sheela pense à la pluie. Elle a toujours aimé la pluie. Le son, l’odeur, la sensation. Elle a l’impression d’entendre la pluie pour la première fois depuis longtemps. La pluie était là, mais elle ne la ressentait plus. Elle ne ressentait plus rien. En cet instant, Sheela est heureuse. Elle a l’impression d’être libre, le vent s’engouffre dans ses cheveux, comme un animal qui quémande des caresses après de longues journées de solitude. Ce vent qui l’a protégée du monde quand elle était la plus vulnérable. Ce même vent qui, à présent, la délivre. Sheela est un papillon. Elle comprend un peu mieux le vent maintenant.

Ses jambes se mettent en mouvement quand James l’entraîne à l’abri. Elle est un peu surprise d’être ainsi sortie de sa rêverie. Mais elle a confiance en lui, alors elle se laisse faire. Ils se retrouvent sous leur cabane sans toit. Enfin, avec une moitié de toit à présent. Elle cligne des yeux, se rendant subitement compte qu’ils sont tous les deux trempés comme des soupes. Elle ne pensait pas qu’ils étaient restés aussi longtemps sous la pluie. Elle se met à rire sans pouvoir s’arrêter, le rire de James se mêlant au sien.

Elle remarque que ses cheveux commencent à boucler à cause de la pluie. Elle les essore vaguement avant de les laisser retomber sur son épaule. Et puis elle regarde James. Elle regarde l’eau qui se dépose dans le creux de sa main en faisant des éclaboussures. Elle le regarde remettre de l’ordre dans ses cheveux, enfin pas vraiment, c’est une tentative plutôt ratée. Mais ce n’est pas grave, elle l’aime comme ça. Avec les cheveux en bataille et le regard un peu partout à la fois. Elle se souvient de la première fois qu’elle l’a dessiné, frénétiquement, comme pour être sûre d’avoir en mémoire le moindre détail de sa personne. Par peur d’oublier, par peur qu’il n’ait jamais réellement existé.

« Je suis désolé... Je n'aurais pas dut. »

Elle sait de quoi il parle. Elle aurait préféré ne pas savoir, se demander un instant où il voulait en venir. Mais l’image s’impose aussitôt dans son esprit, la faisant rougir de plus belle.

« Enfin pas comme ça, pas maintenant. Je recommencerai... un jour, peut-être... si tu veux bien. Mais là... je... on se retrouve... c'est comme tricher. »

C’est dur d’expliquer ce qu’elle ressent. C’est trop complexe, trop abstrait. C’est un mélange d’émotions, par petites touches ou par pots de peinture. A-t-elle le droit de ne rien dire ? Non, elle ne peut pas. Elle ne peut pas faire comme si James n’avait pas besoin d’explication, comme s’il comprenait tout d’un battement de cils. Même s’ils sont liés, ils n’en restent pas moins deux. Deux esprits accolés, auxquels le moindre coup peut faire souffrir milles morts. Elle ne veut pas faire souffrir James. Pas encore. Elle attrape sa main, du bout des doigts. Un contact puisqu’elle est incapable de le regarder dans les yeux.

« Je… J’ai du mal à expliquer… »

Sa voix est basse, presque aussi basse que le clapotis des gouttes de pluie. Elle prend une inspiration. Elle essaye de réfléchir, de mettre de l’ordre dans ses pensées, mais il est là, et sa présence la paralyse autant qu’elle lui donne envie d’avancer.

« Je me sens obligée de mettre des mots sur… sur ce que je ressens. Et je n’y arrive pas… »

Elle en pleurerait presque, d’impuissance. Son esprit est emmêlé.

« J’ai l’impression qu’aucun mot ne pourra être juste. »

Soudainement, elle comprend. A-t-elle vraiment besoin que ses sentiments soient clairs ? Elle pose de nouveau son regard sur l’homme loup. Ce qu’elle ressent est terriblement flou. Terriblement fou aussi. Indescriptible. Changeant. C’est peut-être pour ça qu’on parle de sentiments au pluriel. Une chose est sûre, et elle décrète que ça lui suffit : ces sentiments existent.

Elle avance un peu, Sheela, elle avance vers lui. Elle se met sur la pointe des pieds et, avec une douceur infinie, elle dépose un baiser sur sa joue. C’est sa façon à elle de montrer ce qu’elle ressent.
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James Reilly

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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Dim 2 Aoû - 9:49







« Je... J'ai du mal à expliquer... »

Il regarde la main qui saisit la sienne, son cœur cœur semble s'arrêter, sa respiration ne fait pas que le paraître. Il est en suspend. Est-ce l'instinct, ou bien simplement la peur qui lui susurre ce qui est à venir ? Peu importe, la prédiction est exacte.
D'abord viennent les paroles confuses, hésitantes. Elle cherche des mots plus justes que ceux qui lui viennent. Il connaît ça, il le fait depuis le début de ces retrouvailles.

« Je me sens obligée de mettre des mots sur...sur ce que je ressens. Et je n'y arrive pas... J'ai l'impression qu'aucun mots ne sera juste... »

Obligée. Ce mot là est précis, trop. Bientôt suivront les explications, il le pressent. Milles et une justifications pour lui dire que oui, mais non. Cette certitude de ce qui est à venir brise le lien qui unissait son regard à leurs mains. Désormais il est dirigé vers l'avant, vers la forêt.
Il a envie de fuir, de courir comme il le faisait avant. Il se sent serré soudain, oppressé. Par ses chaussures, ses vêtements, cet instant. Il voudrait tout arracher. Hurler aussi, hurler une déchirure que rien encore n'a provoqué.
Et puis, comme une caresse délicate, un baiser vient se poser sur sa joue, laissant dessus une brulure invisible. Un baiser d'enfant ou de parent, qui dessine sur les lèvres de James un sourire furtif, doux et pourtant teinté d'amertume.
LE silence qui s'en suit est long, pesant. Du moins c'est ce qui lui semble. Mais c'est un temps d'arrêt dont il a besoin, que son esprit, comme son cœur, réclame.
L'a-t-il lu ou entendu ? Cette phrase, presque dogmatique, qui dit que l'orsqu'on en vient au sentiments, l'incertitude et en réalité la certitude d'un non que l'on se refuse à admettre ? Peu importe, c'est la seule chose qui lui vient à l'esprit, d'abord. Peu importe aussi que ce soit pour se protéger elle ou le protéger lui.
Il sent les doigts de Sheela devenir plus chauds sur sa main. Non. C'est sa main qui devient plus froide. Il réalise que tout son corps veut fuir, si bien que le sang afflux dans ses jambes.
Soudain un frisson le parcours, un sursaut vraiment. Il réalise. Il ne veut pas la fuir, il veut s'échapper à lui même. Pourquoi irait-il, après tout ce qu'il lui a déjà fait, lui reprocher une faute qui n'est que la sienne. Il l'aime, oui, et alors ? Ce n'est que son égoïsme qui exige qu'elle ressente la même chose. Et cette part de lui n'a pas sa place dans cette relation. Elle ne l'a jamais eut, elle ne l'aura jamais. Il ne le permettra pas.

« Tu..n'as rien à expliquer. Jamais...pas à moi. »

Les mots sont sortis difficilement. Mais par eux il scelle un pacte avec lui-même. Il n'exigera jamais rien. Pas de réponse à ses questions, pas le même amour que celui qu'il ressent. Cette fêlure qui faire pleurer son âme et son cœur à l'unisson sera son seul et unique secret pour elle. Cette douleur, légère, que la seule présence de l'indienne suffit à apaiser, il l'endurera, sans ciller, jusqu'à ce que, un jour peut-être, elle s'atténue jusqu'à ne plus être que l'écho d'un temps où il pensait mériter plus que ce la vie lui doit vraiment.

« C'est mon erreur, pas la tienne. »

Enfin James ose la regarder de nouveau, et le sourire qu'il lui offre, s'il n'est pas éclatant, ne recèle plus trace d'amertume. Cette décision qu'il a prise l'a libéré de ce carcan futile qu'il était le seul à s'être imposé.
Débarrassé de ce poids, il se laisse aller, s'adossant au tronc en poussant un soupir sonore.

« Et bien... quelle journée... »

Et il rit, légèrement, sans éclat. En effet quelle journée. Rarement il en a vécut d'aussi intense. Jamais ses sentiments ne l'avait soumis à si rude épreuve. Un véritable ouragan qui a emporté sur son passage autant de certitudes que de folies passagères. Mais au fond il en est heureux, presque reconnaissant. Car depuis l'instant où il a posé ses yeux sur Sheela, depuis le début de ces retrouvailles mouvementées, il ne s'est pas inquiété une seconde pour le sort de sa tante, mère, peu importe. Aussi éprouvante que puisse être cette fin d’après-midi, elle allégeait son fardeau d'un poid qu'il a bien du mal à endurer, qu'il n'a jamais voulu enduré.





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MessageSujet: Re: Do you remember ? [PV Sheela Yasunari]   Mar 1 Sep - 19:52


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« Tu..n'as rien à expliquer. Jamais...pas à moi. »

Elle ne comprend pas. C’est comme s’il ne se sentait pas important, comme s’il avait l’impression de ne pas avoir le droit d’exister. Mais comment peut-il ressentir cela, alors qu’il est son monde ? Et les mots de l’indienne restent bloqués au fond de sa gorge. Elle cherche une solution quelque part, sur son visage, sur sa main toujours serrée dans la sienne. Mais rien ne vient. Et James semble s’enfoncer de plus en plus dans sa tristesse.

« C'est mon erreur, pas la tienne. »

Peut-être n’est-il pas triste. Peut-être est-il simplement… résigné ? Mais résigné à quoi, alors qu’elle-même ne sait pas avec exactitude où elle en est ? Elle est triste, en colère, désespérée, elle voudrait le rattraper dans cette chute qu’il s’impose. Arrête. Laisse-moi le temps de… Tout va toujours trop vite pour Sheela. La panique l’empêche de réfléchir.

« Et bien... quelle journée... »

Est-ce déjà trop tard ? Y a-t-il un moyen de faire machine arrière ? Le regard brun de la jeune fille est totalement désemparé. Elle lâche la main de James et recule doucement, se retrouvant de nouveau sous la pluie. Elle s’en moque. Furtivement, elle se cache de l’autre côté de l’arbre. Là, elle appuie son dos contre l’écorce, l’extrémité de ses doigts s’accrochant aux crevasses sillonnant le tronc. Elle a envie de pleurer. Elle a peur. Au fond d’elle, elle a tellement peur de ces sentiments. Elle ne veut pas mettre de mots dessus, elle se dit que c’est impossible. Elle n’arrive plus à se reconnaître, elle qui a passé tant de temps à esquiver son reflet. Comment se retrouver quand on a cherché à disparaître ?

Elle a peur, et elle a honte aussi. Elle ne sait pas pourquoi elle a honte, d’où vient ce sentiment de gêne tellement intense qu’il l’empêche de lui faire face. Ce besoin de détourner le regard. Ce courage qui ne vient pas. Pourtant, elle en a besoin. De courage. Alors elle force sur sa voix, pour ne plus pouvoir reculer. Elle s’élance et elle saute dans l’océan.

« Ce que je voulais dire… »

Elle est étonnée d’entendre sa voix si distinctement. Son souffle se coupe, mais elle s’efforce de ne pas relâcher la pression. Si elle s’arrête maintenant, elle ne pourra pas continuer, elle le sent.

« Ce que je voulais dire, c’est que… Je… Je veux bien que tu… recommences. »

Ses mains quittent l’écorce rassurante pour se plaquer sur son visage. Lui avouer ça, c’est tellement compliqué. Il ne doit rien comprendre, mais elle ne sait pas comment faire.

« Enfin, pas tout de suite mais. Je. »

Le rythme est cassé à présent. Les mots lui échappent de nouveau, comme s’ils se moquaient d’elle. Est-ce qu’elle est amoureuse ? Est-ce qu’elle a le droit d’utiliser ce mot ? Tout ce qu’elle sait, c’est qu’elle voudrait être à ses côtés pour toujours. L’amour est censé être le sentiment le plus fort de tous, non ? Mais est-ce qu’il est possible que ce soit quelque chose d’encore plus fort que de l’amour ?
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