Teen Wolf RPG
Alpha, Beta ou Oméga, et vous que choisirez-vous ?


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 Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]

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MessageSujet: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Sam 23 Nov - 11:40





Je colle, tu colles, on colle.

J’étais de très mauvaise humeur. Et cela n’était pas uniquement dû au sale temps qu’il faisait dehors. Je crois que j’allais finir par faire un meurtre dans ce collège. Harris et sa manie de coller à tour de bras ! Il ne supportait pas les élèves. Il n’acceptait pas la faiblesse de leur niveau ou leur lenteur à comprendre les subtilités de la chimie. Ce gars était brillant et n’avait en fait pas sa place en lycée. Une obscure affaire l’avait contraint à se rabattre sur l’enseignement en lycée. Mais il était largement surqualifié pour le poste. S’ennuyant à expliquer ce qu’il considérait comme le B A Ba de la chimie. Alors qu’en fait c’était juste le programme normal, avec la bonne difficulté vu le degré de connaissances des élèves. Mais Harris n’en avait que faire et défoulait sa frustration sur les élèves. Les poussant à bout. A un âge, où souvent on se cherche, les jeunes répondaient et… remplissaient les salles d’heure de colle.

J’avais bien une fois tenté de lui suggérer qu’avec le niveau qu’il avait, il pouvait justement expliquer les choses de façon plus simple. « Je n’ai pas à m’adapter à leur nullité ! » S’était-il écrié. Au lieu de s’adapter, ses cours étaient certes justes, mais abordable pour des élèves de faculté, pas ceux du lycée. Seuls ceux qui étaient en avance, arrivaient à suivre.

Pour l’heure je ne décolérais pas, car Môssieur–heure-de-colle avait encore sévit et comble de suffisance, m’avait balancé ses heures à faire, sous prétexte qu’il avait une conférence sur de la chimie organique le soir même et serait indisponible pour rester au lycée. Ben ! Fallait pas les coller crétin ! Je n’avais rien vu venir, car je n’avais pas mes dons en éveils sur les futurs probables. Surtout que l’on était dans un moment de calme. J’essayais donc de vivre comme tout le monde : sans savoir ce qu’il va m’arriver dans les minutes qui suivent. Le souci est que je voulais faire une surprise à Alexis et le choper à la fin de ses cours. J’aimais bien arriver à l’improviste et il appréciait. A l’inverse, je jouais le jeu en mettant en sommeil mes dons,  pour que lui-même puisse faire de même. Avec rage, j’envoyais un texto à mon chasseur préféré lui disant que j’étais collée… Même si ce n’était pas moi qui avait été punie, cela revenait au même.

J’allais dans la salle des profs prendre la feuille de colle. Un seul nom de noté. Tiens un nouveau ? Et déjà collé ! Soit il avait une tête qui ne revenait pas à Harris, soit c’était une forte tête. Je priais pour la première option. Je n’étais pas l’humeur à supporter un ado en mode rebelle. Pendant que je marchais dans les couloirs en direction de la salle de colle, je repensais à l’heure de colle avec Miyavi. Ma panthère avait presque fait sortir son kanima. J’eus un petit sourire. Peut-être que le nouveau avait quelque chose d’intéressant à cacher lui aussi. Cela rendrait cette heure moins ennuyeuse, voir même intéressante et utile. Je faillis laisser venir à moi les visions des futurs. Puis me retint. Tout compte fait, ce n’était pas si mal de ne pas savoir à l’avance. Cela donnait un peu de piquant à la vie. C’est calmée que je bifurquais dans le couloir des sciences. Alors voir à quoi ressemble ce Scott McCall.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Dim 24 Nov - 7:05




« imagination is more important than knowledge »

L’impression subsistante que quelque chose de mauvais pourrait se dérouler à tout moment ne semblait pas pouvoir quitter mon esprit. Tout semblait tellement éphémère autour de moi et je ne savais plus quoi penser. Le sacrifice que j’ai fait il y a quelques temps commençait à avoir une emprise sur moi que je ne pourrais bientôt plus nier. Je me réveillais souvent le visage et les dents recouverts de sang et ce n’était plus seulement lorsque le rond lunaire était complet et opaque dans le ciel : cela se répétait de plus en plus souvent. Je devrais prévenir Stiles. Avec de la chance, peut-être ne s’est-il pas débarrassé de ces vingt kilomètres de chaînes qui traînaient en permanence dans son casier. Je pourrais presque en rire. Non sérieusement, je m’étais promis de devenir une meilleure personne, un meilleur ami et un meilleur étudiant. Je ne peux pas laisser cette «part de noirceur» envahir mon cœur et je dois simplement apprendre à vivre avec comme me l’a dit Deaton.

La pluie tapante aurait pu me mettre en rogne, mais je n’avais rien d’autre que des bonnes résolutions en montant ma motocyclette ce matin et en me dirigeant vers le lycée. La pluie coulait sur la visière de mon casque et la visibilité des routes était extrêmement mauvaise pour quiconque ne possédait pas des dons surnaturels. Je pensais tout en conduisant à mon examen de chimie que je devrais passer dans une demi-heure à peine et je me faisais un court résumé des configurations électroniques et des orbitales propres à la chimie générale. Tentant de me souvenir de ne pas oublier de garder la symétrie sphérique dans mes éléments de transition, je stationnais mon véhicule près des motos flambant neuves. La mienne jurait un peu en comparaison de par sa couleur verte éclatante, mais elle avait beaucoup de valeur à mes yeux. Après tout, j’avais trimé dur pour pouvoir me la payer.

Je rentrais dans le lycée et me dirigeais rapidement vers mon casier où je rangeais ma veste complètement trempée et prit mon manuel sur mon étagère. La cloche sonna pour nous rappeler que le cours commencerait dans quelques minutes et je restais comme habituellement impassible à ce son strident qui venait me briser les tympans. Puis je me dirigeais vers le laboratoire avec l’intention de retourner à mon habituelle place auprès de mon meilleur ami pour me rendre compte finalement de son absence. Je demandais à quelques personnes si elles l’avaient vu et je ne reçus rien d’autre que des haussements d’épaules. Tout ce que je pouvais espérer était qu’il n’allait pas aussi mal que moi présentement.

Je sortis de mes pensées pour me concentrer sur l’examen qu’Harris nous remettait. Recevant le document de trois pages, je ne pouvais m’empêcher de le manipuler avec nervosité entre mes doigts : j’avais beaucoup révisé et j’espérais bien obtenir une bonne note. Lorsque le professeur donna le signal, je retournais rapidement ma copie et quelle ne fut pas ma surprise en voyant d’étranges diagrammes et des figures qui ne me disaient absolument rien. Quel imbécile ! Je n’avais révisé que le contenu des derniers cours auxquels j’avais assisté qui devaient dater... peut-être du mois dernier. J’avais raté beaucoup de choses du point de vue scolaire dans ma poursuite au kanima qui avait sévi en ville dernièrement et les choses ne s’étaient pas arrangées par la suite avec l’arrivée du grand-père d’Allison.

Je tentais donc de remplir le plus possible les lignes et les cases en dessinant des assemblages douteux de molécules et en établissant des théories fantaisistes sur les électrons de valence qui pourraient peut-être me donner un ou deux points... peut-être pas. Harris me regardait et il savait tout aussi bien de moi que je n’avais aucune idée de ce que je faisais, mais je fis semblant d’être profondément concentré, tentant de me rappeler du dessin sur mon manuel de l’hybride de résonance du SO2.

«Toutes les mauvaises choses ont une fin» et une chance. Le son de la cloche agressante vint marquer la fin de mon calvaire et j’ajoutais précipitamment deux ou trois phrases sur la définition d’électronégativité en espérant peut-être effleurer maladroitement le vrai concept. Je remis ma feuille à Harris qui la regarda avec la même expression que l’on faisait en voyant quelque chose de particulièrement répugnant.

-L’imagination est plus importante que la connaissance, dis-je en faisant mon plus beau sourire.

Bien évidemment s’ensuit ce qui devait s’ensuivre : une heure de colle. J’ai vraiment passé trop de temps avec Stiles ces jours-ci : il commence à déteindre sur moi.

***

Je rentrais dans la salle de chimie plus tard et remarquait avec surprise qu’Harris ne lisait pas son éternelle revue scientifique en sirotant sa tasse de café et en me mandant de copier le chapitre sur lequel on avait étudié durant les vingt-cinq cours précédents. Il n’était même pas là, lui habituellement si pointilleux sur ses heures de retenues... Je m’assis sur ma chaise et ouvris mon manuel pour commencer à rattraper mon retard, passant ma main dans mes cheveux foncés en grimaçant à chaque trois mots. Tiens, je pense avoir eu cela bon... O est bien le symbole chimique de l’oxygène...

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Dim 24 Nov - 20:37





Savoir et maitrise

Un éclair zébra le ciel quand j’ouvris la porte de la classe. L’électricité dans l’air faisait gonfler mes cheveux. Entrée fracassante, digne d’un film de série B. Je vis l’élève qui fit des yeux ronds quand il me vit entrer. Hum, cela sentait le loup ici. Tout compte fait cette heure de colle allait peut-être devenir intéressante. J’avais marqué une pause à mon entrée. Autant poursuivre dans le thème. Après un léger haussement de sourcil vers le jeune collé, je m’avançais vers le bureau réservé au professeur. Au lieu de m’assoir derrière, je pris appuis sur l’avant du bureau, scrutant l’élève.

« -Monsieur Scott McCall, je suppose ? »

Le jeune homme acquiesça. Visiblement surpris de me voir. Il s’attendait évidement à cet éminent sadique qu’est Harris.

« - Le professeur Harris n’était pas disponible. Il m’a donc refil… euh ! J’ai l’immense joie de le remplacer. Je suis le professeur Mafdet Mahes. J’enseigne la chimie et accessoirement d’autres choses…»

Je lui fis un grand sourire. Je ne voulais pas qu’il pense qu’il passait d’un sadique à un autre. Je détaillais un peu le jeune homme. D’allure sportive, une peau mate et de jolis yeux marron. Son aura était particulière. Ce bêta était prometteur. Je notais qu’il avait déjà ouvert son manuel. Il avait donc commencé à travailler seul. Il gagnait un point dans ma notation des jeunes qui s’assument. Je m’avançais donc, pour voir le chapitre qu’il révisait. J’étais dans le mauvais sens, mais je devinais le cours sur la résonance des molécules et autres constructions subatomique.

« - Qu’est qui vous amène en retenue ? Vous me semblez un élève sérieux. Quel défaut Harris a-t-il put vous trouver ou vous inventer ? » Dis-je en souriant.

Difficile de ne pas comprendre, que je ne pouvais pas voir mon cher collègue. L’orage redoubla et la foudre dû tomber pas loin. Je réfléchissais afin de me souvenir si j’avais bien fermé la fenêtre chez moi quand je regardais de nouveau mon élève. Je souris de nouveau. Alala ! Deaton où es-tu passé ? Y a vraiment du boulot pour un druide par ici.

« - Hum, avant qu’on en vienne aux subtilités des molécules lévogyres ou dextrogyres. Je crois que certaines prunelles dorées devraient repasser au marron conventionnel, avant qu’un chasseur ne les voit. »

La foudre l’avait fait sursauter, son loup avait réagi et était sorti sans permission. J’étais assise sur le bureau devant lui et le regardais, un petit sourire en coin.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Lun 25 Nov - 5:19




« i am at the edge of the world »

Je regardais les diagrammes avec une patience infinie et tentait de comprendre comment placer mes doublets libres autour de mes atomes. Les choses devenaient plus faciles au fur et à mesure que le temps passait et je me rendais presque compte que la chimie était tout à fait logique lorsque l’on prenait le temps de la comprendre sans paniquer au premier abord. En fait, ce moment de bonheur que l'on ressentait en comprenant quelque chose de particulièrement difficile n’avait duré que jusqu'au moment où je tournais ma page et que je retombais devant de nouvelles figures qui étaient encore pires que toutes les précédentes réunies. Je me mis à la tâche. Quelques minutes plus tard, un grondement de tonnerre se fit entendre et vint complètement me déconcentrer. Mettant mes mains sur mes oreilles sans y penser à deux fois, je relevais la tête et vit une jeune femme entrer dans la salle de cours. Les cheveux noirs et je crus attraper quelques reflets de ses yeux qui paraissaient être d’un vert éclatant. Elle me regardait droit dans les yeux et cela me surprenait. Harris faisait habituellement tout pour éviter mon regard et «mes yeux de biche» qui ne «comprenaient point la beauté de la chimie et de toutes ses composantes».

« -Monsieur Scott McCall, je suppose ? »

Je hochais la tête sans ajouter quoi que ce soit. L'arrivée de la jeune femme me surprenait et mettait tous mes sens en éveil pour une raison obscure. Mon tatouage me picotait sous ma chemise et j'ignorais cette sensation plus ou moins désagréable pour arborer la figure totalement déconcertée d'un adolescent ne s'attendant point à un changement de situation.

« - Le professeur Harris n’était pas disponible. Il m’a donc refil… euh ! J’ai l’immense joie de le remplacer. Je suis le professeur Mafdet Mahes. J’enseigne la chimie et accessoirement d’autres choses…»

Le nom ne me disait absolument rien, mais je déduisis tout de même assez bien que le professeur avait une conférence de prévue comme habituellement et ne désirait pas la rater, même si cela signifiait perdre l’occasion de faire souffrir un élève à travers une retenue qu’il disait «de longueur proportionnelle à sa stupidité». Il avait certainement refilé à la jeune femme la joie de me surveiller et je ne savais pas trop quoi en penser. Pour le moment, cela ne me mettait pas vraiment à l’aise. Mon cœur battait fort dans ma poitrine, mais je réussis rapidement à le tempérer, serrant les dents alors qu’elle prenait le temps de scruter à la loupe chaque détail de mon corps.

« - Qu’est qui vous amène en retenue ? Vous me semblez un élève sérieux. Quel défaut Harris a-t-il put vous trouver ou vous inventer ? » me demanda-t-elle en souriant.
«- Disons simplement que je n'ai pas été très consciencieux dans mes révisions» fis-je en passant ma main dans mes cheveux.

Je n’aimais franchement pas la tournure que prenait cette heure de colle. La jeune femme brisa le contact visuel pour un moment et je tentais doucement de détendre mes muscles que je sentais tendus. Le ciel devenait plus sombre en cette soirée d’automne et je soupirais : les choses iraient de mal en pis. Depuis quelques temps, j’avais l’impression que même lui se liguait contre moi. La foudre frappa directement comme si elle avait entendu mes pensées et je ne pus m’empêcher de sursauter de nouveau. Madame Mahes le remarqua malheureusement et en semblait presque amusée.

« - Hum, avant qu’on en vienne aux subtilités des molécules lévogyres ou dextrogyres. Je crois que certaines prunelles dorées devraient repasser au marron conventionnel, avant qu’un chasseur ne les voit. »

Elle était assise sur son bureau et continuait de sourire comme si tout cela était parfaitement normal. Quant à moi, mon sang ne fit qu'un tour et je me restais aux aguets. Je me méfiais de sa connaissance de l’existence des chasseurs et je commençais bien à me douter que mon retour dans cette ville ne plaisait pas à tout le monde. Je me levais prestement de mon bureau en me dirigeant vers l’armoire où Harris rangeait tout le matériel de laboratoire et je vis que mes yeux avaient conservé cette lueur dorée habituellement que passagère lorsque je conservais ma forme humaine. J’arrivais heureusement à la chasser bien rapidement, possédant encore pour le moment ce contrôle infaillible sur mon corps, mais je restais sur mes gardes. Je me retournais et lançais un regard plus sévère en direction de l’enseignante.

«-Qu’est-ce que vous me voulez ? » demandais-je, d’un ton plus sombre qui ne ressemblait point avec celui que j'utilisais habituellement au bahut.
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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Lun 25 Nov - 20:21





Be quiet !

Mais c’est qu’il mordrait presque le louveteau ! Il ressemble à un jeune chien foufou. Qui n’arrive pas à maitriser parfaitement ses humeurs.

«-Qu’est-ce que vous me voulez ? » Me dit-il d’un ton brusque.

Je ferme les yeux un instant et me concentre sur ce qu’il dégage. Son aura vacille. Il me semble qu’il est ou plutôt qu’il était capable de faire face à la pleine lune. Là, j’en suis moins sûre. Je sens son loup qui se débat, qui pousse à sortir. Ce jeune arrive à le contenir, mais pour combien de temps ? C’est un bêta, mais je sens une puissante aura latente. Est-ce que ? Cela serait-il possible qu’il puisse s’élever… au rang d’alpha sans avoir à tuer ? Ces alphas purs sont extrêmement rares ! Je crois qu’il va falloir un peu plus que des conseils amicaux dit entre deux formules de chimie. Pour l’instant, je vais devoir apprivoiser ce petit sauvage. Je perçois que l’humain est un type cool. Mais son loup se rebelle. Pourquoi ? Qu’est-il arrivé à ce jeune homme. Je pourrais « regarder » le passé, mais mon instinct me dit de le laisser faire. Parfois trop savoir, complique plus que cela aide. Je laisse donc ma sentinelle de côté et me sert de mes perceptions de druide. Puis si le jeune McCall se décide à me sauter dessus, il se prendra une belle patte griffue dans son joli minois.

« - Moi rien de spécial, j’aurais très bien pu te dire que tu avais une miette au menton. Bien qu’il n’y ait pas de chasseur de miettes…»

Je reste désinvolte. Je sais qu’il est sur ses gardes et qu’il ne me fera pas confiance facilement. Question de survie. L’orage ne faiblit pas. Je le sens réagir à chaque éclair, même s’il se contrôle... Pour l’instant. Plus je le regarde, plus je me dis que son loup n’attendra pas la pleine lune pour se manifester. Il va avoir besoin d’aide. A-t-il quelqu’un pour l’aider ?

« - Hum… Tu ne connaitrais pas un certain Alan Deaton ? C’est un… confrère… Qui est passé je ne sais où pour l’instant. Je vais être franche. Tu vas avoir besoin, soit d’un alpha, soit d’un druide. Voir même les deux. Car, je ne sais pas pourquoi, mais ton loup te submergera avant la pleine lune. »

Et pour qu’il comprenne que je n’avais rien à voir avec les chasseurs, je me rapprochais de lui, laissant mes yeux luire d’un vert émeraude presque pur.

« -Et disons que j'ai quelques cordes en plus par rapport à Deaton. »

Je peux le maitriser en pleine crise, mais il faut régler son problème à la source. Et je sens que cela va être délicat.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Mar 26 Nov - 7:02




« on a scale from one to ten »

Je ne savais absolument rien de qui était cette jeune femme qui ne portait aucunement attention à mes réactions, que ce soit celle d’oxydoréduction à demi-complétée dans mon cahier d’exercices ou celle sur mon visage qui aurait normalement du me valoir un aller-simple chez le proviseur. Rien de tout cela, elle se contentait simplement de garder un calme admirable : je paraissais comme un chien enragé comparativement à la chimiste. Fermant les yeux, elle semblait se concentrer sur quelque chose qui devait indubitablement être moi. Mes sens étaient en éveil et je tentais de faire de même, mais je me heurtais à un mur.

« - Moi rien de spécial, j’aurais très bien pu te dire que tu avais une miette au menton. Bien qu’il n’y ait pas de chasseur de miettes…» fit-elle d’un ton badin.

La remarque ne me fit même pas esquisser le moindre sourire. Bien que nous (Derek & Stiles & Isaac & compagnie) ayons travaillé avec les chasseurs dernièrement dans le but de combattre un ennemi commun, je ne pouvais toujours pas oublier les douloureux moments lorsque mon ancienne petite amie s’était mise en tête de combattre les gens tels que moi. Les choses s'étaient certes arrangées depuis et j’avais confiance en notre avenir et au destin qui nous réunirait un jour, je m’ennuyais toujours cruellement de ses yeux clairs et de ses beaux cheveux brun foncé ainsi que de ces lèvres qui ne souriaient auparavant que pour moi. Madame Mahes semblait cependant lire en moi comme un livre ouvert. Tout ce que je ne disais pas lui était bien plus parleur que tout ce que je n’aurais jamais pu exprimer. Jamais je n'avais vécu une telle expérience depuis la fois où l'on lisait les battements de mon coeur pour y déceler les mensonges.

« - Hum… Tu ne connaitrais pas un certain Alan Deaton ? C’est un… confrère… Qui est passé je ne sais où pour l’instant. »
«-Si bien sûr» répondis-je plus tranquillement. «Je travaille à sa clinique après l’école».

Je finis par détacher mon regard de mon reflet déformé dans toutes les solutions de l'armoire pour revenir me rassoir en face de la jeune femme. Toute mon attention était maintenant totalement présente : le fait qu’elle puisse connaître le vétérinaire ne me laissait pas indifférent. Car je me sentais toujours beaucoup plus concerné au sujet des autres qu’envers moi-même. Particulièrement Deaton avec lequel je me suis séparé dans des circonstances troublantes. Les souvenirs affluèrent de nouveau : le corps qui pendait par les poignets et le cercle en cendres de sorbier. La voix tremblante qu’il avait eue lorsqu’il m’avait dit que mes yeux avaient tourné au rouge écarlate. À peine audiblement avait-t-il soufflé que le moment était enfin arrivé. Je sortis de mes pensées et levais la tête pour regarder la professeur, sentant mes yeux retourner au doré avant de repasser au brun. J'étais complètement déséquilibré ces jours-ci et je pense que ce qui rendait les choses pires était le fait que Stiles ne soit pas présent pour que l'on se supporte mutuellement. Et que je n'ai pas croisé Derek depuis longtemps, depuis le jour du pénible sacrifice. La femme réussit à nouveau à m'extirper de mes réflexions.

«-Je vais être franche. Tu vas avoir besoin, soit d’un alpha, soit d’un druide. Voir même les deux. Car, je ne sais pas pourquoi, mais ton loup te submergera avant la pleine lune. »
«-Je n’ai pas besoin d’alpha» dis-je résolument.

Le ton de ma voix était devenu plus  affirmé. Depuis le début, depuis le massacre dans le bus, je ne voulais pas d’un alpha auquel me soumettre. Tuer pour faire partie d’une meute ne correspondait pas vraiment à ce que je valorisais. Et d’une certaine façon, j’avais déjà la mienne... Madame Mahes s’approcha de moi et je vis ses yeux briller d’une lueur verte absolument fascinante.

« -Et disons que j'ai quelques cordes en plus par rapport à Deaton. »
« -Comme quoi? »

Ma  voix avait repris son timbre habituel, mais le nouveau reflet dans le regard de la mystérieuse femme avait eu pour effet de faire briller mes pupilles dans la même résonance que les siennes, comme si quelque chose nous unissait. Phénomène nouveau pour moi qui n'avait connu des druides que le chêne séducteur qui s'était détourné de son chemin. J'avais plein de questions et était avide de réponses.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Mar 26 Nov - 22:59





Be quiet

J’avais en face de moi une montagne de méfiance. Deaton était un druide honnête et droit. Il le connaissait pour travailler pour lui à sa clinique vétérinaire. Mais je sentais sa suspicion. Pourquoi aurait-il peur d’un druide ? Il dit ne pas avoir besoin d’alpha. Est-ce qu’un loup aurait voulu lui imposer sa domination de force ? Je ne doutais pas que Scott devienne un jour un alpha. Mais en attendant il était un bêta, avec toutes les faiblesses que cela impliquait. Bon, je devais en savoir plus sur ce qu’il avait subi pour en arriver là. Je fermais les yeux de nouveau et laissait mon don remonter l’unique passé. Ce que je vis me fis frissonner. Le darach, le Nemeton. Les sacrifices humains. Sa mère qui a peur. Le père de son ami… Je remontais jusqu’à la genèse de sa morsure. Peter…

Comment pouvait-il se maitriser avec une telle souffrance intérieure. Son esprit était fort. Mais il n’allait pas tenir longtemps. Pas d’alpha… ok.

« - L’alpha n’est pas forcément un loup qui te soumet. C’est ta famille, ton frère ainée, ton ami. C’est un lien fort et puissant. Mais j’avoue que tous els alpha ne sont pas ainsi.»

J’avançais ma main. Il voulait un fait, une preuve. Je pouvais lui montrer. Mais cela n’enlèverait pas le problème de fond. Je posais doucement ma main sur la sienne.

« - Écoute ton loup. Il te dira que je ne suis pas une menace.

Je lui laissais le temps d’accepter mon contact. Et doucement, je lançais mon aura sur lui. Un peu à la manière d’un alpha. Je m’imposais à son loup. Non par la force, juste par la prestance. Comme une vague de chaleur, mon aura l’enveloppa. Rassurant le loup, le refoulant dans les profondeurs du cœur de Scott. Le mettant au repos. Pour que l’humain puisse enfin souffler. Je le calmai, comme une mère calme son enfant la nuit. Comme un druide guide un loup. Ce soir, il pourra dormir de façon sereine. Mais demain ? Je serais toujours disponible, s’il a besoin de moi. Mais il va falloir qu’il retrouve son autonomie. J’entendais les battements de son cœur, qui battaient un rythme calme. Je le vis relâcher ses muscles. Il devait être à cran depuis des jours.

Tout est redevenu calme. L’orage aussi à suivit et s’est arrêté. Nous sommes dans le calme. Nous sommes dans l’œil du cyclone.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Mer 27 Nov - 7:46




« mirrors start to sing »

La jeune femme ne paraissait pas vraiment rejoindre mon avis en ce qui concernait mon appartenance à une meute. En même temps, on ne pouvait pas vraiment la blâmer. Pour le moment, je ressemblais davantage au loup qui léchait ses blessures tout en se cherchant un refuge pour ne pas se faire attaquer. Derek m’avait montré ce qui arrivait à ces animaux qui ne possédaient pas de meute. Le corps tranché en deux et pendant lamentablement à la branche d’un arbre, seul et abandonné, retrouvé des jours plus tard. Toutefois, je savais pertinemment bien que la figure d’un loup dominant ne serait pas celle qui pourrait résoudre mon cas que je savais bien plus complexe que cela. De plus, je ne conservais pas de très bons souvenirs des alphas. Deucalion restait bien trop vif dans ma mémoire. Toujours comme si elle suivait mes pensées, la professeure reprit la parole d’une voix bien plus pédagogique :

« - L’alpha n’est pas forcément un loup qui te soumet. C’est ta famille, ton frère ainée, ton ami. C’est un lien fort et puissant. Mais j’avoue que tous les alpha ne sont pas ainsi.»

Le portrait qu’elle me dressait du loup dominant était tellement différent de tout ce dont j’avais pu être témoin. La figure de mentorat ne ressortait pas vraiment de leur caractère qui tendait habituellement plus vers le pouvoir et la soif de puissance. Indicible désir de conquérir qui faisait étinceler la couleur cramoisie de leurs yeux. Une main se déposa sur la mienne et je voulus la retirer vivement.

« - Écoute ton loup. Il te dira que je ne suis pas une menace.»

Je n’avais pas vraiment pour habitude d’avoir de grandes conversations avec mon loup. En général, je tentais surtout de ne pas en avoir du tout et de le garder à sa place, ne le ressortant que dans les cas de besoin. Mais peut-être avais-je besoin de tout réapprendre à présent. Après tout, le garçon asthmatique ou qui détestait le grand-père de sa copine était désormais un simple souvenir du passé tout comme celui d’il y a quelques mois. La chaleur qui partait de la main de la femme que je savais désormais être une druide envahissait chacun des nerfs de mon corps dans une merveilleuse félicité. Douce paix qui revenait finalement vers mon esprit qui avait été si longtemps troublé.

«-Je vous crois» finis-je par souffler.

Il fallait finir par faire confiance. Passer par-dessus sa méfiance et établir quelques alliances pour porter mieux atteinte aux menaces que je sentais plus fortes dans ce nouveau chez-moi. Pourtant, je n’avais été absent que quelques semaines. Le temps d’une virée en voiture bien compliquée avec mon meilleur ami et d’un voyage qui s’avérait tout de même être l’un de mes souvenirs les plus précieux. Rester divisé rendait les gens plus faibles. Il fallait additionner les amis pour soustraire les ennemis et multiplier les chances de réussite. Tout cela n’était rien d’autre qu’une réaction stœchiométrique dans lequel je m’avérais être le seul limitant.

La tempête qui se déchaînait quelques secondes auparavant s’était finalement arrêtée. Je restais silencieux quelques instants à regarder les branches des arbres frapper contre les fenêtres avant de retourner mon regard vers l’enseignante de chimie.

«- Je ne comprends pas ce qui se passe ces derniers temps. Tous les jours, je me réveille avec du sang partout sur le corps, sur le visage, parfois avec le goût dans ma bouche. Le problème, c’est que je ne me rappelle jamais de ce qui est arrivé. »

Je me levais de ma chaise pour me diriger vers le devant de la classe. Je pris le petit morceau de craie blanche et dessinais le même motif qui était tracé sur mon bras gauche. Les deux cercles concentriques : la plaie ouverte.

«-Tout ce que je sais, c’est que cela dure depuis que nous nous sommes sacrifiés pour pouvoir sauver nos parents du Darach. Le Darach qui était en fait Jennifer Blake, une druide qui a mal tourné et mon ancien professeur d’anglais. Nous avons réussi à les sauver, mais nous avons du accepter une partie de ténèbres dans nos cœurs. Mais j’imagine que vous saviez tout cela ? »

Un petit sourire se dessina sur le coin de mes lèvres tandis que je laissais échapper un petit rire en secouant la tête. Parfois, je semblais grand et puissant, d’autre fois je ressemblais au louveteau qui tentait de lâcher son premier hurlement dans ce monde de fous. Mais je redevins sérieux bien rapidement.

«- Deaton nous a dit que nous devrions apprendre à vivre avec. Mais je sens que j’ai pris un très mauvais départ. Est-ce que vous croyez vraiment que j’ai blessé des gens ? »

La dernière fois que cela s’était produit, j'étais retourné sur les lieux afin de ressentir l’énergie des objets alentours, histoire de retrouver mes souvenirs. Mais mes rêves m’avaient pisté. Présentement, je me retrouvais devant une forêt cherchant un animal dont toutes les pistes ont été emportées par la pluie.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Mer 27 Nov - 22:52



You're a Wolf

J’entends son Coeur s’apaiser. Il m’accepte. Tant mieux. Car je ne sais pas ce qu’il aurait fait dans le cas contraire. Et enfin de phrases monosyllabe, il me parle plus longuement. Exprime ses doutes, une partie de ce qu’il a vécu.

«- Je ne comprends pas ce qui se passe ces derniers temps. Tous les jours, je me réveille avec du sang partout sur le corps, sur le visage, parfois avec le goût dans ma bouche. Le problème, c’est que je ne me rappelle jamais de ce qui est arrivé… Tout ce que je sais, c’est que cela dure depuis que nous nous sommes sacrifiés pour pouvoir sauver nos parents du Darach. Le Darach qui était en fait Jennifer Blake, une druide qui a mal tourné et mon ancien professeur d’anglais. Nous avons réussi à les sauver, mais nous avons du accepter une partie de ténèbres dans nos cœurs. Mais j’imagine que vous saviez tout cela ?»

Jennifer Blake. J’en avais entendu parler. Mais à l’époque j’étais de l’autre côté du continent, sur la côte est. Puis Deaton étais là non ?

«- Deaton nous a dit que nous devrions apprendre à vivre avec. Mais je sens que j’ai pris un très mauvais départ. Est-ce que vous croyez vraiment que j’ai blessé des gens ? »

Deaton… Tu merdes là. Qui va leur apprendre à vivre avec cela ?! Sinon toi. Où es-tu donc passé ? Une alarme me dit de ne pas me servir de mes dons pour le savoir. Il y a une raison pour que je ne sache pas. Je fais confiance à mon instinct. S’il me dit de ne pas chercher à savoir, j’obéis. Rien n’arrive par hasard. Est-ce une manière de m’impliquer sur des gens que j’aurais naturellement évités. Beacon Hills devrait compter plusieurs druides actifs. Je sens que je vais avoir du travail. J’espère que mon job de sentinelle sera au repos pour un moment. Le jeune McCall a besoin de moi. Ses amis aussi je suppose.

« - Il ne faut pas se voiler la face. Le sang que tu trouves vient d’un être vivant. Après savoir si tu cours après les lapins ou des gens… »

Je regardais le dessin qu’il avait fait au tableau. Deux cercles concentriques. Une double barrière ? On allait devoir procéder par étape. Déjà nous assurer qu’il ne blesse personne. Après, entreprendre le boulot qu’aurait dû faire Deaton. Lui apprendre à gérer et accepter cette ombre. Se servir de son loup. L’accepter enfin !

« - Je pense que j’ai apaisé ton loup pour que tu puisses être serein jusqu’à la pleine lune. Là, il va falloir qu’on bosse ensemble. Je peux toujours venir calmer ton loup, mais cela ne règle pas le problème. Il faut que tu arrives à l’accepter au lieu de le combattre. Et ton loup sera d’autant plus violent que tu le contrains. »

Je me tus un moment.

« -Il va falloir que tu fasses confiance en la bête sauvage qui es en toi. Ce n’est pas un étranger. C’est une partie de toi que tu forces à se taire. Normal que ça veuille sortir de force. »

Je vis passer le doute dans ses yeux. Clair, lâcher les rênes à un fauve, on y réfléchit à deux fois. Peur de ne pas pouvoir reprendre le contrôle.

« - Ça je ne peux pas le faire à ta place. Par contre je peux être ta barrière de sécurité vis-à-vis du reste du monde. La prochaine pleine lune, on la passera ensemble dans la foret, sans chaines ou entraves. Ton loup a peur des chaines. On commence à deux. Ensuite on pourra voir avec tes amis. Vous êtes trois non à avoir fait ce sacrifice, ton ami Stiles qui a sauvé son père et ce loup qui l’a fait pour sa sœur. A trois, vous y arriverez. Je serais votre gardien. Et contrairement à Deaton, je maitrise deux loups sans problème, bien que j’aimerai ne pas utiliser la force, mais plutôt la persuasion.»

Je pris son crayon et rajouter un chiffre et en corrigeais un autre sur l’équilibre de son équation.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Ven 29 Nov - 5:59




« you have been wild once »

La question stupide qui me faisait toujours un peu frissonner et que je regrettais momentanément d’avoir laissé échapper. Il fallait toutefois que je le reconnaisse : tuer pouvait souvent devenir, du moins dans mon monde, la solution de choix pour rétablir une situation et faire de l’ordre dans nos vies. Même moi, je n’y avais pas échappé. Je voulais tuer Jennifer et je sais au fond de moi que je l’aurais fait. Peu importe si cela changeait la couleur de mes yeux et les faisait virer en un bleu clair. Ironiquement cependant, blesser des personnes innocentes venait toujours me remuer les entrailles. Hantise qui m’habite depuis ma première transformation et que je remettais souvent en question. La druide semblait trouver ma question idiote et savait aussi bien que moi la réponse à cette interrogation. Je refusais encore une fois de faire face à la vérité.

« - Il ne faut pas se voiler la face. Le sang que tu trouves vient d’un être vivant. Après savoir si tu cours après les lapins ou des gens… »

Il était certain que mon loup ne courait pas après des lapins. Auparavant, il avait eu pour cible tous les humains qui étaient proches de moi, et maintenant qu’il avait lui aussi pu goûter aux ténèbres du sacrifice, il ne désirerait certainement pas se nourrir de bêtes de jardin. Non, il voudrait quelque chose de beaucoup plus fort. Je regardais au tableau la réaction et commençais à la balancer. Tout comme je tentais de peser les avantages et inconvénients de chaque décision que je serai bientôt appelé à prendre. Madame Mahes avait elle aussi son regard rivé sur le tableau et était perdue dans ses pensées.

« - Je pense que j’ai apaisé ton loup pour que tu puisses être serein jusqu’à la pleine lune. Là, il va falloir qu’on bosse ensemble. Je peux toujours venir calmer ton loup, mais cela ne règle pas le problème. Il faut que tu arrives à l’accepter au lieu de le combattre. Et ton loup sera d’autant plus violent que tu le contrains. »
«- Le libérer ? Je ne pense pas pouvoir être en mesure de le faire. »

Je ne comprenais pas où elle voulait en venir. Avant les évènements des derniers mois, je possédais une bonne maîtrise de mon loup et je pouvais le dominer lorsque je le voulais, faire appel à lui dans les moments où se jouaient des enjeux importants. Mais je ne l’avais jamais laissé totalement libre. En tout temps, je gardais une ancre pour le retenir, une ancre qui me permettait de conserver mon humanité, une si belle ancre tout en argent que l’on nommait Allison. Même si elle avait des sentiments pour Isaac, elle restait un important point de repère et je ne pensais pas que cela pourrait changer un jour.

«« -Il va falloir que tu fasses confiance en la bête sauvage qui est en toi. Ce n’est pas un étranger. C’est une partie de toi que tu forces à se taire. Normal que ça veuille sortir de force. »

Je me sentais un peu en désaccord avec ces explications qui étaient beaucoup plus des affirmations. La professeure semblait pourtant bien soutenir son point et je me demandais combien de loups-garous elle avait pu encadrer dans son existence. Je ne savais presque rien des druides. Mais je saisissais mieux l’important dilemme auquel avait eu à faire la meute d’alpha : tuer son émissaire. Pour le moment, celle-ci n’avait pas l’air de vouloir me faire du mal. Derek ne serait cependant certainement pas heureux de savoir que je me suis lié à elle durant une retenue de chimie et que celle-ci, en dehors de notre trio, était la seule qui était au courant de la noirceur qui grandissait en nous, alors que je me retenais pour ne pas lui faire de mal quelques minutes auparavant. Le contact se faisait rapidement. Retirer la vie de celui qui te conseillait et te rendrait ultimement plus fort devait être la chose la plus difficile à faire. La seule faiblesse que Kali n’avait jamais affichée, elle qui avait pourtant bien peu de conscience et beaucoup plus de violence dans son cœur de jeune louve déchaînée, elle qui ne l'avait pas bien tuée.

«-Je ne peux pas le laisser sortir. Il voulait non seulement tuer, mais faire souffrir Stiles. Il s’en est pris à Jackson et Lydia et il désirait le pire en ce qui concernait Allison. »

Derek m’avait donné le même conseil que la druide lorsque je lui avais demandé comment je pourrais contrôler ce côté plus sombre qui m’habitait. Il m’avait de puiser dans ma colère et dans ma rage pour contrôler la bête en moi. Mais cela résultait davantage en tentatives de meurtre et en des relations avec des adolescentes que je ne devais normalement pas toucher. Personne ne pouvait cependant le faire à ma place. Madame Mahes le confirma à peine quelques secondes plus tard.

« - Ça je ne peux pas le faire à ta place. Par contre je peux être ta barrière de sécurité vis-à-vis du reste du monde. La prochaine pleine lune, on la passera ensemble dans la foret, sans chaines ou entraves. Ton loup a peur des chaines. On commence à deux. Ensuite on pourra voir avec tes amis. Vous êtes trois non à avoir fait ce sacrifice, ton ami Stiles qui a sauvé son père et ce loup qui l’a fait pour sa sœur. A trois, vous y arriverez. Je serais votre gardien. Et contrairement à Deaton, je maitrise deux loups sans problème, bien que j’aimerai ne pas utiliser la force, mais plutôt la persuasion.»

Le loup devait apprendre à cohabiter dans la tanière de mon esprit avec la partie de moi qui demeurait humaine. Personne ne pouvait cependant l’apprivoiser à ma place : je devais le faire moi-même. Tout cela semblait bien raisonnable. Bien entendu, beaucoup de choses sonnaient intelligentes lorsque l’on se contentait simplement de les énoncer sans les mettre en application. La jeune femme corrigea mon équation et je me rendis compte que j’avais oublié d’équilibrer mon chlore. Je continuais mon bilan dans le but de trouver la quantité de précipité formée. Jonglant avec le nombre de moles et regardant du coin de l’œil les affiches des cases du tableau périodique situées dans le fond de la classe, j’entourais finalement ma réponse. 1,20 g de carbonate de calcium pour le rendement théorique.

Mais la question qui se posait relevait davantage du rendement pratique. Beaucoup de facteurs pouvaient jouer dans une expérience et un professeur de sciences expérimentales le savait certainement mieux que quiconque. Quant à moi, je devais réduire au maximum toutes les causes d’erreurs et les incertitudes. Je sentis quelque chose de nouveau et un nouveau doute. Le doute sombre. Je me retournais et la regardais dans les yeux.

«-La prochaine pleine lune est dans deux semaines. Personne d’autre que nous ne devra être dans cette forêt. Seulement nous deux. Les émotions ne doivent jamais entraver le travail d’un scientifique, n’est-ce pas ?» lui rappelais-je, désinvolte.

Je sentais une force tranquille venir de la druide qui paraissait être une personne de valeur. Mais je sentais une odeur derrière celle qui régnait en permanence dans le laboratoire. Fragrance électrique qui habitait le garage de la famille des Argent. Effluve infime de napel qui semblait appartenir à un chasseur et qui provenait de la jeune femme tout juste en avant de moi.  

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Ven 29 Nov - 10:40





To The Unknown Man

Je le sentais perdu, mais il acceptait mon aide. Je crois qu’il l’acceptait plus parce qu’il était acculé dans ses derniers retranchements que par ma force de persuasion. Il se savait dangereux, ce qui en soit était une torture pour un non violent comme lui. Son meilleur ami avait bien morflé à ses côtés. Sa propre mère avait dû faire face à cette terrible révélation. Son fils chéri était… un monstre.

Quand je m’étais retrouvée face à mon anima, dans la jungle Atlantienne, j’ai eu si peur que ma voix s’est brisée dans le cri que j’ai poussé. J’avais 15 ans. Mais contrairement à Scott qui a été lâché dans la nature juste après sa morsure. Cette même nature m’a retenue 90 ans. Neuf décennies dont je ne me souviens pas. Les ai-je passées sous ma forme panthère ? Tout ce dont je me rappelle est quand je suis revenue à moi, j’avais pris que dix ans d’âge. Et que surtout, je savais ce que j’étais, qui j’étais. Femme, chat et panthère.

Scott s’appliquait sur l’exercice. Cela lui donnait un fil conducteur pour organiser ses pensées. Se maitriser. Il se retourna vers moi.

«-La prochaine pleine lune est dans deux semaines. Personne d’autre que nous ne devra être dans cette forêt. Seulement nous deux. Les émotions ne doivent jamais entraver le travail d’un scientifique, n’est-ce pas ?»

Il me dit cela comme si on organisait un pique-nique. A part que là, la réaction que l’on essayera de maitriser est douée de vie et de conscience propre. Dans les sciences humaines rien n’est rationnel. J’allais lui en faire la remarque, quand je le vis me sentir. Un froncement imperceptible de sourcil m’alerta. Je me concentrai sur ma propre odeur. Alexis… J’avais l’odeur du chasseur sur moi. Il fallait que je mette rapidement cette situation au clair. Ma relation avec le chasseur était d’ordre purement personnel. Et n’interférerait pas avec mon job de druide. Alexis savait que je le tuerai sans aucune hésitation, s’il se trouvait dans mon chemin. Personne ne pouvait comprendre la nature étrange de notre relation, ni notre conception de la mort.

J’avais réussi à avoir l’accord de ce loup pour l’aider. Je ne pourrais être efficace, si une partie de lui se méfie. C’est légitime de sa part. Je devais lui montrer qui j’étais. Il comprendrait alors ma position évidente vis-à-vis des chasseurs.

« - Comme beaucoup de gens, tu classes les choses dans des tiroirs, range, étiquette. Alors qu’en réalité, chaque choses, êtres, peut aller dans plusieurs tiroirs ou porter plusieurs étiquettes. Il faut que tu ais une vision plus globale, des loups, des druides, de tes amis, de tes ennemis… »

Je pris la craie et écrivis une nouvelle équation au tableau.

Fe + S → FeS

« - On prend du fer en limaille, j’ajoute du souffre en poudre. J’y mets le feu.  Au départ j’avais une poudre jaune, une autre grise et j’obtiens une petit cailloux orangé.»

Je laisse le temps à Scott d’analyser l’équation.

« - Imagine que la poudre grise, c’était toi, avant. La poudre jaune, Peter Hale. Le feu représente le concours de circonstance. Comme le fer n’a pas vocation à se combiner avec le souffre. L’humain que tu étais n’a pas voulu de cette morsure. De même que le souffre ne va pas sauter sur le fer, comme Peter sur toi. C’est le feu, le concours de circonstance qui est responsable de la réaction. Il n’y a pas de jugement de valeur à donner. La réaction s’équilibre. Point. »

Mon analogie est complexe. Mais je veux juste qu’il ne s’attache pas aux éléments de la réaction, mais à la formule globale.

« - Car si tu veux un jugement sur cette réaction et que tu demandes à des gens ce qu’ils en pensent. Tu auras une multitude de réponses sans liens les unes entre elles. Certains te diront « Quel beau cailloux orange », d’autres, « Ouais ? Et alors ? », ou encore les plus avertis te diront « Cool du désherbant ! »

Scott m’écoutais, ne voyant pas où je voulais l’amener.

« - Mais aucun ne te dira que tu tiens potentiellement la mort dans ta main. »

Je rajoutai une équation.

FeS + 2 HCl → FeCl2 + H2S

« - Nouveau concours de circonstance, de l’acide, une pleine lune, nouvelle réaction. D’un simple caillou orange que l’on aura trouvé, beau, inutile ou au pratique. J’obtiens un sel et… un gaz nauséabond et toxique. De la même façon, l’humain mordu peut devenir dangereusement mortel. Faut-il blâmer le fer ou le souffre du début ? L’humain ou le loup ? Faut-il éradiquer le sulfure de fer ? Ces questions sont un non-sens d’un point de vue scientifique. J’aimerai que tu appliques ça aux évènements qui ont conduit à ce que tu es aujourd’hui. Arrêter de se focaliser sur les flèches des équations. Ne pas regretter la partie gauche de la formule. Accepter celle de droite, comme étant juste une recomposition de l’existant. »

Je reposais la craie et m’éloignais du tableau. Je devais lui faire comprendre que son loup était aussi intelligent que lui. Qu’il réagissait à l’instinct primaire juste parce qu’il le bridait. Tant qu’il considérerait cette part de lui comme un vulgaire animal, brutal, sauvage, il n’arriverait pas à gérer.

« - Ton loup peut être inoffensif si tu l’acceptes comme j’ai accepté ma propre bête. Je maitrise ceci… »

Brusquement je pris ma forme de chat, « Pot-de-colle » comme me nommait Ruby. J’allais me frotter contre le jean de Scott laissant quelques poils de chat sur ce loup à peine dompté. Mon côté chat est facétieux et joueur.

« - Miaou ! »

Je repris ma forme humaine, tout en gardant mes yeux aux pupilles fendues. Je repris ma démonstration.

« - Je maitrise la forme pacifique de mon anima, car j’accepte de me livrer en toute confiance à celle-ci... »

Un grondement grave sortit de ma bouche, pendant que je me transformais en panthère. Ma puissance était évident. J’étais beaucoup plus grosse qu’une panthère normale. Je grognais, montrant mes crocs. Le loup réagit, ses yeux jaunirent, ses canines s’agrandirent, des poils recouvraient sa peau. Il se métamorphosait. Deux prédateurs se faisaient face. J’arrêtais de grogner et baissais la gueule en signe de paix. Je m’approchais doucement de Scott. Ma tête lui arrivait au niveau du nombril. Il était conscient que face à une telle bête, il ne ferait pas le poids. De la même façon qu’avec ma forme chat, je le poussais doucement de la tête. Contact puissant, mais amical. Je suis potentiellement dangereuse, mais cela reste un potentiel. Je laissais entièrement l’animal prendre le dessus. Lui seul saurait « parler » au loup de Scott. Discussion animale, faite de posture, de feulement, de contact. Je le laissais poser ses mains griffues dans ma fourrure.

On passa sur la différence de race, qui fait de nous des ennemis héréditaires. Car justement, nous ne sommes pas de vulgaires animaux. Je grognais doucement, humant le loup. Je sentis son envie de hurler comme le font les loups quand ils veulent exprimer un sentiment, une émotion. Cette classe n’était pas le lieu de telles démonstrations. Je m’élançais vers la fenêtre, posant mon museau contre la poignée que mes pattes griffues étaient bien incapable de manœuvrer. Je me retournai vers Scott dans une demande muette.

[Spoil HRP]:
 


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Sam 30 Nov - 5:57



« not looking back »

Le dernier battement que j’avais pu entendre avait été irrégulier et venait vraiment me travailler. Je  regardais la druide pendant quelques secondes en haussant les sourcils, attendant des explications de sa part qui devraient être incroyablement convaincantes pour le justifier. Petite pulsation qui venait remettre tant en question. La jeune femme semblait inconfortable pendant quelques secondes et je le pris comme un aveu. Peut-être cela faisait-il partie de son plan depuis le tout début. Et bien entendu, il avait fallu que je me laisse embobiner comme un idiot. Certes, mes yeux ne tournèrent pas au doré comme habituellement, mais le marron exprimait tout aussi bien ce que je ressentais : mélange confus de doute et de rage. Avait-elle voulu m’aider seulement pour mieux me livrer au chasseur ?  

Je ne pouvais cependant l’affirmer avec certitude. «Innocent jusqu’à preuve du contraire» comme dirait-on durant une investigation.  Je me concentrais donc sur sa personne, désirant ressentir les émotions qui l’enveloppaient comme un halo, mais le loup refusa de me laisser en entendre davantage. Le battement avait été bien assez.

Je sentais comme une main se serrer autour de ma gorge pour un bref moment. Le loup grognait et voulait me montrer que, dans un certain sens, aucune limite ne pourrait venir l’empêcher de m’attaquer. La bête sauvage m’exprimait par ainsi toute sa désapprobation. Toutefois, il me fallut quelques secondes pour comprendre la raison de son changement brusque de comportement. Le canidé avait confiance en la druide et me trouvais bien taré : le problème se trouvait en moi. La partie humaine qui avait toujours peur de la trahison et de se faire planter un couteau dans le dos ne semblait pas croire que l’on pouvait faire confiance au premier regard. L’animal ne disait pas se soucier grandement de ce que je pouvais ressentir, mais je savais qu’il se liguerait contre moi pour protéger «Mafdet» si besoin était. D’ailleurs, elle avait l’air comme piquée au vif.

« - Comme beaucoup de gens, tu classes les choses dans des tiroirs, range, étiquette. Alors qu’en réalité, chaque choses, êtres, peut aller dans plusieurs tiroirs ou porter plusieurs étiquettes. Il faut que tu ais une vision plus globale, des loups, des druides, de tes amis, de tes ennemis… »

Je ne me suis jamais affirmé comme différent des autres : je me suis juste fait mordre par un loup et c’est tout. Par contre, je comprenais ce qu’elle tentait de me dire. Tout se reliait et pouvait prendre plusieurs sens. Je ne pouvais pas lui reprocher sa relation avec le chasseur, peu importe ce qui la définissait, et devais regarder davantage autour de moi. M’intéresser davantage au portrait global qu’aux quelques éclats de peinture qui parsemaient les recoins et me faisaient grimacer. Je ne devais pas catégoriser et je n’avais aucun droit de porter un jugement sur elle. Le loup avait eu raison. N’étais-je pas celui qui avait eu un coup de foudre sur une chasseuse lorsque je connaissais ma vraie nature ? Le bruit clair de la craie sur le tableau me ramena sur terre et je vis que la jeune femme était en train d’écrire une équation sur le tableau.

Fe + S → FeS


« - On prend du fer en limaille, j’ajoute du souffre en poudre. J’y mets le feu.  Au départ j’avais une poudre jaune, une autre grise et j’obtiens une petit cailloux orangé.»

Je pris le temps de comprendre chacune de ses explications et de bien analyser l’équation. Je me sentais presque fier de pouvoir confirmer avec une absolue certitude que celle-ci était bien équilibrée, mais je gardais ce point pour moi.  Le temps ne se présentait certainement pas pour du sarcasme ou que ce soit qui puisse s’y apparenter.

« - Imagine que la poudre grise, c’était toi, avant. La poudre jaune, Peter Hale. Le feu représente le concours de circonstance. Comme le fer n’a pas vocation à se combiner avec le souffre. L’humain que tu étais n’a pas voulu de cette morsure. De même que le souffre ne va pas sauter sur le fer, comme Peter sur toi. C’est le feu, le concours de circonstance qui est responsable de la réaction. Il n’y a pas de jugement de valeur à donner. La réaction s’équilibre. Point. »

Je pris encore quelques secondes pour comprendre ces phrases et me rendre compte que cette analogie faisait un peu froid dans le dos. Par contre, elle était juste et je devais admettre que la professeure me coupait littéralement tout pouvoir de parole ou de réflexion. Le génie dont elle disposait ne pouvait rien faire d’autre que m’impressionner. Observant maintenant différemment le fer de la réaction, je reposais mon morceau de craie sur le rebord du tableau en passant mes doigts dans la fine poudre se détachant de celle-ci. Alors, tout serait du à un concours de circonstance. Le fait que cette nuit-là, je me retrouvais dans cette partie de la forêt. Je me demandais seulement si tout cela avait été un hasard ou une série de stratagèmes. Je penchais cependant pour la première option : moi et mon chandail rouge nous étions simplement retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment. Histoire du petit Chaperon rouge. Madame Mahes reprit.

« - Car si tu veux un jugement sur cette réaction et que tu demandes à des gens ce qu’ils en pensent. Tu auras une multitude de réponses sans liens les unes entre elles. Certains te diront « Quel beau cailloux orange », d’autres, « Ouais ? Et alors ? », ou encore les plus avertis te diront « Cool du désherbant ! »
«- Que voulez-vous me faire entendre ? » demandais-je en secouant la tête.

Ma mère n’avait pas vraiment aimé le caillou orange. Le feu qui brillait dans ses yeux, elle regrettait sa petite limaille de fer qui ne comportait rien de bien spécial, mais qui se contentait d’attirer les gens vers lui. Pas nécessairement toujours pour de bonnes raisons, le caillou s’était souvent fait frapper tout au long de la route : la période de ma vie durant laquelle je n’avais été rien d’autre qu’un adolescent ordinaire. J’observais la réaction en me demandant si je pourrais réellement faire de la chimie comme auparavant en ne comparant plus rien de ma vie aux équations et aux éléments. Harris trouvait une beauté dans cette science et je pouvais la voir, presque admettre sa présence. Elle restait cependant plutôt sombre. Peut-être comme un poème de Baudelaire.

« - Mais aucun ne te dira que tu tiens potentiellement la mort dans ta main. »

Bien évidemment, le caillou orange était beaucoup plus particulier que quiconque n’aurait jamais pu l’imaginer. Le feu lui avait fait acquérir de nouvelles caractéristiques bien différentes de celle de la petite limaille de fer. Mais contrairement au sodium et au chlore qui se réunissaient pour former une molécule non-toxique, le petit caillou devait lui-même acquérir ses propriétés. Le produit de la douce limaille et du dangereux  soufre pouvait donner un caillou potentiellement mortel ou qui pouvait s’avérer totalement inoffensif. Personne ne voulait cependant soulever l’hypothèse. Peut-être personne ne voulait-t-il réellement la réponse à cette énigme ?

FeS + 2 HCl → FeCl2 + H2S

Je méditais sur la nouvelle équation que la professeure avait mise au tableau. Le sulfure de fer ou notre petit caillou orange ainsi que de l’acide chlorhydrique. La molécule commençait par un H et était au stade liquide. Je ne connaissais pas grand-chose de particulier aux deux dernières molécules.

« - Nouveau concours de circonstance, de l’acide, une pleine lune, nouvelle réaction. D’un simple caillou orange que l’on aura trouvé, beau, inutile ou au pratique. J’obtiens un sel et… un gaz nauséabond et toxique. De la même façon, l’humain mordu peut devenir dangereusement mortel. Faut-il blâmer le fer ou le souffre du début ? L’humain ou le loup ? Faut-il éradiquer le sulfure de fer ? Ces questions sont un non-sens d’un point de vue scientifique. J’aimerai que tu appliques ça aux évènements qui ont conduit à ce que tu es aujourd’hui. Arrêter de se focaliser sur les flèches des équations. Ne pas regretter la partie gauche de la formule. Accepter celle de droite, comme étant juste une recomposition de l’existant. »
«-On ne peut pas éradiquer le sulfure de fer puisque, de toute manière, il existe maintenant. Il faut vivre avec les conséquences de sa création et ne pas tenter de se blesser en voulant le supprimer. Après tout, on n’est pas totalement certain de son potentiel danger.»

J’avais répondu à la question de façon totalement rationnelle, mais sans même penser à la comparaison. Maintenant que j’y portais attention, je ne pouvais que constater combien celle-ci était frappante. Le caillou orange ne pouvait plus retourner à sa forme originale et se débarrasser de lui pouvait être potentiellement dangereux. Il pouvait tuer et demeurer aussi toxique que le soufre qui avait étouffé la limaille, mais une possibilité restait. Celle d’être totalement différent des éléments qui le composaient. Étais-je pareil ? La professeure reposa sa craie et continua de me regarder de ses grands yeux verts.

« - Ton loup peut être inoffensif si tu l’acceptes comme j’ai accepté ma propre bête. Je maitrise ceci… »
«- Attendez, quelle bête ? »

La druide se transforma en chat et venait se frotter sur les jambes de mon pantalon. Les commissures de mes lèvres remontaient malgré moi. J’adorais les animaux. À la clinique, on prenait presque toujours soin de chats ou de chiens. Bien que mes liens avec ces derniers soient plus forts depuis ma transformation, les félins restaient des compagnons agréables avant les heures de fermeture. En dépit de nos différences que je parvenais à contrôler aisément.

«-C’est pas une bête, c’est un chat…» dis-je d’un air mal assuré.
« - Je maitrise la forme pacifique de mon anima, car j’accepte de me livrer en toute confiance à celle-ci... »
«-La forme pacifique..? Parce que quoi, vous avez deux formes ? »

Sans crier garde, la chimiste gronda et se transforma en un animal géant qui eut pour effet de me faire sauter promptement sur le bureau de travail et de réveiller mon loup. La transformation se fit rapidement : le loup semblait avoir attendu ce moment avec impatience. La panthère se faisait imposante et serait mortelle si elle décidait de ne plus jouer avec moi. Mais elle baissait la tête et je compris qu’elle n’allait pas m’attaquer. Je ressentais pleinement les sentiments de mon loup et que je devais au moins essayer de me livrer à elle. Quelque chose de fort me poussait dans sa direction et la partie animale qui subsistait en moi ne voulait plus aller contre le courant des choses. Elle existait et voulait reprendre en moi la place qui était la sienne.

Sautant de la table et avançant tout en lenteur sur mes quatre pattes, je vins la rejoindre. Tremblant, mon bras se tendit vers elle et ma main griffue vint caresser sa fourrure avec un certain manque d’assurance. Puis avec plus de confiance.

De celle-ci se dégageait une bienfaisante chaleur. Le feu ne pouvait pas seulement blesser, mais pouvait également se montrer rassurant et chasser le froid qui avait fait des ravages dans une âme égarée. L’animal se dirigea vers la fenêtre et je le suivis, ouvrant celle-ci du bout de mes griffes. Puis je grimpais sur le toit du lycée de manière à me retrouver le plus haut possible dans ces hauteurs que je prenais plaisir à affectionner. Je laissais échapper un hurlement. Transparaissaient à travers celui-ci des sentiments qui étaient tout simplement difficiles à déterminer. Parmi ceux-ci se retrouvaient la confiance et une improbable détermination le tout recouvert de charisme et de prestance. La lueur jaune de mes yeux brillait sous les lumières naturelles et artificielles de la ville, prenant pour un bref moment une couleur rouge sang. Le cri du loup qui traversait cette nuit n’en était pas un comme les autres.

Il s’agissait de celui qui avait finalement trouvé un druide.

HRP:
 
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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Dim 1 Déc - 13:54






Ameno

Scott ouvrit la fenêtre laissant le loup le diriger, enfin. Je sentais son animal comme excité et joyeux malgré le poids qu’avait le jeune homme sur les épaules. Alors que je l’écoutais hurler, je sus qu’il y arriverait. La force de son cri prouvait l’alpha latent qui ne demandait qu’à sortir.  J’entendais l’honnêteté des sentiments exprimés. Je bondis par la fenêtre et le rejoignis sur le toit mêlant mon rugissement au sien. Dieu que cela faisait du bien de hurler. De hurler pas seule. De hurler ensemble. J’ai beau guider les autres, j’aime ce sentiment d’être « avec » les autres. Ma part sauvage s’exprimait totalement. Décidemment Beacon Hills est pleines de surprises pour moi. 50 siècles que je traine sur la terre. Cependant ; les fois où je me suis personnellement sentie impliquée dans l’histoire qui passe étaient rares, se comptant sur les doigts de la main. Déjà, moi la druide, la sentinelle, choisir ce chasseur mortel comme compagnon, était un fait aussi exceptionnel que rare. Ma panthère était en accord avec ce choix. Mon anima ne s’est jamais trompé. Je lui fais totalement confiance.

Je m’approche de Scott et le pousse gentiment de la gueule. Lien de deux bêtes sauvages. Un humain ne pourrait comprendre notre mode de communication à ce moment-là. Je suis l’ainée. Je guide mon cadet. Si j’arrive à l’unir avec son loup, avec lui-même. Il pourra espérer contenir les ténèbres qui envahissent son cœur. Mais il n’y arrivera pas seul. Les deux autres doivent aussi recouvrer leur sérénité. L’ancien alpha a besoin d’un nouveau point d’ancrage, sa colère s’est délitée à force de tourments. L’humain doit trouver un sens à sa vie. Et Scott, arrêter de lutter contre lui-même.

Je le quittais là. Pas besoin de se dire où on se retrouvera, ni quand. Le loup a compris, il est même impatient. L’humain aussi, enfin je le pense. Son cœur s’agite tant ! Je crois que moi aussi, j’ai hâte. De la même façon que je m’implique avec le chasseur, je vais m’impliquer avec ces trois-là. Et pas juste me contenter de « guider ». Je veux hurler avec eux.

La pleine lune serait là dans deux semaines. Ma rencontre avec Scott l’avait suffisamment apaisé pour qu’il tienne jusque-là. Je resterais tout de même en alerte. Il ne se le pardonnera jamais, s’il commettait l’irréparable.

Je passais ses quinze jours à fouiller tout ce que je pouvais trouver sur le Nemeton. Je ne m’étais pas encore rendu sur place. Je sentais que je n’étais pas la bienvenue. Pas encore. Le lieu sacré s’était replié sur lui-même. Semblant attendre. Mais attendre quoi ?! J’avais beau avoir l’âge de plusieurs civilisations, je n’étais guère avancée. Deaton avait dû agir dans l’urgence. L’empressement leur avait couté le prix fort. Non pas que si cela avait été mieux préparé, ils n’auraient pas dû quand même payer un prix. Mais il aurait été plus vivable. Mais je suis sure que s’ils avaient de nouveau le choix, ils n’hésiteraient pas une seconde et choisiraient le sacrifice. Même en sachant ce que cela leur couterait.

Le soir de la pleine lune c’est avec plus de questions que de réponse que j’arrivais dans les bois. Ce n’est pas ce soir que je pourrais aider Scott à gérer sa part d’ombre. Mais à chaque jour, suffit sa peine. Je m’en remets à la vie.

Ameno.

Ce soir je serais la souris. Le jeune loup arrivera-t-il à m’attraper ? Je ne lui ai donné, ni lieu, ni heure. L’humain ne me trouvera pas, le loup si. Que la première leçon commence.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Lun 2 Déc - 5:10





« when you care about someone »



Un vieil Indien Cherokee racontait la vie à ses petits-enfants...
Il leur dit : « Je ressens un grand tourment.
Dans mon âme se joue présentement une grande bataille.
Deux loups se confrontent.

Un des loups est méchant: il « est » la peur, la colère, l'envie, la peine,
les regrets, l'avidité, l'arrogance, l'apitoiement, la culpabilité,
les ressentiments, l'infériorité, le mensonge, la compétition, l'orgueil.

L'autre est bon: il « est » la joie, la paix, l'amour, l'espoir, le partage,
la générosité, la vérité, la compassion, la confiance.
La même bataille se joue présentement en vous,
en chacun de nous, en fait.

Silencieux, les enfants réfléchissaient... Puis l'un d'eux dit :
« Grand-papa, lequel des loups va gagner ?»
Le vieux Cherokee répondit simplement :
« Celui que tu nourris. »


---

Puis je me retournais dans mon lit en laissant échapper mon livre au passage. La bouche bienouverte sur laquelle coulait un mince filet de bave, c'était comme si rien ne se serait jamais produit. Dans mes couvertures frissonnant en raison du vent qui se faufilait dans ma chambre en riant sournoisement. Je les remontais jusqu’au dessous de mon menton en maugréant. Mais il demeurait tout simplement impossible de dormir ainsi avec la brise insidieuse qui passait au-dessus de mon visage et sous mes couvertures. Fallait croire que les lycans ne disposaient pas du sain droit de paresser un samedi matin au lit comme tout le monde.

Je me redressais en jurant quelque peu et fermait ma fenêtre qui avait du rester ouverte toute la nuit. Les temps étaient plus calmes et je me permettais donc de sortir me promener avant de retourner me coucher. Par contre, je devais sortir par des moyens moins communs si on pouvait les qualifier ainsi en raison de la présence « tant appréciée » de mon paternel. Exception faite du fait que celui-ci était là, les deux dernières semaines avaient été relativement tranquilles. En dépit de deux autres retenues en chimie en raison de mon éternuement qui avait été trop fort durant le cours et du fait que me mettre en avant de la classe troublait la concentration de certains étudiants en plus de celle du professeur. Harris restait toujours Harris. Furieux, il ne comprenait pas comment mes notes en chimie avaient pu remonter aussi haut et me le faisait bien sentir. Disons simplement que voir les applications de ce que tu apprends en classe te permet de jeter un regard nouveau sur la matière. Bien entendu, mon sens de la répartie ne me rendait pas davantage appréciable et cela avait donc valu une troisième retenue qui me permettait cependant de rattraper mon retard en économie et en langues vivantes.

Bref, en raison de tout ce temps durant lequel je suis resté cloitré dans le laboratoire, je n’avais plus aucun devoir pour la fin de semaine. Je pouvais donc reprendre mes bonnes résolutions et faire ce que je voulais faire depuis un bon moment déjà : retourner au travail prendre soin des animaux avec le nouveau vétérinaire qui viendrait remplacer « de façon temporaire » mon ancien patron. Jeune et motivé, il semblait avoir tout juste fini son doctorat et je pouvais ressentir aisément toute sa nervosité. La petite goutte de sueur perlait en permanence près de son front et ses mains tremblaient constamment. Lorsque le médecin ne regardait plus son patient, je me retournais subtilement pour absorber la douleur du chien qui me regardait avec des yeux larmoyants. Cachant mon avant-bras aux veines striées de noir sous les manches de ma veste en cuir.

Je sortis du travail beaucoup moins serein. Parce que tel que convenu, aucune entrave ne viendrait me retenir ce soir : pas de menottes pour me retenir au radiateur ou de gamelle pour me narguer. La partie humaine rebutait toutefois ce moment. Regardant le ciel devenir noir et je sentais se remuer en moi le loup qui se vautrait dans son abri en attendant avec impatience de pouvoir ressurgir. Mes insécurités remontaient à la surface et je doutais fortement de ma capacité à faire face à la reine lunaire qui devrait briller ce soir de tout son éclat.

Je retournais dans les bois par automatisme. Passait devant la maison comme habituellement et regardant autour de moi. Les moustiques venaient me piquer et je tapais machinalement mon bras afin de les éloigner. Mais ma vision se brouillait à l’occasion de rouge : le loup devenait sombre lui aussi. Qu’avait-elle dit déjà la prof ? Ou Mafdet ? Qu’avait-elle dit Mafdet ? Je paniquais et eut de la difficulté à retrouver mon souffle.

Mais il fallait que je me concentre. Je fermais les yeux et tendit la main vers mon loup. Attendant doucement que celui-ci se rapproche de moi et reconnaisse ma présence et que nous nous acceptions. Les rayons de la lune vinrent caresser mon visage qui se modifia pour laisser place aux oreilles pointues et aux poils qui vinrent entourer mon visage. Je me laissais retomber à quatre pattes en cherchant quelconque trace de la druide. Puis finalement, je la retrouvais. Je souriais :

«-Je ne me débrouille pas si mal, finalement, non?»
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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Lun 2 Déc - 23:11





Ameno

Assise sur un rocher j’attendais. La nuit sans nuage était bien éclairée sous l’astre lunaire rond comme un ballon. C’était la pleine lune. Je sentais la lumière blafarde glisser sur le sol. Cette lumière laiteuse, lumière solaire remaniée. Son contact avec la lune la chargeait de pouvoir. Aiguillonnant la partie la plus sauvage des loups. J’offrais mon visage à l’exposition lunaire. Mon félin feula. Moi aussi j’étais affectée par cette vieille litanie. Des centaines d’années. A garder le contrôle, a le lâcher.

Dorime interimo adapare dori me

Endors moi, cache moi, garde moi, endors moi. Vainc moi.

Ameno ameno lantire lantiremo dori me

Je suis d'accord, je suis d'accord, lumière, éclaire moi, endors moi. Prends-moi !

Ameno omenare imperavi ameno

Je suis d'accord, le signe de Roi, je suis d'accord. Force supérieure !

Dimere dimere mantiro mantiremo ameno

Dis-moi, dis-moi, recouvert d'un tissu, recouvre moi d'un tissu, je suis d'accord. Je me laisse faire !

Ameno Omanare imperavi ameno

Immunise-moi !

Le chant muet de la lune me transperce. Ce chant qui les rend fous. Enfin je sens une aura. Or mêlé de sang. Dualité. Bêta et alpha à la fois. Le loup Scott s’approche. Je le perçois exalté. Ai-je trop calmé son loup l’autre fois. La lune devrait plus l’atteindre. Je ne me retourne pas. Il est dans mon dos. Animal, se tenant sur quatre pattes, il me hume. Sent mon odeur, sent mon humeur.

Première leçon : perdre le contrôle.

Je laisse mes griffes sortir, mes crocs grandir, mes yeux luire. Je reste dans cette demi-métamorphose. Je lance mon aura, cherche son loup. Je le sens qui me répond, heureux, joyeux. Je me durcis. Mon aura se fait de glace. Mordant comme un blizzard. Scott frissonne alors qu’il n’y  a pas un poil d’air. Une odeur d’ozone se fait sentir comme s’il y avait de l’électricité dans l’air. Je me retourne, les bras légèrement écartés. Griffes prêtes à lacérer. Je suis menaçante, je suis le danger, je suis ta mort. Je ne dis rien. Mon corps s’exprime. Position de dominant. Position de combat. Je hurle. Lui jette mon aura à la gueule. Comme le ferait un alpha pour faire plier un bêta. Je l’écrase de ma puissance. Je veux qu’il doute. Je veux qu’il ait peur. Qu’il pense qu’il a eu tort de me faire confiance. J’ai poussé le vice à porter un pull d’Alexis. Je sens le chasseur. Provocation ultime.

Le loup se rebelle. L’humain est perdu. A lune attise ce feu froid. Le loup enrage, hurlant à la trahison. L'humain s’attriste, désespéré. Il y avait tant cru. Je le regarde d’un sourire mauvais. Lance un feulement de provocation. Même pas chiche le chiot ! Il hésite, tergiverse. L’humain et le loup se battent. L’un veut attaquer, l’autre me fuir. Je m’élance, d’un coup de griffe je lui lacère le torse. Bloque sa main qui vient en renfort et finit de lui coincer les deux mains dans une seule des miennes. Puissance absolue. Perte totale.

Bloqué, vulnérable chose impuissance. Je poursuis et de ma main libre je prends le carreau d’arbalète qui était caché dans la poche menuisier de mon pantalon. Doucement, je trace un sillon sanglant sur son bras. La douleur est vive, la pointe est en argent pur. Il hurle, son regard est fou. Je l’ai trahi. Je suis avec les chasseurs.

Enfin l’humain et le loup s’accorde. Ils doivent me tuer. La fureur les prend tous les deux, leur retourne le cœur. Enfin, ils perdent le contrôle. Le loup et l’humain ne sont qu’un : un monstre. Je sens sa force augmenter. J’ai de plus en plus de mal à le tenir, je le balance donc à dix mètres de là. Il retombe prestement sur ses quatre pattes. Il adopte une position de combat. Comme un taureau, je gratte la terre devant moi. Vient donc si tu l’oses ! ses muscles se tendent, son regard doré passe au rouge vif. Le combat s’annonce brutal. Nous nous élançons l’un contre l’autre. Dans le bond, je me transforme totalement. La leçon ne marchera pas si je l’épargne. Seule sa sauvagerie le sauvera de mes crocs.

Contrairement au lycée, ici quand on rate un exercice, on n’a pas un zéro, mais juste une rencontre avec sa mort. Le zéro définitif.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Sam 7 Déc - 7:37



« welcome to the new age »

La druide me regardait sans rien dire comme si elle regrettait le manque de folie dont je faisais preuve. Désolé de vous décevoir si les derniers jours avaient été tranquilles tout comme mon loup et que je pouvais donc plus facilement le maitriser en dépit des ténèbres qui le contenaient.  Mahes semblait parfaitement oublier mon expérience dans le domaine de la lycanthropie et que, si on suivait la simple logique, il était tout simplement normal que je puisse me contrôler en ce moment. La forme dans laquelle je me trouvais en ce moment était animale, mais je demeurais humain. Mais je ne pensais pas pouvoir dire de même pour elle qui restait un peu plus loin en avant de moi. Les odeurs et les énergies semblaient différentes. Pas la même personne et ses odeurs de parfum chic dans le local de chimie.

Je sentis contre toute attente une chaleur s’emparer de chacun de mes membres, une immense joie parcourir toutes mes veines pour arriver finalement dans ma poitrine. La sensation était tout simplement indescriptible et enivrante. Rallumer une flamme qui avait été éteinte pendant une trop longue période de temps. Je me sentais plus puissant que jamais, mieux dans ma peau et dans ma chair que je ne l’avais jamais été. La merveilleuse sensation semblait toutefois irréelle : quelque chose ne tournait pas rond. Me fiant à mon intuition, je sentais que ne pouvais pas me laisser biaiser par la quiétude que le loup ressentait : un de nous devait rester conscient de ce qui se passait. Pour le moment, ce serait moi : je pus remarquer que le regard de la panthère avait changé. Tout comme son corps qui était paré de ses atouts les plus menaçants.

Le loup avait certainement fait de même, mais une part de lui ne voulait pas y croire. Le lien qui les rattachait le poussait à croire que rien ne pouvait les séparer, que la partie lycane serait pour toujours rattachée à cette druide qui enseignait la chimie. Moi, je pouvais regarder la situation avec une plus grande distance que celui-ci et ressentir toute la menace dans laquelle nous nous trouvions. Le doute planait autour de nous comme une ombre que l’on ne pouvait attraper, tel un nuage de fumée. Et je voulais courir. Pendant quelques secondes, cette horrible pensée me traversait l’esprit et je me rendais compte que rien ne pouvait réellement m’en empêcher : je n’avais personne d’autre à sauver en cet instant que moi-même. Et mes amis qui dormaient bien innocemment sans savoir dans quelle situation je venais de nous mettre ainsi que Derek et Stiles que je n’avais pas revu depuis un bon bout de temps.

Je pouvais toucher le vide opaque et mon cœur qui battait fortement dans ma poitrine. La rage subite qui venait me prendre de toute part en sentant cette odeur qui semblait mélanger la sueur et le parfum relevés de la démente odeur du napel. Je me partageais entre deux idées : lui faire payer le prix de sa trahison ou tout simplement quitter les lieux. Pas dans le sens de fuir, plus dans celui de retrouver mes amis et devenir leur chien de garde contre cette bonne femme puisque je restais le seul coupable de ce nouveau bourbier. Tout ce noir qui entourait les environs me paralysait. Et une douleur vive me sortit de ma torpeur lorsque je sentis les griffes de la jeune femme lacérer mon torse et le sang chaud couler sur celui-ci. Ne ressentant pas les picotements qui survenaient avant la cicatrisation. Puis je la vis marquer mon bras de cet éclat d’argent.

Mon hurlement retentit dans la nuit dans un mélange de rage et de douleur, faisant changer la lueur dans mes yeux. Ressurgir mes démons intérieurs : la forte envie de meurtre me reprit comme cette nuit dans l’école. «Jamais or pur ne dure». Présentement, je ne voulais plus aller sauver des personnes de tout le mal que cette traitresse ferait, je désirais lui faire payer par chaque goutte de son sang tout ce qu’elle m’avait fait subir. Le loup dominateur qui régnait dans un recoin de mon âme que l’on qualifiait à tort de si lumineuse se réveillait dans toute sa prestance et avait bien comme intention de tuer tout ce qui oserait tenter de le soumettre ou de le blesser. En commençant par cette félonne féline.

Mais si la panthère grattait la terre comme un taureau, je n’avais que la seule intention de gratter sa chair et de recouvrir son corps de zébrures. Me mettant sur mes quatre pattes, je hurlais et je lui montrais les dents. Mes yeux rouges qui dépeignaient bien mes idées sombres. Puis un combat dur et violent s’ensuivit. Peu importe combien de fois elle me jetait à terre, je revenais charger en sa direction. La douleur ne m’atteignait plus, je semblais être passé dans un mode tout autre. Et je sentis ses défenses faiblir tout doucement, un pas à la fois, je gagnais du terrain. Les forteresses se soumettaient, les drapeaux blancs se levaient et je tentais toujours d’avoir accès à ma cible : sa gorge. Le bout de mes griffes réussit finalement à atteindre celle-ci et la couper de façon superficielle, assez pour que quelques gouttes de sang puissent suinter de la coupure. Tout cela me mettait dans une excitation inconcevable. Je ne perdais pas souvent le contrôle. Mais quand cela arrivait, il était assez difficile de me ramener sur terre. Tout ce que je désirais en ce moment était la tête de cette femme.

Et après, j'arracherai celle de son chasseur.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Sam 7 Déc - 10:35





Fight

L’envie de tuer, de déchiqueter, de détruire. Ça y est Scott réagissait à ma provocation. L’humain avait douté plus vite. Le loup était si heureux de retrouver son guide qu’il avait été plus lent à réagir. Seule mon attaque l’avait décidé. L’homme comme le loup était déçu de se faire trahir. Ils enrageaient. J’avais une bête enragée en face de moi, un fauve, une entité sauvage. Les rayons lunaires galvanisaient son côté sauvage. Il m’attaqua. J’avais un loup alpha en face de moi, fort et redoutable. Je lisais clairement son envie de meurtre dans ses yeux. La première leçon, la plus facile, est terminée. Perdre le contrôle.

La deuxième, gérer sa fureur, sera plus délicate. Quant à la troisième… Se raisonner… Sera celle qu’il pourrait échouer et conduirait à sa perte.

Pour l’instant, je ne lâchais rien. Je le brutalisais, il répondait. Combat entre deux fauves. Il combattait avec l’énergie du désespoir. Et du désespoir, il en avait à revendre ! Plusieurs fois je le mis à terre, une patte sur son échine, lui imposant ma domination. Sa fureur lui permettait de se dégager. Il revenait à l’attaque plus décidé que jamais. Son loup est magnifique. Il se bat avec rage, mais ses attaques sont honnêtes. C’est un combattant qui a de l’honneur. Il en est que plus superbe. Au delà de la haine que je lis dans ses prunelles rouge, je vois une force imposante mais tranquille. C’est celle-là qu’il doit saisir, maitriser.

On se lacère mutuellement, mon pelage noir est strié de rouge. La douleur des coups est intense. Mais je poursuis. Cela en vaut la peine, il en vaut la peine. Cette meute détruite en vaut la peine. Le loup hurle, hurle sa hargne, hurle sa détermination. Il va me tuer. L’humain aussi hurle avec lui. Ils font corps. L’un donne son intelligence, l’autre sa force. Ils travaillent ensemble pour m’abattre. Je résiste, les obligeant à se coordonner. Les obligeant à se faire confiance mutuellement. Au fur et à mesure Scott devient plus fort. Ses attaques deviennent plus précises, plus meurtrières. Je dois faire attention, à ne pas me laisser déborder. Je commence à reculer. Ils prennent de l’assurance. Le loup et l’humain enfin en accord… pour m’exterminer. Arrivera-t-il à se concentrer sur sa cible ? Ou après ma mort va-t-il poursuivre son activité meurtrière ? Va-t-il gâcher la pureté de ses yeux rouge pas tout à fait acquis ?

Soudain, il arrive à déjouer ma défense. Ses griffes m’atteignent. Je sens la brulure cuisante d’une blessure à la gorge. Les loups visent toujours leur proie à la gorge, donnant une mort rapide. Efficacité, sécurité et cruauté minimalisée. On arrive au tournant du combat. Je l’ai amené au paroxysme de sa fureur, de sa haine. Je m’immobilise, la tête basse, le regardant par en-dessous. Je ne peux lui dire que c’est un test. Il doit arriver à désamorcer la bombe seul. Doit se fier à son instinct, ce qu’il a senti et ressenti pendant cette heure de colle. Arrêter de se fier aux apparences. L’humain et le loup doivent travailler ensemble. Seuls les deux peuvent deviner que je les teste. Car toutes les apparences sont contre moi. J’ai tout fait pour.

Tout en grognant doucement, j’attends sa prochaine attaque. Va-t-il venir m’égorger ? S’arrêtera-t-il à temps ? Mon cœur de druide bat fort. Ces moments sont toujours exaltants. Quand l’élève et le guide arrivent à un point crucial de la leçon. Point que l’élève doit saisir seul. Le guide devant se contenter de le mettre face à son destin. J’ai perdu des élèves à ce moment précis. J’espère ne pas perdre celui-ci. Je ne crains pas pour ma vie. Je n’ai utilisé que 40 % de ma puissance. J’ai peur pour la sienne. Je reste menaçante, ne montrant pas mon espoir, mon attente. Il doit trouver seul, la bonne voie. Deuxième leçon…


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Dim 8 Déc - 7:58



« you never meant to start a war »

La haine devenait trop forte, au point de rendre ma vision rouge.  Ramenant mes griffes sous mes narines, je les regardais quelques secondes. Le dessous de celles-ci avait pris une faible couleur écarlate qui venait fort contraster avec leur aspect naturellement jaunâtre. Puis je me remis sur mes pattes en grognant dans sa direction tandis que mes coupures se refermaient comme dans un avertissement ultime.

Je me jetais sur la panthère en évitant ses coups du mieux que je le pouvais. Plusieurs m’atteignaient, sans jamais me blesser, et je réussis sans trop savoir comment à renverser la situation. Maintenant avec force ma proie en dessous de moi, je la regardais en haletant. Les griffes sorties et prêtes à trancher cette gorge, ces cordes vocales qui disaient bien trop de mensonges. Pourtant, malgré toute mon envie de la faire taire une bonne fois pour toutes et de montrer que l’on ne pouvait pas me mener en bateau, je n’y arrivais pas. Aussi simple que cela. Je semblais quasiment dépourvu de cette capacité de tuer qui était propre à mon espèce : je faisais certainement le pire loup-garou de tous les temps. Dédaigneusement, je me désintéressais finalement de ma victime en serrant les dents et lui tournais le dos. Tuer ne faisait pas partie du plan de la soirée.

Je quittais le lieu en jetant un dernier regard au félin. Le loup qui avait contribué au massacre manifestait une certaine pitié envers son guide, me demandant piteusement de voir au moins si tout allait bien aller pour elle. Mais je demeurais totalement impartial. La confiance instinctive du canidé avait mené à ma perte et cela ne se reproduirait plus jamais. Les femmes étaient toutes pareilles. Restant hermétique aux supplications animales, je quittais les lieux sans la moindre parole.

Je courus pendant quelques secondes pour arriver dans une clairière. Loin du rocher. Mais pourtant, je ne ressentais pas l’impression de m’être éloigné. La panthère habitait encore  mes pensées : tout me menait vers elle. Le parfum de lavande que je sentais, mais qui n’était pas là, et le loup qui luttait contre moi dans le seul but de la retrouver. Mais obstiné, je continuais de l’en empêcher. Elle nous avait trahis. Toutefois, ses paroles se répétaient en boucle dans ma tête : « - Comme beaucoup de gens, tu classes les choses dans des tiroirs, range, étiquette. Alors qu’en réalité, chaque choses, êtres, peut aller dans plusieurs tiroirs ou porter plusieurs étiquettes. Il faut que tu ais une vision plus globale, des loups, des druides, de tes amis, de tes ennemis… ». Je me demandais si elle avait voulu insinuer quelque chose par celles-ci. Émissaire avisée qui laissait quelques pistes au loup complètement égaré dans les ronces et les racines enchevêtrées de son propre esprit. Mais en même temps, elle avait voulu me tuer et elle portait cet amas de laine qui puait le napel et la tromperie. Je ne pouvais cependant pas le faire. La tuer comme les autres avaient achevé leur druide. Je restais trop différent d’eux et je le savais intérieurement, je savais que je ne désirais pas du tout être un meurtrier. Que faire alors ? Je fermais les yeux et tentait de regarder la situation plus globalement. Je demeurais cependant devant un vide incommensurable.

Je me concentrais pendant plusieurs minutes, tentant de trouver comment aborder ce retournement de situation et le changement soudain d’allégeance que la druide avait manifesté. Abordant la situation de tous les angles, mon premier réflexe portait à croire que cela faisait partie d’une de ses éternelles stratégies. En même temps, tout cela aurait pu avoir comme seul but de me leurrer pour me livrer à ses supérieurs. Je demeurais dans un cul-de-sac, repoussant mon loup qui prenait comme toujours parti pour la féline. L’humain devait donc analyser la situation par lui-même, ne pouvant se laisser biaiser par une entité animale qui faisait tout pour se jeter dans la fosse aux lions. Toutefois, celui-ci demeurait incapable de progresser. Toutes ses réflexions ne menaient nulle part. Il en venait presque à oublier son but premier dans toute cette aventure : maîtriser son loup tout en apprenant à apprivoiser ces nouvelles ténèbres. Les utiliser pour le rendre plus fort et mieux défendre ce qui lui était le plus cher. Mais je ne pouvais pas devenir am avec lui. Je ne le pourrais jamais.

***

Des heures avaient passé et je demeurais seul dans cette forêt, ne sachant que faire. Habituellement, je recevais de l'aide pour répondre aux diverses énigmes et trouver des solutions. Je soupirais: je lui avais dit, à cette femme, que je ne pourrais jamais libérer le loup. Durant cette heure de colle, j’avais rapidement écarté la quelconque possibilité de laisser un tel démon sans entraves. Mais si je devenais plus mauvais lorsque je me retrouvais avec lui, peut-être le contraire serait-t-il également vrai. La possibilité du loup influencé par mon côté humain resterait toujours envisageable. Je fis donc abstraction de ma forte envie de le mettre à part, me concentrant sur ses sensations et toutes ses intuitions qui lui disaient de croire en cette femme, peu importe comment elle tentait de se faire paraitre à mes yeux. Je devais voir plus loin que ceux-ci. Je devais le sentir. Comme l’animal que j’étais réellement.

Je hurlais à la lune, quelques heures plus tard, en sachant très bien que la panthère entendrait mon hurlement. Et souhaitant fortement ne pas avoir passé la corde autour de mon cou.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Lun 9 Déc - 22:09





Hiver

Le loup me renversa, me maintenant au sol. Je décidais que c’était le bon moment. Je faiblis. Je l’avais suffisamment malmené, provoqué pour qu’il ne se doute pas de ma comédie. Il devait croire que je l’avais trahi. Le temps de la réconciliation viendrait après. Je sentis le changement brutal. Un instant, il était prêt à me trancher la gorge, la seconde suivante l’acte lui était inacceptable. Mon cœur dérapa de joie. Il dut prendre cela à un soulagement de ma part d’avoir été épargnée. Ce jeune loup était très prometteur. S’il gérait sa part animal ainsi, j’avais espoir qu’il en soit de même pour l’ombre qui lui serrait le cœur. Par contre pour cela, fallait les deux autres. Mon intuition, mes dons plutôt me montraient un passif entre ses deux potes. Un passif lourd en travail sur soi-même. La chose n’était pas gagnée.

Je redevins Mafdet, prof de chimie à ses heures, druide le reste du temps. La tempête devait faire rage dans sa tête. Confronter à la trahison, alors qu’il venait à peine de donner avec parcimonie sa précieuse confiance. Je m’assis sur le sol, laissant ma peau cicatriser doucement. Il fallait que la réaction que j’avais amorcée se fasse. Il faut le temps au temps. Que l’entropie du loup et de l’humain se stabilise telle la réaction entre deux espèces chimiques. Les équilibres sont longs à se faire.

Je regardais la lune, cet astre qui les perturbait tous. Le cycle qu’elle imposait. Tous les loups ne l’abordaient pas de la même manière. De la fatalité au destin. A chacun de voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Je sentais Scott qui n’était pas loin. Je me débarrassais du pull d’Alexie. Il était en charpie. Cela serait l’occasion de lui faire un cadeau et de lui en offrir un autre. Je sais qu’il ne me poserait pas de question. Me laissant gérer mes affaires à ma guise. Union fidèle mais libre. De son côté, il pouvait continuer ses activités de chasseur. Il savait juste que je n’hésiterai pas à le tuer s’il s’immiscer dans mes affaires. Scott n’avait rien à craindre de lui. Alors que c’était surement l’un des chasseurs les plus cruels de Beacon Hills.

Mais je ne le voyais pas ainsi, je côtoyais l’humain et surtout le cœur et l’esprit qu’il était. Au diable, l’étiquette ou la fonction. Loups, druides, chasseurs, humains standard, nous sommes tous un cœur et un esprit. Et en amour, comme en amitié, c’est de ce cœur et de cet esprit dont on s’éprend. Ensuite, la force de l’âme permet de palier aux divergences, aux différences, aux dérangeantes.

J’avais un peu froid. Combien d’heure étais-je restée immobile ? Centrée sur Scott, ses deux amis. L’humain allait très mal. L’autre loup n’était pas dans un meilleur état. Les lignes des futurs étaient multiples. Rien ne se dégageait, tout était possible, le pire comme le meilleur.

Soudain Scott hurla. Je répondis comme un appel. Il n’y avait pas de plainte ou de défi dans mon cri. C’était plutôt un « je suis là ». Il n’était pas encore tout à fait lié, l’homme, le loup. J’hurlais de nouveau. Cette fois-ci c’est moi qui appelais. Il avait passé la deuxième leçon avec brio. Gérer sa fureur.

Maintenant la plus difficile, la dernière. Se raisonner, se faire mutuellement confiance. Au loup de savoir s’effacer quand il le faut, à l’humain de ne pas avoir peur des décisions instinctives du loup. Ils devaient s’apprivoiser, s’aimer surtout. Je frissonnais un peu en attendant que Scott revienne vers moi. Je suis un chat pas un loup. Je rêve d’un feu de cheminée ou d’une bonne couette. J’ai froid en attendant qu’un jeune loup vienne apprendre sa dernière leçon. Qui a dit que le job de druide est facile ? Un coup d’œil sur le pull en lambeau d’Alexis me dit que j’aurais dû prendre quelque chose de rechange.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Mer 11 Déc - 3:34



« lande riche aux heures empourprées »

Les bois se faisaient relativement tranquilles en dehors des hululements des hiboux et les quelques bruits que faisait de temps en temps les autres créatures nocturnes. Peu provenaient de loups-garous par contre. Bien que cela puisse être un soulagement dans un certain sens, je  trouvais cela tout de même assez étrange de ne pas en avoir rencontré depuis mon arrivée. Enfin, je me disais que cela ne tarderait sûrement pas à arriver. Pour le moment, je profiterai de ce calme pour me recentrer sur moi-même et me préparer pour de nouveaux problèmes. Au moins calmer mon loup avant de composer avec les ténèbres de mon cœur.

Puis je reconnus le hurlement qui déchirait la nuit. La druide avait finalement répondu à mon appel et me mandait de la retrouver. Je me demandais encore une fois si le jeu en valait vraiment la chandelle. Mais comme pour m’empêcher de retourner à mes pensées, un nouveau cri parvint à mes oreilles. Mes yeux ayant repris leur teinte dorée brillaient sous les lueurs de la lune et je me sentis littéralement attirée par celle-ci ainsi que par la féline.  Je devais lui faire confiance ; mon loup le savait et ce serait aller contre le courant des choses de faire le contraire.

Retrouver la panthère, retourner vers Mafdet.

Je ne connaissais cependant pas le chemin pour retourner vers elle, étant allé bien trop loin dans la forêt, perdu dans mon emportement. Mais je restais animal et pouvais me fier au flair pour retrouver ma piste, tenter de laisser place au loup qui connaissait fort mieux son chemin que moi dans les méandres de la nuit. Je restais cependant dans son ombre, prêt à reprendre ma place si je le jugeais nécessaire. Mais je me rendais compte progressivement que je me distançais bien trop de lui : je parlais comme si nous étions deux êtres totalement à part. Le loup et l’humain. L’histoire du vieux grand-père amérindien me revint alors en tête : elle était totalement fausse. Non, il n’y avait pas deux loups qui combattaient pour une place dans le cœur humain.  Et il était encore plus faux de prétendre que nous devions en nourrir l’un au péril de l’autre. Nous devions assumer nos responsabilités et répondre de nos actes, accepter que des émotions aussi contradictoires puissent venir de la même personne; cesser de chercher des excuses.
J’étais pareil. En mon cœur ne se trouvait qu’un loup ; le loup-garou qui devait tirer avantage de sa dualité.

Je voyais la jeune femme derrière le tronc trembler de froid et regarder autour. Peut-être m’attendait-t-elle. Je ne pris cependant pas de chance et sortit calmement de ma cachette, avançant doucement en sa direction. Sans me presser en gardant toute ma prudence. Lorsque je fus arrivé à quelques mètres de distance, je retirais ma veste et la lui tendis, sans dire un mot.  
Elle irait certainement bien à la jeune femme qui restait tout de même assez menue. Après tout, je le lui devais bien: je voyais ses coupures et ses égratignures, la chair de poule sur ses bras et l’amas informe de laine un peu plus loin.

Je fis de mon mieux pour ne pas laisser voir à quel point cela venait m’affecter. Surtout que dans ce cas-ci, je ne pouvais pas blâmer mon loup puisque nous avions été tous les deux dans le coup. Mais restait que je me sentais affreusement mal. Je m’approchais de la jeune femme et posais ma main sur son avant-bras, prenant un peu de sa douleur tandis que mes veines se striaient de noir. Peut-être était-elle infime et ne représentait rien dans tout ce que je lui avais fait endurer, mais cela restait mieux que rien. Même si elle ne la ressentait pas, je devais tout de même essayer: j'étais comme cela et je ne semblais point pouvoir me changer. Après un certain moment, je retirais ma main griffue puis je regardais la druide, attendant de voir ce qu’elle allait me réserver.


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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Jeu 12 Déc - 12:06





Fin de la leçon

Je sentais l’aura de Scott dans mon dos. Sa consistence, la chaleur qu’elle dégageait me plut. C’était un loup exceptionnel, comme on en trouve peux. Un loup qui s’était élevé par lui-même. Mordu et non géré par l’alpha qui l’avait transformé. Il n’avait tué personne. Ce jeune homme avait une force de caractère admirable. Le rendant précieux. Cela me motivait encore plus de lui servir de guide à lui et ses amis. Je ne sais pas comment se ré-agencerait cette meute un peu singulière. Le trio qu’ils formaient était tout à fait atypique. Derek avait perdu son status d’alpha pour sauver sa sœur, Scott gagnait le sien petit à petit. Et Stiles vu son implication affective avec les deux autres, ne pouvait pas être considéré comme un bêta. Il n’y avait pas de dominant entre eux, il n’y avait plus de dominant plutôt.

J’appréciais sa veste prêtée. Elle était chaude. La passant sur mes épaules, mon chat ronronna de plaisir. Je suis née dans une forêt tropicale. Les forêts de sapins n’ont pas la même atmosphère. Je m’y sens moins à l’aise. Mais cela fait si longtemps que j’erre sur cette terre. J’ai l’impression que mes lointains souvenir sont des écris dans un livre d’histoire et ne m’appartiennent plus. La longévité change l’esprit. La manière de percevoir les choses, de les ressentir. Je me suis unie avec Alexis pour me raccrocher à la vie, au temps présent. Je serais encore là dans cent ans. Mais je veux aussi profiter de ce qu’est vivre. Guider Scott, me fait vivre. Car c’est presque un être unique. Je n’ai pas croisé beaucoup de loup de son genre. Et j’en ai croisé du monde…

Je relève la tête et le regarde en souriant doucement.

- Désolée, d’avoir dû être aussi radicale.

Je fais un signe en direction du chandail d’Alexis.

- Il fallait te pousser à l’extrême. Pour te prouver que tu es capable de te contrôler. C’est la pleine lune. Je me suis clairement affichée en ennemie perfide. Tu as voulu me tuer. Tu ne l’as pas fait, alors que tu avais toutes les raisons de le faire. C’est un honneur de te connaitre Scott McCall. Un grand honneur.

Je me lève et lui pose la main sur l’épaule. Je sers un peu. Contact charnel  qui lui dit toute mon amitié, mon respect aussi. Je suis peut-être son guide, mais absolument pas son maître.

- Il faut que j’interagisse avec les deux autres. Ne leur dit rien sur moi, pas encore. Pas à Stiles du moins. Tu peux parler de moi à Derek. Je n’ai pas besoin d’une approche détournée avec lui. Par contre Stiles n’a peut-être pas de loup à gérer, mais c’est le plus en détresse de vous trois. Je dois y aller en douceur. Quand, il sera stabilisé, on pourra travailler sur cette ombre qui vous emprisonne.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   Ven 13 Déc - 22:35



« retrouvant ma voie »

Je la regardais se pelotonner dans mon veston et ronronner de plaisir. Étonnamment, en dépit de nos différences raciales, je trouvais un certain plaisir dans ce son qui me semblait rassurer. Tout comme le doux tremblement de ma moto. Les nuits que je passais sur celle-ci et me laisser griser par le vent et la vitesse.  La comparaison restait tout de même faible. Puisqu’en fait, rien ne pouvait se comparer au moment que je vivais présentement. Mafdet souriait et je ne pus m’empêcher de penser que je la préférais bien comme cela.

« - Désolée, d’avoir dû être aussi radicale. »
« - Mais non, je comprends. »

Elle faisait un signe en direction du chandail que je regardais avec un plus grand discernement. Si elle avait trouvé une raison de croire en ce chasseur, je devais lui faire confiance. Je me demandais si je le rencontrerais un jour et dans quelles circonstances. Puis, sur une note bien plus hasardeuse, ce qu’il ferait en voyant un morceau manquant dans sa garde-robe. Petite note plus comique qui me permit de me dérider.

«- Il fallait te pousser à l’extrême. Pour te prouver que tu es capable de te contrôler. »
«- Ce que je n’ai pas tant réussi. J’aurais du savoir que ce n’était pas vrai. »
«- C’est la pleine lune. Je me suis clairement affichée en ennemie perfide. »
«- Je voulais vous tuer.  Je voulais vous tuer et j’étais prêt à le faire. »
«- Tu as voulu me tuer. Tu ne l’as pas fait, alors que tu avais toutes les raisons de le faire. C’est un honneur de te connaitre Scott McCall. Un grand honneur. »

Elle posait la main sur mon épaule et une grande chaleur venait parcourir tout mon corps. Le sentiment que chacun pouvait avoir en dégustant une bonne tasse de chocolat chaud durant une longue soirée d’hiver. Je restais chaud et chaleureux de l’extérieur : le froid se trouvait bien plus loin en moi. L’ayant senti durant cette éprouvante nuit venir glacer chacun de mes os.

«- Pour moi aussi… professeure. »

Je souriais moi aussi. Depuis combien de temps les commissures de mes lèvres ne s’étaient elles pas relevées avec sincérité. Puis je vis se poindre doucement l’aube. Tout doucement, mes yeux reprirent leur teinte marron et les poils disparaissaient de mon visage. Je redevenais humain, ou du moins, seulement en apparence. Intérieurement, je sentais mon loup se blottir dans un coin de mon cœur, allant dormir, heureux et épuisé. Tout comme moi d’ailleurs. Lorsque je sentis la chaleur de la transformation me quitter, je me rappelais de la dernière question que je voulais lui poser. Mais elle avait toujours une longueur d’avance et me devança sur le sujet de Stiles et Derek.

«- Il faut que j’interagisse avec les deux autres. Ne leur dit rien sur moi, pas encore. Pas à Stiles du moins. Tu peux parler de moi à Derek. Je n’ai pas besoin d’une approche détournée avec lui. Par contre Stiles n’a peut-être pas de loup à gérer, mais c’est le plus en détresse de vous trois. Je dois y aller en douceur. Quand, il sera stabilisé, on pourra travailler sur cette ombre qui vous emprisonne. »
«- C’est bon. » fis-je simplement.

Puis je pris une petite pause.

«- S’il-vous-plaît» commençais-je alors. «Faites tout ce que vous pouvez pour Stiles. Absolument tout pour qu’il aille mieux et pour de vrai cette fois-ci. Je vous le demande en ami. »

Je ne voulais pas sonner aussi implorant, mais je ne savais pas quoi faire pour mon meilleur ami. Si la druide pouvait l’aider ne serait-ce que le moindrement, il n’y avait aucune raison pour laquelle exister. Et par la suite, je ne le laisserais plus me cacher des problèmes aussi graves. Mais pour le moment, je devais attendre et laisser la féline agir. Regardant le ciel qui prenait peu à peu sa teinte bleue, je reportais mon attention sur la jeune femme.

«- Peut-être que je peux vous inviter pour un café ? Ou simplement un bon bol de lait… »

Je souris avant de repartir avec celle-ci. Félin et canidé quittant les bois et revenant dans la vie urbaine, parmi les klaxons et les voitures. Tout ce qui semblait normal et banal aux yeux
du commun des mortels. Mais qui me remplissait de bonheur en ce moment.

Réapprivoisant mon loup.
Réapprivoisant ma nouvelle vie.

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MessageSujet: Re: Je colle, tu colles, on colle... [PV maf' - Scott]   

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